‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 75 sur 133 · LE RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

LE RAISONNEMENT

I. Nature du raisonnement. — Du jugement au raisonnement, le passage est insensible et constant. Dans la réalité, les deux opérations ne se séparent guère.. Il est rare qu'un jugement soit isolé; presque toujours il se relie à ceux qui le précèdent, il prépare ceux qui le suivent : c'est ce que montrent les particules or, donc, en effet, etc., dont l'usage est si fréquent dans le discours et qui sont, dit Bossuet, « la marque indubitable du raisonnement ».

Raisonner, c'est juger de ce que l'on ne connaît pas par comparaison avec ce que Ton connaît; en d'autres termes, c'est conclure du connu à l'inconnu ou inférer l'inconnu du connu. Par exemple, sachant que je suis homme, j'en conclus que je suis mortel; découvrant dans une plante inconnue tous les caractères d'une euphorbiacée, je juge qu'elle doit être vénéneuse, etc.

U s'ensuit que tout raisonnement se compose d'au moins deux jugemwits : l'un qui en est le principe et qui exprime une chose connue ou admise par avance; l'autre qui en est la conclusion et qui expripie la chose connue ou admise comme conséquence de la première.

Comme le jugement consiste dans l'aperception d'un rapport, on peut dire que le raisonnemeni; consiste à apercevoir un nouveau rapport par l'intermédiaire d'un ou de plusieurs autres rapports dont il est la conséquence, qu'il est l'aperception médiate d'un rapport, en définitive, qu'il est un jugement médiat. Gela est surtout sensible dans les raisonnements mathématiques. Soit par exemple les rapports ou jugements immédiats, A =B, B = G, le raisonnement consiste à les rapprocher et à en tirer ce rapport ..^jugement médiat, A = G.

Dès lors, nos connaissances peuvent se diviser en deux catégories. Les unes sont intuitives, c'est-à-dire s'obtiennent sans

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intermédiaires, ce sont comme des vues directes de Tesprit, exemple : le tout est plus grand que la partie. Les autres sont discursives, c'est-à-dire demandent une démarche plus ou moins longue de la pensée et ne peuvent s'effectuer que par une série d'intermédiaires, exemple : le troisième côté d'un triangle est plus petit que la somme des deux autres. L'intelligence ressemble alors à un homme qui, âe pouvant franchir d'un seul bond un ruisseau trop large, est obligé d'y mettre des pierres et d'atteindre ainsi l'autre rive par une série de sauts successifs.

II. Rôle du raisonnement. — Le raisonnement a dans l'intelligence un triple rôle.

1® Il sert à découvrir des vérités encore inconnues; tels et tels laits que nous observons deviennent pour nous des indices d'une loi générale qui, par sa nature même, échappe à toute observation; d'une propriété donnée dans un objet, nous inférons une autre propriété que nous ne voyons pas; le passé nous révèle l'avenir, etc. Le raisonnement étend ainsi indéfiniment le champ de nos connaissances. Dans cette fonolion, il est presque inséparable de l'imagination constructive ou créatrice. C'est par le raisonnement, joint à l'imagination, que le mathématicien trouve la solution des problèmes de géométrie ou d'algèbre, que le géologue reconstitue les périodes de la vie passée de notre planète, que le paléontologiste reconstruit les squelettes des animaux disparus, que le policier refait l'histoire d'un crime et découvre le criminel, etc., etc.

2*» Le raisonnement sert à prouver des vérités encore incertaines. Ainsi, en géométrie, c'est par une suite plus ou moins prolongée de raisonnements qu'on prouve tous les théorèmes, et cette façon de prouver s'appelle démonstration. Dans les sciences, la preuve importe peut-être plus que la découverte : ame vérité n'y passe pour telle qu'à partir du moment où elle a été prouvée. Aussi, Bossuet, considérant cette fonction comme la principale, a-t-il dit que a raisonner, c'est prouver une chose par une autre ».

8*» Enfin, le raisonnement sert à expliquer ou à comprendre les vérités encore obscures. En effet, une vérité peut être connue et cependant n'être pas comprise; on en voit les indices et les preuves; on n'en voit pas encore les raisons. Comprendre une vérité, c'est savoir qu'elle a sa raison dans une autre vérité, c'est savoir qu'elle en est la conséquence, c'est donc raisonner. Cette troisième fonction du raisonnement est la plus haute; c'est à elle

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qu'il doit son nom. Raisonner, cela veut dire connaître les raisons des choses, en d'autres termes, voir comment les choses dépendent les unes des autres, apercevoir leurs relations intelligibles.

