‹ Leçons d'algèbre et d'analyse, à l'usage des élèves des classes de mathématiques spéciales (volume 4)Chapitre 75 sur 84 · Considérons les trois formes linéaires en x^^ x.j-, x · texte numérisé non relu

Considérons les trois formes linéaires en x^^ x.j-, x

Xi = a,! iPl -I- «1-2 -Z"? -t- «It 3^3, X2 = «2 1 ■'"l -t- «22 -^^2-+- «23^31 X3= «3137, -^ «32^2-^ «33^3,

et supposons qu'on y remplace respectivement Xf, X2, ^3 par

elles se changeront en des formes linéaires en j",, jKa? ^3> savoir

Y2 = CîiJKl -+- C20JK2 H- C23r-1' Y3 = C3, JKl -<- C32^2 -+- C3 3^3l

ou J on a pose

C|i = «1)6,, + «12^12-+- «13^135 Cjj =: CT21 Ou -I- «22 t'12 ^~ <^23 t>i3, C3I = «31^11 -I- «32^12-1- «33^13,

Ci2= OîiiOji-f- Ctl2 022 ~+" <^13 ^23?

C22 = <3J21 O21 + Ot22 ^22 ■+" ^23 t>23i C32 = <23l C»21 ~t- «32 O22 -+- «33 ^23')

soient maintenant

bu 6,2 èl3 ^21 ^22 623 ^31 632 O33

Cil C12 Ci3 C21 C22 C23 C31 C32 C33

Les formes Y,, Y2, Y3 en jk,, JK2) J^3 sont indépendantes, lorsque les formes X,, X2, X3 en a?,, x^, x^ sont indépendantes ainsi que les formes en y^J JK25 JKs qvi'on substitue à Xi, x^i x^ (n" 157) ; elles ne le sont pas quand les formes X,, X2, X3 ne sont pas indépendantes; elles ne le sont pas non plus qviand les formes enjKi, JKa? JK3 que l'on substitue à ^(, ^25 x^ ne sont pas indépendantes ; car, si ces dernières formes ne sont pas indépendantes, elles peuvent s'annuler pour des valeurs non nulles de jk,, y^i y^ et ces valeurs annulent aussi, nécessairement, les formes Y<, Y2, Yg (').

En d'autres termes le déterminant C n'est pas nul quand les deux déterminants A, B sont différents de zéro ; C est nul quand l'un de ces déterminants est nul. En d'autres termes encore, les valeurs des

C) On arrive à la même conclusion (n» 157) en remarquant que les trois formes yi> Xii Xi étant dépendantes peuvent s'exprimer au moyen de deux d'entre elles, au plus, en sorte que Y,, Y^, Y„ s'exprimant linéairement au moyen de deux formes, ne peuvent être indépendantes.

DETERMINANTS. 899

coefficients or H, •••, «33, ^n? •••, ^33 qui annulent C, ouïe produit AB, sont les mêmes.

On peut, en suivant la voie que je me contente d'indiquer, montrer que l'on a C = AB; mais je préfère établir cette égalité en partant de la façon dont le déterminant C est formé au moyen des éléments de A et de B.

162. Chaque élément de ce déterminant C est la somme des produits des éléments d'une ligne de A par les éléments correspondants d'une ligne de B; l'élément c„, par exemple, est la somme «ri ^ii H- «/■2^.v2H- ^r3^i3 dcs éléments de la /•'*""' ligne de A respectivement multipliés par les éléments correspondants de la s'*™® ligne de B : cet élément Crs appartient à la r'^"* ligne et à la 5'^™® colonne deC.

