‹ Le théâtre indienChapitre 83 sur 263 · La prière* {dçamsd) : souhait qu'on fait en faveur de · texte numérisé non relu

La prière* {dçamsd) : souhait qu'on fait en faveur de

soi-même. Ex. Mâlatî. V. 165, 2. Màdhava : « Puissé-je voir une fois encore ce visage, séjour béni de l'Amour! »

14. La résolution* [adhyavasâya) : exprimer sa détermination. Ex. Prabhàvatî. Vajranàbha : « Je brise à l'instant sa poitrine avec cette massue, et j'arrache en m'amusant vos deux mondes de leur base. »

15. La déviation' [visarpa] : entreprise qui mène à un dénouement funeste. Ex. Venî. v. 67. « La première fois qu'elle fut commise, cette faute (de saisir Draupadi par les cheveux) eut des conséquences terribles : répétée, elle va à coup sûr perdre toutes les créatures. »

16. La mention^ [ullekha) : indiquer le devoir. Ex. Çak, I, 6, 6. Les deux ascètes : « Roi, nous allons chercher du bois pour l'autel, et voici l'ermitage de Kanva, notre guide spirituel, qui se montre sur les bords de la Mâlinî. Si tu n'as pas de devoir qui t'appelle ailleurs, entre et reçois les honneurs de l'hospitalité. »

17. La provocation* [uttejana) : exciter un adversaire par des paroles blessantes pour arriver à ses fins. Ex. : « Indrajit, tu es d'une valeur farouche, tu es fort seulement de nom. Fi! tu te caches pour combattre, tant tu as peur de moi! »

18. Le reproche' [parivdda] : blâme adressé à quelqu'un. Ex.: Venî. IV. Durj^odhana : « Ah! mon écuyer! tu as mal fait. Mon frère chéri est délicat de nature, et ce méchant lui fera du mal. »

19. La sagesse* [niti] : suivre dans sa conduite les préceptes sacrés. Ex. : Çak. I, 8,8. Le roi : « On doit avoir un costume simple pour entrer dans les ermitages. »

20. L'application au cas" {arthaviçe^ana) : rappeler un adage, une opinion courante pour exprimer à couvert un reproche direct. Ex. : Çak. V, 102,2. Çàrngarava : « Comment peux-tu parler ainsi ? Ne connais-tu pas mieux le monde ? Si

honnête qu'elle soit, tant qu'elle reste dans sa famille, une femme mariée est en butte aux soupçons des gens. Aussi les parents veulent leur fille auprès de son époux, qu'il l'aime ou non. »

21. L'instigation* [protsâhana) \ pousser quelqu'un à agir par des paroles encourageantes. Ex. : Bàlaràmàyana : « Elle est efiroyable comme la nuit dernière, et parce qu'elle est femme, tu hésites ! Allons, sauve les trois mondes, enfant, et frappe Tàdakâ. »

22. Le secours* isâhâyya) : venir à l'aide d'un autre en danger. Ex.: Venî. III, fin. Açvatthâman : « Toi, reste à côté du roi ! » — Krpa : « Oui, je veux aujourd'hui tirer vengeance, etc.. »

23. La hauteur' (abhimâna) : sentiment excessif de sa valeur. Ex. : Venî. v. 120. Duryodhana : « Ma mère ! ton langage est hors de propos et bien misérable... »

24. La politesse* [amwrtti] : humilité courtoise. Ex. : Cak. 1, 17-18. Le roi : « Vos mérites sont-ils bien récompensés? » — Anusùyâ : « Sans doute, puisque nous recevons un hôte si distingué. »

25. Le rappel* [utkîrtana] : réveiller le souvenir d'événements passés. Ex. : Bàlaràmàyana : « C'est ici que nous fûmes enlacés dans les nœuds du serpent ; quand la lance frappa si violemment votre beau-frère à la poitrine, c'est ici que Hanumat apporta le mont Drona. »

26. La demande* [yâcnd) : requête faite en personne ou par la bouche d'un messager. Ex. : « Il est temps aujourd'hui ; rends Sîtâ; Ràma veut bien pardonner encore. Préférerais-tu que les singes jouent à la balle avec tes dix têtes? »