III. Espèces de raisonnement. — Le raisonnement se présente sous deux formes différentes : Induction et DédticHon.

Tantôt, ce qui nous est d'abord connu, ce sont des faits particuliers, en plus ou moins grand nombre, et nous en tirons une vérité générale : c'est alors Yinduction, Induire, c*est conclure du particulier au général, c'est d'un nombre plus ou moins grand de faits observés tirer une loi générale. Exemple : ce bois, ce fer, ce cuivre, etc., se sont dilatés quand on les a chauffés; donc, la chaleur dilate les corps.

Tantôt au contraire, ce qui nous est d'abord connu, c'est une vérité générale, et nous en tirons une vérité particulière : c'est alors la déduction. Déduire, c'est conclure du général au particulier, c'est d'une vérité générale préalablement connue ou supposée inférer une vérité moins générale. Exemple : tout corps chauffé se dilate; or, le verre d'une lampe qu'on allume esl chauffé; donc, ce verre se dilate.

On pourrait admettre une troisième forme du raisonnement, le raisonnement par analogie, qui consisterait à conclure d'un cas particulier à un autre cas particulier en raison d'une ressemblance ou analogie existant entre l'un et l'autre. Par exemple : la terre est habitée, Mars et Vénus sont analogues à la terre, donc. Mars* et Vénus sont habités. Ce mode de raisonnement est très fréquent chez les enfants. Il se ramène au fond à une induction et à une déduction superposées. Ainsi, de ce que la terre est habitée, l'esprit conclut plus ou moins consciemment que toute planète analogue à la terre est habitée (induction) ; et de ce que toute planète analogue à la terre est habitée, il conclut de même que Mars et Vénus sont habités (déduction).

11 n'y a donc, en définitive, que deux types de raisonnement.

IV. L'induction. — L'induction est une sorte de généralisation ; la généralisation ordinaire a pour résultat des idées générales : idées de gaz, de volume, de pression, etc.; l'induction a pour résultat des propositions générales, des lois : loi de Mario tte (les volumes d'un même gaz sont en raison inverse des pressions qu'il supporte, etc., etc.).

Distinguons d'abord l'induction spontanée ou vulgaire de Tinduction réfléchie et scientifique.

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L'induction ipontanée est celle des esprits sans méthode. Elle consiste à conclure d'un certain nombre (le plus souvent d un petit nombre) de cas à tous les cas d'un même genre, en raison de leur seule ressemblance et sans que les cas sur lesquels elle I se fonde aient été analysés dans le but de découvrir la cause ou la raison de .leur ressemblance. Exemple : ce corps en mouve* ment s'est arrêté, cet autre aussi, et cpt autre encore (mais pourquoi se sont-ils arrêtés? on ne se le demande pas, on ne le , recherche pas); donc^ tout corps en mouvement finit par s'arrêter.

L'induction réfléchie ou scientiflque se fait selon les règles d'une méthode rigoureuse. Elle consiste à conclure d'un certain nombre de cas (ordinairement le plus grand nombre possible) à tous les cas du même genre, en raison de la cause commune qui e^iique leur ressemblance. Elle analyse par conséquent les cas sur lesquels elle se fonde, dans le but de découvrir cette cause. Exemple : ce corps en mouvement s'est arrêté, cet autre encore, ils se sont tous arrêtés (mais pourquoi?) à cause delà seule résistance du milieu : donc tout corps en mouvement ne s'arrête que par l'effet de la résistance du milieu. D'où cette conséquence, absolument opposée à celle de l'induction précédente, et qui est vraie^ tandis que l'autre est fausse, malgré sa vérité apparente : tout corps en mouvement continue à se mouvoir indéfiniment tant qu'il n'en est pas empêché par une cause extérieure.

L'induction vulgaire n'est pas toujours et nécessairement fausse ; mais quand elle est vraie, on peut dire que c'est par accident, et par suite elle n'a aucune valeur logique; elle ne prouve rien, c'est à proprement parler ce que les logiciens appellent un sophisme, le sophisme du dénombrement imparfait. D'un petit nombre de cas, elle conclut, avons-nous dit, à tous les cas du même genre; mais le nombre fût-il aussi grand qu'on voudra, elle n'en serait pas moins incertaine. Cette induction : <c tous les cygnes sont blancs », était déjà douteuse, même avant qu'on eût découvert en Australie des cygnes noirs, et cependant elle était le résultat d'une expérience constante et universelle.