Supposons C écrit explicitement, c'est-à-dire chaque lettre Crs remplacée par la somme a^, bsi -+- «ra ^^2 + «r3 ^^3 qu'elle représente : chaque élément de G est ainsi la somme de trois termes. Convenons de regarder, dans une même colonne de C, dans la 5'^™*, par exemple,

a, 1651-1- «12 6,,.2+ «13^53) <^21 O^i -I- Ct^iOgi -+- «23 ".ç3) «31^41-+- «32^:52-*- «33^53,

les éléments écrits les uns sous les autres comme formant une colonne partielle, et de regarder ainsi cette .s'^™* colonne de C comme la réunion de trois colonnes partielles. On voit que chacune de ces colonnes partielles provient d'une colonne de A, dont les éléments sont tous multipliés par un même élément (bst, 6^2, ou bsn) de B.

J)'après ce que l'on a dit au n° 1 i6, G peut être regardé comme la somme de 3x3x3 = 2^ déterminants, dont chacun est formé en associant trois colonnes partielles prises respectivement dans la première, la seconde, la troisième colonne de C. L'un de ces déterminants sera, par exemple,

«la^ia «1^62^ «ly^sy «2a6ia «2^62^ a^yàsy ^3x^10. «3^62^ Cl3yf>3y

Gapy = Il a été formé en associant la a'*"® colonne partielle de la première

4oO CHAPITRE X.

colonne de C, la [i'^'"^ colonne partielle delà seconde colonne de C, la ^ième colonne partielle de la troisième colonne de C; chacun des indices a, [3, y est susceptible de prendre les valeurs i, 2, 3. Le précédent déterminant est égal au produit de 6ia^2p^3y par le déterminant

«m «if

ir

si deux des indices a, |B, y sont égaux, le déterminant a deux colonnes identiques; il est identiquement nul. Les seuls déterminants de cette sorte qui ne sont pas nuls s'obtiennent en supposant distinctes les valeurs de a, {3, y : chacun d'eux correspond ainsi à l'un des arrangements trois à trois des nombres i, 2, 3 : ils sont au nombre de six.

Le précédent déterminant, si l'on suppose que a, f), y soient les nombres 1, 2, 3 rangés dans un certain ordre, n'est autre chose que le déterminant A, dont on a rangé les colonnes dans un certain ordre; pour ramener ces colonnes à occuper le même ordre que dans A, il faut opérer sur les numéros a, p, y un certain nombre de transpositions, nombre qui ne diffère que par un nombre pair du nomi)re d'inversions qui se trouvent dans l'arrangement a|^y- Si l'on désigne par i ce nombre d'inversions, on voit que l'on aura

dans les six déterminants non identiquement nuls Ca^y, qui correspondent aux six arrangements trois à trois des numéros i, 2, 3, on peut mettre ainsi A en facteur, l'autre facteur ( — O'^ia^ap^sy? où i est le nombre d'inversions de l'arrangement «[^y, est un terme de B; on obtient les six termes de B en considérant successivement les six arrangements trois à trois; l'égalité G = BA est donc démontrée.

La démonstration, bien que faite sur deux déterminants du troisième ordre, est générale, et l'on peut énoncer le théorème suivant :

Si l'on considère les deux déterminants du n"'""' ordre *

bii 612

^21 ^22 bnl t>„2

DÉTERMINANTS. 4oi

leur produit AB peut être mis sous forme d'un déterminant du /i'^""* ordre

Cl, Ci2 ... C,„ C21 C22 • . . Cin

C/il Cfiï

dans lequel chaque élément

Crs = Uri bsx -\- ari h g^ -!-...-+- flf,.„ bg,i

s'obtient en ajoutant les produits des éléments de la r'^™" ligne de A par les éléments correspondants de la 5"'"*' ligne de B.

