‹ Le théâtre indienChapitre 68 sur 263 · Cité ib · texte numérisé non relu

Cité ib

parure ; parfois, sous prétexte de retenir sa coiffure ou sa tunique, elle laisse voir le haut de ses bras, ses seins, son. nombril ; elle laisse aux serviteurs de l'aimé des vêtements et d'autres cadeaux accompagnés de mots aimables; elle prend comme confidents ses amis et les traite avec de grands égards. Au milieu de ses compagnes, elle exalte ses mérites; elle lui remet tout son bien ; elle s'endort quand il est endormi ; elle est heureuse de son bonheur, malheureuse de sa peine. Toujours placée sur le chemin de sas regards, elle jette de loin les yeux sur lui, elle adresse devant lui la parole à ses domestiques ; à la moindre marque d'affection qu'elle voit, elle se met à rire de joie. Elle se gratte l'oreille, elle dénoue et renoue ses tresses ; elle bâille, elle s'agite; elle embrasse un enfant et le couvre de baisers; elle commence et laisse inachevée sur le front de son amie une mouche; du bout du pied, elle trace un dessin à terre ; elle regarde d'un œil oblique; elle se mord les lèvres et parle à son amant, les yeux baissés; elle ne quitte pas la place où il paraît ; elle entre chez lui sous un prétexte quelconque ; elle place sur son sein le moindre cadeau et le regarde à maintes reprises. Avec lui elle est toujours joyeuse; sans lui elle est défaite, amaigrie; elle admire son caractère, elle trouve bien tout ce qui lui plaît ; elle lui demande des bagatelles ; dans son sommeil elle ne se retourne pas vers lui ; en sa présence, elle ne montre pas les signes extérieurs de l'émotion: immobilité, sueur, érection du duvet, altération de la voix, frisson, pâleur, larmes, évanouissement. Elle cause avec lui d'un air aimable et affectueux.

Les actes les plus pudiques de cette énumération caractérisent les jeunes femmes; les actes à demi -pudiques sont propres à la classe moyenne d'héroïnes. Les autres sont l'apanage de la femme qui appartient à autrui, de l'effrontée et de la courtisane.

Nous avons vu que toutes les héroïnes se rangent en trois grandes classes, dont la première forme trois divisions ; deux de ces divisions se subdivisent chacune en trois genres, comprenant chacun deux espèces ; la seconde classe forme deux divisions. On a ainsi 1 +^2 X 3 X 2i+2-fl = 16 héroïnes. Chacune d'elles peut se trouver dans huit situations dis-

tinctes; on obtient ainsi 16 X 8 = 128 sortes d'héroïnes. Chacune de ces sortes peut ôtre à son tour de nature élevée» moyenne, ou inférieure ; c'est donc un total de 128 X 3 = 384 catégories. Encore peut-on mélanger des traits pris k des caractères différents et on arrive ainsi à varier à Tinfini le type de Théroïne.

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