La simplification des radicaux est fondée sur l'égalité
J/û^ = al/b ;
et cette égalité n'est sujette à aucune restriction. En effet , le se-* cond membre a m valeurs, et en élevant chacune d'elles à la puissance m , on retrouve toujours a'^b -, donc ce membre repré-
sente exactement toutes les m valeurs de l/a'^ô.
250. Dans la multiplication des radicaux de même indice ^ on doit encore avoir, conune dans le n"" 230 ,
tn tu n
D'abord, si on fait la puissance m du produit Vli\/b^ il vient ai, donc toutes les valeurs de ce produit sont parmi les m yaleors
m m ai
de val). Ensuite, il est clair que chacun des facteurs V^ et Vh ayant m valeurs différentes, on ne peut pas trouver moins dew produits différents en multipliant les m valeurs de Fan par celles de l'autre. Donc on doit avoiftxactement les mêmes valeurs pour
le produit ]/cX^b que pour \^ab.
Cette conclusion donne lieu à une remarque assez importante. En multipliant les m valeurs du premier radical par une des valeurs du second , on aurait déjà m résultats différents ; donc en les multipliant par toute autre valeur du second radical , on doit reproduire les mêmes résultats, mais dans un autre ordre.
251. Ce qui vient d'être dit s'applique littéralement à la division des radicaux de même indice : de sorte qu'on devra encore avoir, avec toute la généralité possible ,
252. Passons aux puissances. Trois cas sont à distinguer, et je vais les parcourir successivement.
1° Quand les nombres m et n sont premiers entre eux , on a
m wi
{y~ay=Va-.
En élevant le 1*' membre à la puissance m , il vient
et de là on conclut d'abord que toutes les valeurs de l'expressiott
(Kâ)" se trouvent parmi celles de Ka". Il reste donc à faire voif que ces valeurs sont au nombre de m,
Soient a\ a'\ a'",.-- les m valeurs de Va, celles de (V^y seront a'", a"», a'"",... : je vais montrer que toutes ces valettï^ sont différentes. Admettons qu'il y en ait d'égales, et soit
[1] a'»=aa""*
Puisque a! et a" sont deux racines //^*'"'* de ^ , on a aussi
Supposons m > zi, et que la division du nombre m par n donne m = 71^ + r, Tégalité [-2] jjevient
Si on fait la puissance q des deux-membres de l'égalité [1], on a
et, si on diyise rûnë'pSr Taulrc les égalités [3] et [4] , il reste
Maintenant supposons qu'en divisant n par r on ait n ^=srq'-\-r^. Dans l'égalité [1] remplarons n par cette valeur, élevons la dernière égalité à la puissance q\ puis alors divisons-les Tune par l'autre : il restera
En continuant ainsi, on voit qu'on tombe toujours sur des égalités de la forme
dans lesquelles l'exposant s est un des restes qu'on obtient en effectuant sur m et 7i les opérations du plus grand commun diviseur. Or, ces deux nombres étant premiers entre eux , on doit arriver au reste 1 ; donc on aurait a' = a" ; donc a' et a" ne seraient point deux valeurs différentes, ce qui est contraire à l'hypothèse. Donc 1®, etc.
2° Quand l'indice du radical est un multiple mn de l'exposant n de la puissance , on doit avoir
mn m
(yrr = vâ.
mn
En effet , pour toute quantité x , qui serait une valeur de va , on doit avoir x'"" = « , ou bien, ce qui est la même chose, (x")"» = a ; donc les valeurs de j:" ne sont autres que celles de
m • mn m
Va^ c'est-à-dire que (y a Y = \/a.
3' Quand l'indice du radical et l'exposant de la puissance ont
220 LEÇONS D'ALGiBRS.
un facteur commun, si ces nombres sont désignés par mp et itp, p étant leur plus grand diviseur, on devra avoir
{\/ayp = Va" ; car, en s'appuyant sur les deux premiers cas, il vient
mp mp m '^m *
Remarque. Si on appliquait aux deux derniers cas la règle du premier, on trouverait un radical qui comporterait-plus de valeurs qu'on n'en doit avoir. Cependant on se sert presque toujours de . cette r^le sans faire aucune distinction ; mais alors il est sousentendu que les résultats peuvent quelquefois embrasser une trop grande généralité.
253. La règle relative aux racines des radicaux sera générale : elle est comprise dans l'égalité
m mn.
En effet, si on pose j?= v K^, on aura ar»= k'tf, puis
mn
j::^» = a 5 donc X a les mêmes valeurs que \^.
254. Il n'y a point lieu à parler de réduction au même indicé pour les radicaux algébriques : car cette transformation est évidemment défectueuse, en ce qu'elle augmente le nombre des valeurs de ces radicaux. Elle ne pourra donc pas servir ici, comme dans le n*' 234, à expliquer la multiplication et la division des radicaux d'indices différents. Cependant on va prouver que les résultats trouvés par cette voie sont encore vrais dans le cas def radicaux algébriques , pourvu que l'indice commun soit toujours le plus petit possible. Je ne considérerai que la multiplication ; l'explication serait absolument la même pour la division.
l*' Lorsque les indices m et n sont premiers entre eux , j( dis qu'on a
m n mn
D'abord , si on élève le produit VliVb à la puissance mn , il vieu
^aVV)^ = (kâV (kî>« = ùTlr,
LEÇONS d'algâbre. 221
mn
ce qui montre que parmi les déterminations du radical Vâ?^ se troavent toutes celles du produit. Il faut prouver en outre qu'elles ne sont pas en moindre nombre.
