‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 50 sur 133 · IDEE DBS PRINCIPALES FACULTÉS INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

IDEE DBS PRINCIPALES FACULTÉS INTELLECTUELLES

ligence, c'est le mot c( idée ». De même que la volonté se manifeste par des actes et la sensibilité par des émotions, TintelUgence se manifeste par des idées. Sans idées, non seulement il n y apas de connaissance mais il n'y a pas non plus de croyance ni de fiction. L'intelligence, pourrait-on dire, c'est la faculté de produire des idées et de s'en servir soit principalement pour la connaissance, soit même pour toutes sortes d'autres fins; c'est, comme disent quelquefois les physiologistes, la faculté d'idéer.

Or la production des idées traverse dans l'homme trois phases successives qu'on a appelées : l'acquisition, la conservation et Télaboration de la connaissance.

Tout d'abord l'intelligence ou l'esprit (car ces termes sont synonymes) acquiert ses premières idées les plus simples, les plus grossières sans travail et sans effort, presque passivement, au contact des choses mêmes. Il y a en effet une sorte de mise en rapport de l'âme et des objets qui se fait naturellement par le moyen des sens, et c'est ce qu'on appelle la sensation; de même que l'âme a naturellement la connaissance immédiate de ses propres états et de ses propres opérations, et c'est ce qu'on appelle la conscience. De là dérivent deux ordres d'idées acquises spontanément dès l'origine, dont les unes se rapportent aux objets extérieurs, conmie par exemple, les idées de terre, de soleil, d'aibres, d'animaux, etc., et les autres à l'âme même, comme les idées de plaisir, de douleur, d'attention, de souvenir, etc. Cette acquisition s'appelle perception, et l'on distingue

' par conséquent une perception extérieure, fondée sur la sensation oa ks sens, et une perception intérieure, fondée sur la cons-

I cience.

Mais si les idées s'évanouissaient au fur et à mesure que l'esprit les acquiert, elles ne seraient pas vraiment acquises, et ne pourraient ni servir à la connaissance des choses ni se prêter à des combinaisons et à des élaborations ultérieures.

L'inteHigenee comprend donc une fonction ou faculté de conser?ation et de reproduction des idées, qui n'est autre que la mémoire, à laquelle se rattache Yassodation des idées, car les idées se conservent et se reproduisent, non pas isolément et en quelque sorte une à une, mais associées en groupes, en séries dont les différents éléments tendent à se rapprocher ou à s'évoquer mutuellement. La mémoire et l'association peuvent être mises en jeu et dirigées par la volonté ; mais elles n'exigent pas

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nécessairement son intervention, et c'est par elles-mêmes, en. vertu d'une sorte de mécanisme intérieur, qu'elles agissent et se développent. Aussi les a-t-on souvent assimilées aux facultés précédentes qui sont comme elles presque entièrement passives ou automatiques. Aristote réunissait ensemble les unes et les autres sous le nom d*opérations sensiHves, et il donnait le nom AHntellect passif ou d'intelligence passive à Tesprit considéré simplement comme capable de perception, de mémoire et d'association des idées.

Mais la véritable intelligence, 'l'intelligence active, celle qui est proprement la faculté de comprendre, réside tout entière dans l'élaboration des idées. Ici en effet, l'esprit n'attend plus passivement que les idées soient imprimées en lui du dehors, ou qu'elles se conservent et se reproduisent spontanément par le jeu des cellules du cerveau : il fait effort pour créer des idées originales, œuvres propres de son activité, pour les disposer en ordre, pour les grouper en systèmes, selôn des lois qui lui appartiennent. Aussi le caractère principal de toute cette fonction élaboratrice, c'est qu'elle ne peut s'accomplir sans l'initiative de l'esprit, sans son effort plus ou moins énergique et persévérant. Pour percevoir, pour se souvenir, pour associer, on n'a le plus souvent qu'à se laisser faire ou à se laisser aller : pour abstraire, pour juger, pour raisonner, en un mot pour comprendre ou pour penser dans toute la force du terme, il faut faire attention, réfléchir, et par conséquent faire un effort, s'imposer une fatigue, lutter contre la tendance naturelle qui porte l'esprit à se détendre et à se disperser.

Les idées ainsi élaborées, ou idées de seconde formation, diffèrent profondément des idées simplement acquises dès l'origine. Celles-ci, les idées de première formation, se rapportent toutes à des objets particuliers, \ioncrets, qu'on peut imaginer, c'est-àdire en quelque sorte voir, entendre ou toucher en pensée, par exemple, une maison, un chien, un homme, etc. Celles-là, au contraire, se rapportent toutes à des choses générales, abstraites, qu'on peut bien concevoir, c'est-à-dire comprendre par la pensée, mais non imaginer, par exemple, les nombres, les relations de ressemblance, différence, égalité, inégalité, l'affirmation, la négation, etc.

Cette distinction est très importante : elle est capitale en pédagogie, comme en psychologie, bien que peu de gens s'y arrêtent.

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