27. L'excuse' {parihàra) : effacer la faute commise. Ex. : M Dans la souffrance des derniers soupirs, je n'ai pas pu te parler net: pardonne-le moi, Seigneur;jeteprésenteSugrîva. »

28. L'avis* [nivedana] : indiquer un devoir négligé. Ex. : Ràmâbhyudaya. Lakçmana : « Seigneur, avez-vous prié TOcéan avant de vous mettre en marche ? »

29. L'entrain' (/?mt;ar/a;ia) : commencement heureux d'une chose à faire. Ex. : Veni. Le roi : « Chambellan ! En l'honneur du dieu fils de Devakî, et pour fêter la victoire de Bhîma. fais préparer des réjouissances. »

30. Le récit' [âkhyâna) : raconter une histoire des temps anciens. Ex. : Venî. : « Voilà la place où jadis le sang des ennemis remplissait à flots les étangs... »

31. Le raisonnement* [yukti) : appuyer son jugement sur des raisons logiques. Ex. : Venî. v. 50 : « Si, une fois sorti du combat, on n'a plus à craindre la mort, le plus sage est de prendre la fuite; mais si la mort est inévitable, pourquoi souiller inutilement votre gloire? »

32. La félicité^ [prahar^a] : être au comble du bonheur. Ex. : « Çak. VU, 163,14. Le roi : « Mes désirs ont porté les plus doux fruits. »

• 33. La leçon* [upadeça] : instruire quelqu'un. Ex. : Tak. I. 23,8. Anusûyii : « Ma chère amie, la personne qui habite un ermitage ne doit pas laisser là un hôte distingué pour s'en aller à sa fantaisie. »

Les trente-six beautés.

Les trente six beautés' IJak^anas) ne diffèrent point par essence des ornements dramatiques. Il serait naturel de les ranger dans une seule catégorie (comme fait par exemple le Saingîtadâmodara, cité Ç. K. Dr. s. v. nàtyàlamkàra) ; mais une longue tradition impose en quelque sorte cette division en deux catégories. Les trente-six beautés sont :

1. La parure^ {bhû^ana) : combinaison des qualités de style et des figures de rhétorique. Ex. : Çak. I, depuis l'entrée du roi avec Técuyer jusqu'à : Voix dans la coulisse : « Roi ! c'est une gazelle de Termitage ! ne la frappe pas !» — Et : « Les lotus, ô ma belle, se raillent de ta beauté ; ils ont des trésors (ou : des boutons) et l'autorité (ou : une tige) [deux des moyens de régner]. Que ne peuvent-ils donc faire? »

2. Le groupement de lettres* {ak^arasamghdta,'*hdia,**hatt): provoquer la surprise par un groupement accidentel de lettres ou de syllabes appartenant à des mots séparés. Ex. : Çak. VII, 158,8. Le roi : « Si je demandais à Tenfant le nom de sa mère ?... Mais on ne doit pas s'occuper de l'épouse d'autrui. » — Une religieuse entre, avec un oiseau (çakunta) en terre à la main : « Enfant, regarde, quel joli çakunta là ! » L'enfant jette les yeux à l'entour : « Où est ma mère ?... » — Le roi : « Comment ! sa mère s'appelle Çakuntalâ ! » (L'exemple donné par le Sàhitya-Darpana semble mal choisi).

3. Le brillant' (çohhd) : exprimer à l'aide de mots à double sens une opinion ou un sentiment sous une forme contraire en apparence à l'idée. Ex. : « Fût-il de bonne souche^ pur, prodigue de millions (ou : avec deux bouts recourbés), doué de mérites (armé d'une corde), un maître cruel esta éviter comme un arc. »

4. L'expression* {uddharanaj: se servir d'une phrase à double application pour exprimer une vérité à couvert. Ex.: Çak. I, 19, 10. Le roi : « Vais-je leur dire qui je suis ou vaisje me dissimuler ? Bon ! j'ai trouvé. {Haut.) Mademoiselle, j'ai étudié les Vedas ; le roi, fils de Puru, m'a confié la police de la ville ; le désir de visiter les saintes retraites des sages m'a amené dans cet ermitage ... »

Le Sàhitya-D., qui copie à peu près littéralement la définition de Bharata, semble l'entendre autrement : alléguer un exemple pour justifier son sentinient ; et il en donne pour exemple: « Tu as bien fait de suivre ton mari lorsqu'il s'est

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