‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 104 sur 133 · LA DISGIPLIXS, LÂ RÉCOHPBNSB ET LES PUNITIONS · texte numérisé non relu

LA DISGIPLIXS, LÂ RÉCOHPBNSB ET LES PUNITIONS

l'on peut, afin de ne point commettre ^ son autorité, et il arrivera quelquefois que le lendemain elles feront des merveilles. »

Un bon maître ne commande à ses élèves que ce qu'ils peuvent faire ; il prend ses précautions pour éviter lui-même toute faute, toute erreur dans l'application de la règle commune, sachant combien une fausse mesure peut nuire à son autorité. A l'occasion, s'il s'est trompé, il n'hésite pas à reconnaître sa faute, car les enfants sont surtout sensibles à ce genre de sincérité. Enfin il apporte dans ses interdictions et ses conmiandements une constance inflexible et exige que l'obéissance soit immédiate et complète.

IV. Les récompenses, leur nécessité, leur but. — Le très jeune enfant n'étant pas encore sensible au devoir pur, il est à peu près inutile d'invoquer tout d'abord, pour le maintenir dans Tordre, l'austère ce impératif catégorique ». On doit faire appel, de l'aveu même de Guizot^ à des sentiments moins purs, tels que Tamour-propre et l'honneur. Cependant le maître ne saurait oublier que la vraie fin de l'éducation consiste à développer peu à peu chez les élèves la notion et l'amour du bien, de telle sorte qu'ils obéissent de plus en plus à la voix de leur conscience éclaircie et affermie et qu'ils considèrent comme la plus haute récompense de leurs bonnes actions la seule satisfaction du devoir accompli.

Par suite, les récompenses peuvent se diviser, selon leur importance^ en deux catégories : les unes, telles que les paroles d'approbation, les encouragements, les éloges, les bons points, l'inscription au tableau d'honneur, les prix, etc., ne sont que de simples moyens, tandis que la satisfaction morale, sentiment particulier, fait de contentement tranquille et de juste estime de soi, doit être la plus haute et la vraie récompense du devoir accompli. Toutes les récompenses qui font plus ou moins appel aux sentiments égoïstes de l'enfant doivent tendre en somme « à éveiller en lui ce sentiment délicat de la joie intérieure qui parfume les bonnes actions ».

V. — Caractères essentiels des récompenses. — 11 résulte de ces considérations :

Que les récompenses ne doivent jamais avoir un caractère par trop matériel, comme celles qui consisteraient « dans le plaisir de manger un bon morceau, d'avoir une cravate en dentelles ou un bel habit neuf ».

(i) Nous dirions aujourd'hui compromettre.

« En proposant ces choses, dit Locke, en forme de récompense, vous les faites passer pour des choses importantes, bonnes en ellesmêmes ; vous accoutumez Tenfant à mettre son bonheur dans la jouissance. En le récompensant par des friandises, on provoque sa sensualité ; en lui promettant un bel habit, on le dispose à la vanité, à la fatuité ; en lui donnant de l'argent, on excite sa cupidité, on le porte à regarder l'argent comme le prix ordinaire de la vertu, on le détourne, dans tous les cas, de considérer les hautes aspirations de Tàme comme les véritables principes de son activité. »

2® Qu'il existe des récompenses plus pures et plus propres à développer le sens moral, telles que les paroles d'encouragement, les félicitations, les éloges discrets (car il faut éviter de faire naître chez les enfants des sentiments de vanité ou d*orgueil), Testime et l'affection de ceux qui Tentourent ;

3® Que toutes les récompenses doivent être données avec discernement, c'est-à-dire en rapport avec les actes et le mérite de l'écolier; viser non seulement le succès, mais encore l'effort accompli, et n*étre pas nombreuses au point que la fréquence en amoindrisse le prix ;

4® Qu'elles doivent être pour les élèves, non un salaire, encore moins un droit, mais un véritable surcroît, et comme le signe extérieur de la satisfaction du maître, comme le témoignage de sa confiance en eux et de l'espoir qu'il a de les voir persévérer et progresser dans le bièn ;

5® Que, par suite, s'il est quelquefois nécessaire de leur promettre une récompense pour les exciter à faire leur devoir, il convient en général de la leur laisser attendre et de ne la leur donner qu'après l'action, en toute liberté, sans qu'ils aient pu la prévoir et l'escompter avant d'agir ;

6® Qu'ils doivent être amenés par degrés à puiser la seule récompense de leurs efforts et la sanction de leur conduite et de leur travail dans le seul témoignage de la conscience.

VI. Les punitions, leur nécessité, leur but. — Le plaisir n'est pas, nous le savons, le seul stimulant de l'activité ; la douleur peut être parfois la condition de l'effort et du progrès. Elle est encore un avertissement, une sauvegarde, et comme une digue opposée à l'invasion du mal. La punition, c'est-à-dire la douleur infligée à la suite d'une faute, devient ainsi la sanction de la règle ; mais il ne faut y recourir que dans les cas d'absolue nécessité. Ce qu'on doit inspirer à l'enfant, c'est moins la peur du châtiment, que la peur de le mériter et la honte d'avoir mal fait. Au lieu d'engendrer

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