NOTICES LITTÉRAIRES
Origine de In Inngue française. — La langue qui se parlait autrefois dans les Gaules était ia langue celtique, dont les restes se sont maintenus jusqu’à nos jours dans la Bretague, dans l'Ecosse, l'Irlande et le pays de Galles.
Les Romains, ayant conquis les Gaules dans le premier siècle avant l'ère chrétienne, imposèrent la langue latine aux vaincus, qui en altérèrent de plus en plus la prononciation, et ne tardèrent pas à la transformer en ur idiome nouveau. Vers le Ve siècle, cet idiome se montre comme une langue distincte, que nous appelons langue romane.
Cette langue se partagea en deux grandes branches: au nord, la langue d'oïl; au sud, la langue d'oc (oui se disait oïl dans le Nord, et oc dans le Midi; au moyen âge, on déterminait souvent une langue par le mot désignant l'affirmation). La langue d’oël, et la langue d’oc se divisaient elles-mêmes en dialectes nombreux.
Les principaux dialectes du Nord étaient le normand, le picard, le bourguignon et le frunçais, ainsi appelé parce qu’il se parlait dans la province de l'Ile-de-France.
À partir du xrre siècle, les rois de France, ajoutant peu à peu à leur domaine de nouvelles provinces, y introdüisirent le dialecte français, qui, étant la langue du roi, devint aussi celle de la classe élevée et instruite. Le peuple, dans chacune de cs provinces, conserva son ancien dialecte, et c’est ainsi que se sont maintenus lies idiomes normand, picard et bourguignon, qui sont, non du français altéré par les paysans, mais les restes des vieux dialectes provinciaux.
Au xrrre s ècle, le Midi fut, à son tour. vaincu par les rois de France et ajouté à leur domaine; le français s’y substitua dès lors à la languz d'oc. Les débris de cette langue se sont conservés dans les idiomes gascons, limousins, languedociens et provençaux, qui, pendant longtemps, n'ont plus guère été parlés que par les hommes de la campagne, mais qui, de nos jours. sont cultivés par des écrivains et des poètes distingués.
C'est ainsi que le dialecte français, d'abord parlé seulement dans l'Ile-de-France, supplanta peu à peu tous les autres dialectes, soit du Nord, soit du Midi, et devint, au zxive siècle, la langue commune du royaume, la langue française.
Cette langue, dans le fonds essentiel qui la constitue, n’est done que le latin altéré et transformé. A ce premier et principal élément, les Francs ont ajouté, dès les premiers temps, un certain nombre de mots allemands, ayunt rapport à la féodalité, à la chasse, à la guerre, tels que baron, flèche, querre, ete. Fnsuite, du xrre au xixe s'èce, deux autres séries de mo's s’y sont joints encore: 10 des mots étrangers, arabes, italiens, espagnols, allemand:, anglais, importés en France par différents évènements politiques ou diversesrelations de commerce et d'industrie, tels que sultan, brave, hâbleur, bivouac, wagon, etc. ; 20 des mots scientifiques formés généralement du grec on du latin, tels que cusmographie, microscope, proportion, etc.
Sur 27 000 mots environ qui appartiennent à la langue française, 1 000 sont des mots étrangers venant des langues moder nes, et 14 000 ont été formés par les savants. Des 12 (00 autres mots, 8 000 environ sont des dérivés ou der composés. Il reste donc à puu près 4 000 mots simples, qui sont comme le noyau de la langue De ces mots
simples, 400 sont des ots allemands imvortés par les barbares lors de l'invasion, et les 3 600 autres viennent du latin.