‹ Le théâtre indienChapitre 77 sur 263 · Bh. XX, 62. — D. II, 57. — S · texte numérisé non relu

Bh. XX, 62. — D. II, 57. — S

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chair et son sang. C'est à Tart du poète de modeler finement ce corps solidement constitué, do lui imprimer des traits gracieux et séduisants, et de le revêtir d'un costume éclatant ou aimable. Pour cette partie de sa tâche, le poète dispose de moyens variés, qu'on appelle les entre-joints, les divisionsde-jointures,, les pro-épisodes, les ornements, les beautés, les parties de la vithi et les membres du lâsya. Mais si les théoriciens du drame sont unanimes à reconnaître ces moyens, ils sont loin de s'entendre sur l'importance à leur attribuer. L'auteur du Daça-Rûpa* définit les parties de la vithi, les pro-épisodes, mentionne les membres du làsya et ne nomme les ornements, les beautés et les divisions-de-jointures que pour les rejeter pêle-mêle dans la catégorie des sentiments permanents (sthâyibhàvas) et des sentiments passagers (vyabhicàribhàvas). Bharata, au contraire, dont l'autorité est décisive, définit et développe chacune des qualités énumérées ; Abhinavagupta', dansson commentairedeBharata, rÂbhinavabhârati, suit cet exemple ; les fragments de Matrgupta que nous avons recueillis prouvent que son ouvrage exposait en détail ces divers moyens d'embeUissement; enfin le SîUiitya-Darpana, plus fidèle à Bharata que Dhanamjaya, n'omet que les enti^ejoints et les divisions-de-jointure, et pousse même le respect de la tradition jusqu'à reproduire, sans chercher à la justifier ni à la comprendre, la séparation des ornements et des beautés qui lui semblent pourtant de nature identique. Nous imiterons la fidélité humble de Viçvanâtha, et nous chercherons à donner de toutes ces divisions techniques une explication satisfaisante.

Si le développement logique de l'action est rigoureusement fixé par la succession des jointures et de leurs éléments qui suit, étape par étape, la passion du héros dans sa marche, le poète peut cependant y introduire une certaine variété, un certain charme d'imprévu même, par l'emploi de moyens dramatiques où la volonté des personnages joue un rôle effacé et même nul, où le hasard se substitue à la logique absolue. On les appelle les entre-joints* [aniarasamdhi]. Ils

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