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OBJET DE LA PSYCHOLOGIE

rentes distances. Par conséquent tout Tunivers matériel, avec rinfinie diversité des objets qu'il contient, peut et doit être conçu comme un système de points coexistants entre eux, et tous les phénomènes qu'ils présentent ne sauraient consister que dans les changements d'état de ces points. Mais ces changèments euxmêmes, en dern ière, analyse,, que j)euvent-ils être, sinon des mouvements de ces points, des déplacements dans l'espace ? En effet, si dans un système de points nous supposons qu'ils restent tous en repos, aucun changement appréciable ne se produit, il n'y a pas de phénomène. Un changement, un phénomène n'apparaît j qu'autant que l'un ou l'autre de ces points se meut, c'est-à-dire change de situation £ar rapport auif autres. Dès lors, tous les Caits matériels sans exception, qu'ils se passent dans un corps brut ou dans un être vivant, sont des mouvements et ne sont pas autre chose ; et l'on comprend la célèbre parole de Descartes : « Donnez-moi la matière et le mouvement et je ferai le monde. »

U s'ensuit que toutes les sciences, en^^ârtant de îa mécanique pour arriver à la physiologie au travers de l'astronomie, de la physique et de la chimie, ne sont au fond qu'une même science, la science du mouvement, lequel va se compliquant et se transformant de plus en plus, mais en restant toujours conforme à sa définition première : mouvement, c'est-à-dire changement de situation des parties d'une étendue ou d'un systeme de points contenus dans l'espace.

Si nous appliquons ces principes généraux à la physiologie, nous comprendrons que les faits qui se passent dans le corps d'un être humain ne sont pas aujqnd d'une autre nature que ceux qui se produisent en dehors de lui. Respiration, digestion, circulation du sang, contraction musculaire, action nerveuse, tout cela se ramène au fond à des phénomènes physiques et chimiques plus ou moins compliqués, tout cela n'est qu'une forme du mouvement. Le jour où la science pourra dessiner les trajectoires et calculer les vitesses de tous les atomes contenus dans tel de nos organes, par exemple dans le cerveau, ce jour-là nous saurons à l'égard des fonctions de cet organe tout ce qu'il est possible d'en savoir.

Mais n'existe-t-il rien de plus dans l'homme que des faits matériels, tels que nous venons de les définir ? U existe certainement des faits d'un autre ordre, et ce sont justement les faits psychologiques. Descartes les réunissait et les résumait sous le nom commun de pensée et il opposait la pensée à l'étendue et au

8 PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE A l'ÉDUGATION

mouvement. L'immatériel, le spirituel, c'est ce qui est de même nature que la pensée. Or peut-on dire que la pensée soit réellement contenue dans l'espace, qu'elle y occupe un certain volume, qu'elle y dessine une certaine figure ? Toutes ces assertions sont entièrement dépourvues de sens. On chercherait vainement dans le plaisir, dans la douleur, l'amour, la haine, le jugement, le raisonnement, etc., les données caractéristiques du mouvement, c'est-à-dire la trajectoire et la vitesse. Nos états intérieurs en effet se succèdent bien dans le temps et à ce point de vue nous pouvons les compter et déterminer leur durée ; mais ils ne se produisen t p<3in t dans l'espace et on ne peut dire en aucune façon qu'ils y emplissent ou qu'ils y traversent telles ou telles longueurs exprimables en millimètres ou en kilomètres. Sans doute on parle couramment de la profondeur d'une idée, de la vitesse de la pensée, > I mais qui ne voit que ces expressions sont de pures métaphores ? Conclusion, — Concluons donc qu'il existe dans l'homme deux vies tout à fait distinctes, quoique inséparables. D'une part la vie matérielle des cellules de l'organisme avec les phénomènes physique^ et chimiques dont elles sont le théâtre; d'autre part la vie spirituelle de la personnalité pensante et agissante. Dans la première, il est question d'oxygène, d'hydrogène, de carbone, d'azote, de fer, de phosphore, etc., qui se composent et se décomposent entre eux, d'action et de réaction entre les tissus du corps et les liquides, sang, lymphe, qui les baignent, et autres faits du même genre, tous susceptibles d'être étudiés au moyen des sens, tous contenus dans l'espace et se réduisant au fond à des mouvements. Dans l'autre, il est question de bien et de mal, de beauté et de laideur, d'erreur et de vérité, tous objets* qui ne peuvent être connus qiie'^par la réflexion intérieure et qui n'ont pas de rapports ( nécessaires avec un liey^^ou un espace déterminé.

DEUXIÈME SECTION placr db la psychologie dans l'ordre des sciences

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