DIVISION PAR UN MONOME
50. Les monômes et polynômes que Ton considérera dans ce Chapitre seront toujours, sauf au n®58, des monômes ou polynômes à une variable, que l'on désignera par la lettre x.
Si l'on considère deux monômes ax"^ bxP^ dont le premier est dil dividende, et le second diviseur, il n'y a évidemment pas de polynôme, contenant deux termes ou davantage, qui, multiplié par le second, reproduise le premier. Il existe un monôme qui, multiplié par bxP^ reproduise ax'* si p est inférieur ou égal à n, à savoir le
monôme t x""^, qui se réduit à r- si n est égal à />; on dit alors que le monôme ax"^ est divisible par bxP^ et le monôme j-x'^~p e%lk
quotient de la division de aj?" par bxP : sa valeur est toujours égale au quotient exact de la division de la valeur du monôme dividende par la valeur du monôme diviseur, sauf lorsque x est nul, auquel cas
1 expression -. — - n a pas de sens.
Quand n est plus petit que/>, il n'y a ni monôme ni polynôme qui, multiplié par bxP^ reproduise ax'^ : ax'^ n'est pas divisible par bxf. Toutefois, il y a une expression, d'une forme analogue à un monôme, qui jouit de cette propriété : c'est l'expression
b xP-'» b b *
en posant m = n — /?.
Malgré son analogie avec les monômes, on ne donnera pas le nom de monôme à l'expression ax^'"; il sera toutefois commode, à l'occasion, de dire qu'elle est de degré négatif — m.
DIVISION DES POLYNOMES. l33
G)nsidérons un polynôme A et un monôme B. Existe-t-il un polynôme Q, tel que le produit par B de ce polynôme soit identique à A?
S'il existe un tel polynôme, le produit de chacun de ses termes par B devra reproduire identiquement un terme de A; chaque terme de A est donc divisible par le monôme B, c'est-à-dire qu'il est de degré égal ou supérieur au degré du monôme B : S'il en est ainsi, en divisant, comme on vient de l'expliquer, chaque terme de A par B, on obtient évidemment un polynôme Q qui, multiplié par B, reproduit le polynôme A : celui-ci est divisible par le polynôme B; le polynôme Q est le quotient de la division.
Sa valeur, quel que soit le nombre x (différent de o), est égale au quotient exact obtenu en divisant la valeur du polynôme A par la valeur du polynôme B.
Ainsi le polynôme ^x^ — 3 ^•-t- 4 ^' est divisible par le monôme 3 x^ ,
le quotient est r a?* — x^-\-^x'^.
Lorsque A contient un terme de degré inférieur au degré de B, la division n'est plus possible, au sens que l'on vient de dire ; toutefois, on peut encore diviser, comme on l'a expliqué plus haut, chaque terme de A par le monôme B, quitte à introduire des termes ayant un exposant négatif. On obtient ainsi une expression analogue à un polynôme (à laquelle, toutefois, je ne donnerai pas le nom de polynôme)^ qui reproduit identiquement A quand on la multiplie par B, et dont la valeur, sauf pour ^ = o, est toujours égale au rapport de la valeur de A à celle de B. On l'appellera, si l'on veut, le quotient exact de la division de A par B.
En divisant, par exemple, le polynôme 2X^ — 'ix^-^^x — i par 3 jr*, on obtient ainsi l'expression
Les expressions de la forme
A:r«-h BxP-f-. . ,-\- La?^,
où A, B, . . . , L sont des constantes, et où a, p, . . ., X sont des nombres entiers positifs, nuls ou négatifs, jouissent de propriétés ana-
l34 CHAPITRE III.
logues à celles des polynômes (on ne leur donne pas toutefois le nom de polynômes quand l'un des nombres a, p, . . ., X est négatif).
On peut les réduire, les ordonner par rapport aux puissances croissantes ou décroissantes de la variable. Par exemple, Texpression précédente sera ordonnée par rapport aux puissances décroissantes de x si Ton a a > ^ > . . .]> )v. A:r« sera alors le terme du plus haut degré, \^x^ le terme du plus bas degré.
On peut ajouter, retrancher, multiplier des expressions de celle nature, en opérant comme pour les polynômes ordonnés. On reconnaîtra même, dans le cours de ce Chapitre, sans que j'y insiste davantage, qu'on peut les diviser par les mêmes règles que les polynômes.
Je laisse au lecteur le soin de reconnaître qu'une expression de celle nature, quand elle est réduite, ne peut être nulle pour toutes les valeurs de jr, sans être identiquement nulle ; que deux expressions réduites de cette nature ne peuvent être égales pour toutes les valeurs de X sans être identiques terme à terme; qu'une telle expression, quand elle est réduite et qu'elle contient effectivement des termes de degré négatif, est très grande en valeur absolue, pour les valeurs de j voisines de o; qu'elle est, pour de telles valeurs, du signe de* son terme du plus bas degré ; que, si elle contient effectivement des termes de degré positif, elle est, pour les très grandes valeurs absolues de r. très grande en valeur absolue, et du signe de son terme du plus liaul degré.