Représentons par a\ a'*^a"\ les m valeurs de VlT^^i
par b\ V\ b"\..,.^..,. les n valeurs de VIj! En multipliant les quantités a\ a!\ a'",.- par h\V\ b"\... on aura toutes les dé-
terminations du produit V^V^b^ lesquelles seront
a'b% a%\ aî%\...
dy\ a"b'\ a!"b'%...
Yoilà bien mn produits, mais il faut prouver qu'ils sont inégaux.
n n'y a lieu à démonstration que dans le cas où l'on compare entre eux des produits formés de facteurs différents ; par exemple, wV et a"b". Admettons pour un moment que ces produits soient égaux : en les élevant à la puissance «, on aurait a'"*'» = a""6"« ; et cette égalité , en observant que &"» = 6''" = 6, devient
Mais , puisque a! et d' sont deux racines m<^'"«' de a^ on a aussi
Les quantités a! et a" sont donc tout à fait dans le même cas que cdles du n*' 252 (l"*) ; par conséquent on arriverait de la même manière à conclure a! = a'\ ce qui est contre l'hypothèse.
2^ Lorsque les indices ont des facteurs communs , en nommant/? leur plus grand commun diviseur, on aura
mp np mnp
Eu effet, par les n^* 253 et 250, il vient
Mais, par ce qui vient d'être dit ci-dessus (1*>), on a vaVb^sÈ
am p / nui mnp
VôFly^', et, par le n^ 253 déjà cité, on |i y |/a"fr«= Va'^b^i
mp np mnp
UÇOm o'ALcfcBEB. *
CftlAul d« fzpMMiMM iatgiiMint da ■* difWL ^ *
255. On a souvent à comliiiner eatr^ elles des expressioiis inuigir naires de la forme a-^bV^^^ danslesqaellesa et & sont des^quan- ' tités réelles ; et on démontre qne les résultats sont eox-méinBS toujours réductibles à la forme a+&K^. Cette proposition ya se Yè< rifier dans les différents cas que je yais parcouriflh.
256. Si 6n soumet les' eiqpressionsiinaginaires aux quatre opérations fondamentales, on a
(a+6^C:î)-.(a'+yK=4) = ù— ^)4-(ft-*')k'=ïî
ad-^-bV db^aV
257. Les puissances de V—i se présentent fréquemment. Or, il, est évident qu'on a
(K=i)'=-ix=ï, (j/=ï/=+i;
de là on conclut qu'en s'élevant aux puissances supérieures on retrouvera toujours ces quatre résultats. Si on veut renfermer cette conclusion dans des formules, on désignera par i un nombre entier positif quelconque , et on aura
(|X=î/'- + ■ = çy^f X |/=î = + K=ï, (l/=î/+' = (V-if X (K=ï)' = -1,
{yz=if+' = (y— if X (y^f = - y—i.
Ces formules doivent étfe employées respectivement, selon qu'ea
LEÇONS D'AI.Gf:£IlE. 223
divisant l'exposant par 4 , on aura pour reste 0, 1, 2 ou 3, ce qui comprend tous les cas. W
258. Maintenant, considérons Texpression \a-\^b]/ — l)", n étant nn nombre entier positif. Par la formule du binôme , on a
a Lia
Ti:^'^ 1.2.3.a^ i.i:SA,a' + «*^J î
et, en réunissant les termes affectés de ^^i,
Lia 1.2.3 a^ J ^
Puisque les quantités a et ^ sont supposées réelles , ce résultat est évidemment delà forme A+ BK^, A et B étant aussi des quantités réelle^
Pour développer (a— ôK — i)'», il suffira de changer h en — h dans le résultat précédent. Par-là il n'y aura d'autre changement que celui de B en — B : car/? entre à des puissances paires dans tous les termes de A , et à des puissances impaires dans tous ceux de B.
Ainsi ,'en posant, pour abréger,
"'' Via r2.3 a^ + ^^'^J'
en
on aura
[1] {a+by~iy = A + BK^>
[2] (rt-tJ/i:î> = a-bK~ï.
Pour passer aux puissances négatives, on observe que
224 LEÇONS D'ALGâBRB.
De là on tire ^
et
donc on aura
1 (a iK=î)"
conséqxient, à cause des formules [1] et [
a+bK=ï
[3] U^bl/-^i)^ =
[4] (tf-iJ/I^r" =
Dans la'suite, il sera démontré que la formule du binôme convient à des exposants de nature quelconque. Par conséquent les transformations [1], [2], [3], [4], sont vraies queluque soit n. Mais il arrivera, quand cet exposant sera négatif ou fractionnaire , que les valeurs de A et B seront composées d'une infinité de termes (*).