‹ Le théâtre indienChapitre 72 sur 263 · Bh. XX, 1 sqq · texte numérisé non relu

Bh. XX, 1 sqq

Narâyana le triomphant : « Qu'ils étaient variés, et élégants, et simples, et aisés, les gestes avec lesquels tu anéantis les démons ! Aussi resteront-ils désormais au monde le modèle de toutes les luttes, soit pugilats, soit duels à Tépée. Je veux en garder les règles comme tu les as données. » Et il les déposa dans les Vedas : la manière verbale dans le Rg-V.; la grandiose dans le Yajur-V.; la gracieuse dans le Sàma-V., et la violente dans TAtharva-V.

La manière gracieuse' [kaiçiki] se distingue par de jolis costumes ; elle emploie beaucoup le chant et la danse, admet les rôles d'hommes et de femmes ; elle vit d'amour, de plaisirs, de galanteries et de coquetteries. Elle s'emploie dans le sentiment erotique. Elle a quatre éléments :

1. La plaisanterie fine nnrmaY, destinée à railler l'objet aimé. Tantôt elle est purement comique. Ex. : Ratnàv. II, 38. Vâsavadattà (montrant au roi le portrait de Sâgarikà) : « Et cette jeune fille peinte auprès de toi est-elle aussi là poiuprouver l'habileté du grand peintre Vasantaka? »

Tantôt l'amour se mêle au comique. Ex. : Çak. III, 66,13. Çakuntalà au roi : « Et s'il n'est pas satisfait, que fera-t-il? » Le roi : « Ceci ! » (Il s'approche pour prendre un baiser.)

Tantôt la crainte se mêle au comique. Ex. : Ratnâv. II, 33. Susamgatà [souriant) : « J'ai tout vu, tout entendu, même l'histoire du tableau, et je vais tout rapporter à la reine. »

La plaisanterie où se mêle l'amour forme trois subdivisions :

a. Elle est un moyen d'exprimer son amour. Ex. ^: « Laisse passer la chaleur de midi ; la fatigue t'inonde de sueur ; repose-toi; arrête-toi et bois. Ne t'en va pas, voyageur, en te disant : « Elle n*a rien au cœur ! » Entre ; fraîche est la taverne ; pense à celle qui t'aime et qui a peur des traits de l'amour dévorant. Mais ton cœur est sans doute insensible aux séductions des tavernières. »

A. Elle est un appel au plaisir. Ex.*: « Au lever du soleil,

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