Il convient de s'habituer à appliquer cette règle, indépendamment de la notation précédente. On a, par exemple,

a' a -h 6' 3 -I- c'y a' a' H- 6' jî'— c'y' a' a" -i- 6' ^"-i- c'y" a"% -+- 6" p -+- c"y a"a' + 6" P' + c"y'' a" a" -H 6" [i"-+- c"/

Puisque, dans un déterminant, on peut intervertir les lignes et les colonnes, on voit que le produit de deux déterminants pourra s'écrire de façons diverses; on aura par exemple

an-ha'ot.' aj3-i-a'^'

boL^b'%' b^ + b'P'

«a-f-a'jâ ba. -h b' ^

a^-i-a'p' b^-hb'^'

a OL -^ b ol' a ^->r b ^'

La formule qui donne l'expression du produit de deux déterminants s'applique évidemment au carré d'un déterminant; on a, par T. 26

4o2 exemple,

a'^-^b'^ aa'-ir-bb' aa' -\- bb' a'^^b''^

ab-\-a'b' t^^b"^

ou

e ineme

{ab'—a'by^ = (a'-^-^ b^) (a'2+ 6'2) — (aa'-+- bb' f = {a^-^ a"'){b^ ^ b'^) — {ab -ha'b')^;

aa' -\- bb' -^ ce'

aa" -+- bb"

-1- ce"

aa' -h bb' -i- ce'

aa" ^ bb" ^ ce"

ab H- a' b' -^ a" b"

ac -+- a' c'

ab -\- a' b' ^ a" b'

be -i- b' c'

ac -+- a' e' -^ a" e"

be -{- b' e' -+- b" e"

Il est clair que le carré d'un déterminant peut être mis sous la forme d'un déterminant symétrique du même ordre.

163. Le théorème sur la multiplication des déterminants est d'ailleurs susceptible d'extension. La même loi de formation qui permet de déduire les éléments du déterminant produit de deux tableaux carrés, peut s'appliquer à deux tableaux rectangulaires comprenant respectivement le même nombre de lignes et le même nombre de colonnes.

Considérons par exemple les deux tableaux

dont chacun comporte deux lignes et deux colonnes; on peut en déduire un déterminant du second ordre

dont chaque élément est la somme des éléments d'une ligne du premier tableau respectivement multipliés par les éléments correspondants d'une ligne du second tableau. Ce déterminant du second ordre

DÉTERMINANTS. 4o3

peut être décomposé en neuf déterminants, par un procédé analogue à celui que l'on a employé dans la démonstration du théorème fondamental. En n'écrivant que les déterminants qui ne sont pas nuls identiquement, on trouve que le déterminant proposé est égal à

cy'

En d'autres termes, on a l'identité

(aa -f- èp -1- cy) («'a'-f- 6' ^'-+- c'y') — ( a a' -t- 6 3' -t- c y' )(«'«-(- 6' 3 -t- c'y) = ibc' — b'c)(pY — j3' Y ) -•- ( c «' — c' rt ) ( Y»' — y' ^ ) + ( '^^' — <^' ^ ) ( ^i^' — ^' ? ) ;

€t, en particulier,

( «2 -4- 62 -H c2 ) ( a'2 -h- 6'2 -r- c'2 ) — ( «a' -4- 66' -+- ce' )2 = (6c'— 6'c)2-i- (ca' — c'a)^-\-(ab' — a! bf-.

Cette dernière identité tient un rôle assez important en Géométrie analytique. Celle d'où elle a été déduite permet d'ajouter, à la formule du n° 161 relative au produit de deux déterminants du troisième ordre, des identités intéressantes concernant les premiers mineurs du déterminant produit. Si, en effet, on reprend les notations de ce n" 161 et si l'on désigne par A^^, B^,, C;-^ les mineurs des déterminants A, B, C relatifs aux éléments rt^^, brs-, Crs des déterminants A, B, C, on trouve sans peine la relation

Cr5 = A^i B^i -H A^2 6^2 -+- A^, 8^3,

qui en résume neuf autres, puisqu'on peut donner séparément aux indices r, s la valeur i, 2, 3.

On désigne sous le nom de déterminant adjoint d'un déterminant donné le déterminant du même ordre dont les éléments sont les premiers mineurs du déterminant donné.

Ainsi, en désignant, comme au n" 14-4, par A, B, C; A', B', C;

4o4 CHAPITRE X.

A", B", C" les mineurs du détermiuaol

relatifs aux éléments a, 6, c; a', 6', c'; «", 6", c" ] le déterminant adjoint de A sera

Page 1