‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 412 sur 579 · Le berger et la mer · texte numérisé non relu

Le berger et la mer

Du rapport d'un troupeau, dont il vivait sans soins, Se contenta long'emps un voisin d'Amphitrite 1 ; Si sa fortune était petite, Elle était sûre tout au moins.

A la fin, les trésors déchargés sur la plage Le tentèrent si bien, qu’il vendit son troupeau, Lrafiqua de l'argent, le mit entier sur l’eau. . Cet argent périt par naufrage ; Son maître fut réduit à garder les brebis, Non plus berger en chef comme il était jadis Quand ses propres moutons paissaient sur le rivage : Celui qui s'était vu Corydon ou lircis 2 Fut Pierrot et rien davantage.

Au bout de qrelque temps il fit quelques profits, Racheta des bêtes à laine ; Et comme un jour les vents, retenant leur haleine, Laissaient paisiblement aborder les vaisseaux : « Vous voulez de l’urgent, à mesdames les Eaux, Dit-il; adressez-vous, je vous prie, à quelque uutre : Ma loi ! vous n'aurez pas le nôtre.” Ceci n’est pas un conte à plaisir inventé.

Je me sers de an vérité Pour montrer par expérience, Qu'u sou, quand il est assuré, Vaut micux que cinq en espérance ; Qu'il se faut contenter de sa condition ; Qu'æx conscils de la mer et de l'ambition Nous devons fermer les orel.les.

qui s'en louera, dix mille s'en plaindront.

La mer promet monts et merveilles :

leurs viendront.

LA F'ONTAINE.

Pour tn

Ficz-vous-y ; les vents et les vo

1 Amphitrite, déesse de l'Océan.

2 Corydon, Trois, bergers chantés par Virgile,

NTAINE,

Morceaux choisis.

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