‹ Leçons de géométrie analytique à deux et à trois dimensionsChapitre 33 sur 146 · CONSTRUCTION DES EXPRESSIONS ALGEBRIQUES · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DES EXPRESSIONS ALGEBRIQUES

42. D'après la théorie qui vient d'être exposée, toute expression algébrique et homogène du premier degré, dans laquelle les diverses lettres représentent des longueurs, est elle-même l'expression d'une longueur. Or, je dis qu'une pareille expression peut toujours être construite géométriquement, c'est-àdire par la règle et le compas : 1° dans le cas où elle est rationnelle ; 2° dans le cas où elle ne renferme pas d'autres irrationnelles que des radicaux du second degré , ou des radicaux dont l'indice est une puissance de 2.

45. 1° Construction des formules rationnelles. La plus simple des fonctions rationnelles qu'on ait à considérer est la fonction monôme. Telles sont, par exemple, les fonctions

ab abcd

c ' efg '

La première se construit immédiatement ; elle exprime , en effet, une quatrième proportionnelle aux lignes a, b^c. La deuxième et toutes les fonctions rationnelles de la même forme se construiront, en répétant plusieurs fois l'opération par la-

DES ËQUATK»«& ET DES FORMULKS DE LA GÉOMÉTRIE. 4a

quelle oo trouve une quatrième proportiounelle à trois lignes données. Prencms en effet la fonction

abcd

Construisons uim cpiatriènie proportionnelle aux lignes a, b, «,

6t désignons-la par a , on aura

ab ^ abcd acd

— = a et — = -.

e efg fg

Construisons pareillement une quatrième proportionnelle aux lignes a^ c et /, et désignons-la par 6 , on aura

ac ^ acd M

•j = 6 et -T- = — ,

f fg 9

et OD voit qu'il ne reste plus qu^à construire une quatrième proportionnelle aux lignes 6^ d et g.

Cela posé^ je dis que la construction d'une fonction rationnelle quelconque peut se ramener à la construction d^une formule monôme. Soit par exemple la formule

abc-\-def — ghk

m»-fpg — rs

On peut récrire ainsi :

\ mm/

On peut construire, comme il a été indiqué plus haut, chacune des longueurs représentées par les monômes

def ghk pq rs ab^ ab ^ m^ m'

désignons-les par a, 6, y> ^3 ^^ ^^^ formule deviendra

formule monôme que Ton construira à son tour par le même procédé. Cette méthode s'applique évidemment à toute fonction rationnelle.

44. Construction des formules irrationnelles. Considérons l'un des radicaux du second degré qui entrent dans une formule irrationnelle^ et supposons d'abord que la quantité soumise à ce radical soit une fonction rationnelle telle que

abcd + efgh — klmn ^

pq — rs'{-tu ce radical peut être écrit de la manière suivante :

/ efgh klmn\ \ abc abc )

et, en suivant les règles données précédemment, on le ramènera à la forme

abccL

ensaite on construira une ligne y égale à --z- > et le radical sera

ramené à la simple forme sf(v{) en sorte que 5 si 0 désigne la moyenne propoi*tionneUc entre a et y , on pourra remplacer le radical donné par 0 dans la formule où il se trouve.

On pourra , par cette méthode, faire disparaître de la formule proposée tout radical du second degré affectant une quantité rationnelle; et par cette même opération, plusieurs fois répétée sMl est nécessaire, on ramènera la formule proposée à une formule rationnelle.

Ge qui précède s'applique évidemment aux expressions algébriques contenant des radicaux dont l'indice est une puissance de 2 ; car tout radical de cette espèce peut être remplacé par des radicaux du second degré superposés.

45. Il y a quelques expressions simples pour la construction desquelles il ne convient pas d'appliquer la méthode générale que nous venons de développer; tels sont, par exemple, les radicaux

que Ton peut construire aisément au moyen de la propriété du triangle rectangle.

Nous citerons encore l'expression

sJa^ + V±ah,

qui représente le troisième côté d'un triangle dont a et 6 sont les deux premiers et dont l'angle opposé est de iâO» ou de 60^ 46. Lorsqu'on se propose de construire une formule Homo-

gène y il n'est pas nécessaire de connaître l'unité ; il suffit d'avoir les longueurs représentées par les letti'es qui entrent dans la formule. Mais, s^il s'agit d'une expression non homofène, U est iiidiq[)eDsaMe d'avoir la kHogueur prise pour unité. Cionsidérons une formule non homogène

et supposons comme la longueur prise pour unité; prenons une seconde unité, et soit X le rapport de la première unité à la seconde. Oa rendra la formule proposée homogène, en r^nplaçant comme il a été dit plus haut, Xya,bétc

par y, -, -, -; on aura donc

ou

2a6X + X' + rtftc ^ = S6 '

expression que l'on construira par la méthode indiquée plus

utStlt.

47. Si la formule à construire est entièrement numérique; il n'est pas nécessaire de rétaUir Vhoi]K)géiiéité. Prenons pour exemple

On construira v/5~en cherchant une moyenne proportionnelle estre la ligne prise po«r unité et le quintuple de cette unité; on retranchera Tunité du résultat, et l'on prendra enfin une imyenne fMroporiionnelle entre la ligne obtenue et l'ioiilé.

48. Construction des racines de V équation du second degré. Supposons que a et 6 représentent des longueurs données^ et X une longueur inconnue déterminée par l'une des quatre équations:

(1) x^—ax-\-V=0 (3) x'+ax-\'V=0

(2) x'+oo:— 6^=0 (4) ar*— or— 6«=0;

ilsuflStde savoir construire les racines des équations (1) et (2); puisque les racines des équations (3) et (4) sont respectivement égales et de signes contraires à celles des équations (1) et (2). 1° L'équation (1) peut s'écrire comme il suit :

On voit alors que x eia — x sont les deux côtés adjacents d'un rectangle dont Taire est 6^ et le périmètre 2a. Les racines de l'équation seront donc représentées par ces deux

i) côtés. Pour les trouver, on prendra AB = a (fig. 28), et sur cette ligne comme diamètre, on décrira une o B demi-circonférence ; on élèvera sur

fig. 28. AB la perpendiculaire AG = 6 ,

et, par le point G on mènera une parallèle à AB. Gette parallèle coupera la circonférence en deux points I et K, si h est

moindre que ^5 ^^^^ touchera la circonférence, si 6 = -; enfin

elle ne rencontrera pas la circonférence, si 6 est plus grand a

Soit 6 < ^ ; abaissons IH perpendiculaire sur AB : les deux racines de l'équation (1) seront représentées par AH

et HB , car on a

AHx(AB— AH) = 6' ou HBx(AB— HB) = 6*.

Si 6 =-, les racines sont toutes deux égales à AO ou — .

a Si l'on a 6 > ^ , Téquation proposée a ses racines imaginaires.

2o L* équation (2) peut s'écrire ainsi

Les lignes inconnues xei a-\- x, qui ont pour différence a, sont les deux côtés d'un rectangle dont Taire est égale à 6'.

,;p Décrivons un cercle dont le diamètre soit égal à a (fig. 29); menons à ce cercle une tangente AB égale à 6 , et construisons le diamètre CD qui passe par le point B: je dis que les racines de Téquation (2) selig. 29. ront représentées l'une par BC , et

l'autre par — BD; car on a Téquation

BGxBD = 6^

que l'on peut mettre sous Tune et Tautre des deux formes BCx(a + BC)=:6^ — BDx(a — BD) = 6«.

DES COORDONNÉES REGTIUGNES.

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