‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 67 sur 133 · LA CULTURE DE L*IMAGINATION · texte numérisé non relu

LA CULTURE DE L*IMAGINATION

Peut-être aussi cet enseignement développera chez ces enfants l*amour de la nature, qui exige un certain déploiement d'activité imaginative. Tel enlant qui n*est point ému par le spectacle des phénomènes naturels ou qui foule aux pieds tous les jours, dans les champs, avec une indifférence profonde, des insectes, des fleurs et des minéraux, pourra être vivement intéressé par tous ces objets quand on les lui aura décrits et expliqués dans les leçons de Técole. En même temps que sa curiosité sera excitée, il éprouvera par moments, et presque à son insu, cette émotion un peu vague quoique profonde qu'éveille en nous la poésie des choses.

I V. Action personnelle du maître. — Tous les enseignements de Técole sont impuissants à mettre en action et en valeur l'imagination de rendant, si le maître est lui-môme indifférent et terne, s'il n'a point « reçu du ciel l'influence secrète ».

Plus que toutes les autres facultés, en effet, l'imagination s'échauffe et grandit par contagion ; ainsi l'imagination dès foules se distingue, en général, par la vivacité de ses conceptions et la

I violence de ses dérèglements. Donc le succès dépend moins ici de la science du maître que de la vivacité de ses sentiments, de la chaleur de sa parole et de la puissance suggestive de sa physionomie et de ses gestes. D'ailleurs, ce qu'il faut à nos enfants^ c'est une ample provision de principes élevés, d'impressions et d'exemples, plutôt encore que de connaissances ; il faut, d'après Pécaut, que « leur existence soit illuminée et réchauffée d'un vif rayon de sagesse supérieure ».

Cette éducation^ qui s'adresse particulièrement à l'imagination et à la sensibilité, doit être donnée indirectement et à

I propos de tout, dans les leçons, les promenades, les récréations, aux heures où le maître se sent lui-même « en veine d'enthousiasme ».

En résumé, l'instituteur doit être moins un homme instruit, dans le sens étroit et ordinaire de ce mot, qu'un excitateur d'intelligences, qu'un allumeur d'âmes : « Il faut être, a dit encore Pécaut, un artiste par excellence, pour bien modeler des hommes ».

LECTURES

A. Bain. La science de Véducaiion, ch. vi. — George Sand. Histoire de ma vie, ^ M*« Necker de Saussure. Véducalion progressive, t. II, liv. VI, ch. viii et

240 PSTCHOLOGIB APPLIQUÉE A L'ÉDUCATION

IX. — Etudes de la vie des femmes, t. II, liv. II, ch. — Maillet. Éléments de psychologie de Vhomme et de Venfant. ~ Fénélon. Véducation des filles, ch. Ti. — Féux Pécaut. Véducation publique et la vie nationale, p. 93.

SUJETS A TRAITER

1. Commenter cette pensée de M»* Necker de Saussure : « Exercer l'imagi. nation est aussi nécessaire que de la contenir, et peut-être ne la contient-on que quand on l'exerce. »

2. Les contes et les fables. Leur importance dans l'éducation ; précautions à prendn.

3. Influence de la poésie sur l'imagination et applications pédagogiques.

4. L'enseignement scientifique est-il propre à cultiver Timagination des enfants ? En tirer des conclusions pratiques.

5. Du goût de Venfant. pour les histoires, les contes de fées, le merveilleux.

Page 1