Ib
mètres jagatî, atijagatî et samkrti : on réserve pour les combats et les violences l'utkrti.
Le pathétique emploie surtout les syllabes longues : les mètres favoris en sont la çakvarî et ratidhrti.
Le tragique s'exprime surtout en syllabes brèves, se sert de comparaisons et de métaphores ; ses mètres sont ceux de l'héroïque.
L'horrible abonde en syllabes longues.
Pour embellir faction et pour communiquer aux spectateurs les sentiments des personnages mis en scène, le poète ne se contente point des ressources, si nombreuses et si variées pourtant, que lui fournit Tai't dramatique : il les combine avec d'autres moyens d'expressions qu'il emprunte aux arts les plus voisins du théâtre : la musique et la danse.
La danse se divise en deux grands genres * : le lâsya^ inventé par la déesse Pàrvatî, et le tdndava dont Çiva fut le créateur. Le làsya est par excellence la danse féminine, tandis que le tàndava est une danse d'homme ; l'un a un caractère doux et tendre ; Tautre des allures violentes et agitées.
Le làsya* seul est analysé par les théoriciens en raison de son importance particulière ; il a dix éléments :
1. La chanson* [geyapada) est un chant nu, c'est-à-dire sans accompagnement de danse, chanté par une personne assise et soutenu par des instruments à cordes. Ex. : Nàgânanda I, 13. Malayavatî, assise par terre et jouant du luth, chante : « Toi qui as Téclat du pollen sur les étamines du lotus épanoui, 6 Gaurî, exauce mon désir, ô bienheureuse, sois gracieuse à ma prière ! »
2. Le récitatif debout* [sthitapâthya) est une déclamation en pràcrit faite par une femme debout, parcourant la scène à pas pressés sous Tinfluence de Tamour. Abhinavagupta (cité S. 506) comprend aussi sous ce nom la déclamation en pràcrit d'une femme prise de rage.