L'induction scientifique repose sur la croyance à l'invariabilité nécessaire des lois de la nature, c'est^-dire des rapports qui font dépendre les phénomènes naturels les uns des autres. Le savant croit non seulement que rien n'arrive sans cause, mais encore que les mêmes causes produisent toujours et nécessaire-

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ment les mêmes effets. D'où il s'ensuit que, si nous avons une fois réussi à prouver qu'un certain phénomène A est bien la cause d'un autre phénomène B, dans tous les cas où il aous a été possible de les observer, nous avons le droit d'affirmer que partout et toujours, et nécessairement, A sera la cause de B.

Toutes les grandes lois de la physique, de la chimie, de la biologie, etc., lois de la chute des corps, des oscillations isochrones, des attractions et des répulsions électriques, lois des proportions définies, des proportions multiples, etc., etc., ont été découvertes grâce à l'emploi du procédé inductif. Des esprits investigateur? ont d'abord attentivement observé des faits et saisi des rapports fondamentaux; ils ont ensuite soumis leurs observations au contrôle d'expériences nombreuses et variées qui leur ont démontré l'invariabilité de ces relations essentielles,, et enfin ils ont affirmé ces rapports dans des formules claires et précises.

La connaissance scientifique des lois de la nature a une triple utilité.

1^ Elle permet de comprendre, d'expliquer les phénomènes. Si tel fait s'est produit, c'est en vertu de telles causes, visibles ou cachées. « La véritable science, a dît Bacon, c'est la science des causes. »

2* Elle permet de prévoir les phénomènes avec certitude. Telles causes étant données, tels effets s'ensuivront nécessairement, (c Celui, dit Plotin, qui annonce les mouvements des planètes, les effets de certains remèdes, fait une espèce de prophétie naturelle. »

3** Enfin, elle permet de provoquer les phénomènes, de les empêcher, de les modifier à volonté. Qui tient la cause en son pouvoir suscite ou supprime l'effet à son gré. « On commande à la nature, dit Bacon, en obéissant à ses lois. La puissance de l'homme est en raison de sa science. »

Toute induction se compose des mêmes opérations intellectuelles.

1^ L^esprit compare un certain nombre de faits entre eux,, et il y aperçoit un rapport constant de coexistence ou de succession : tous les hommes que j'ai^ observés ou dont j'ai entendu parier étaient mortels.

^ L'esprit interprète ce rapport comme signe d'une loi, c'estrà-dire d'une liaison essentielle et nécessaire : ils étaient mortels parce qu'ils étaient hommes. Dans Finduction vulgaire, cette seconde phase de l'induction est très rapide, à peine consciente, presque nulle. Dans l'induction scientifique au contraire, elle est extraordinairement

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développée ; car, avant d'affirmer que le rapport constaté par l'observation est en effet un rapport essentiel et nécessaire, un rapport de causalité, le savant épuise tous les procédés de la méthode.

30 Enfin de la nécessité de la loi connue ou supposée, il conclut à la généralité du rapport ; donc, tout homme est mortel.

Par conséquent, au point de vue scientifique, la question capitale est de savoir si, lorsque deux faits s*accompagnent constamment Tun l'autre, c'est là une simple coïncidence ou si c'est un véritable rapport de causalité. Pour résoudre le problème, les savants observent certaines règles dont l'ensemble constitue ce qu'on appelle la méthode inducHve, Elles ont été déterminées d'abord par Bacon, plus tard par Stuart Mill et aussi par le grand savant français Claude Bernard.

Selon Bacon, le savant doit d'abord recueillir le plus grand nombre possible de cas au moyen de l'observation et de l'expérience, puis il doit distribuer tous ces cas sur trois listes ou tables.

Dans la table de présence, il mettra tous les cas où se produit le fait dont il cherche la cause, et il notera les circonstances, principalement les antécédents présents. Par ^exemple, si ses recherches portent sur la rosée, il notera tous les ,cas dans lesquels il s'est produit de la rosée.

2^ Dans la table d'absence, il mettra tous les cas plus ou moins semblables aux précédents, où néanmoins le fait ne se produit pas, et il notera les antécédents présents et absents ; par exemple, tous les cas où la rosée ne s'est pas produite, avec les circonstances adjacentes.

3<> Enfin dans la table de degrés ou de comparaison, il mettra tous les cas où le fait croit et décroit, et il notera les antécédents qui croissent ou décroissent en même temps ; par exemple, les quantités de rosée produite.

Puis il faudra dépouiller ces trois tables et rechercher s'il n'j a pas quelque antécédent qui soit toujours présent et absent, en même temps que le fait dont on recherche la cause et qui décroisse en même temps que lui. On devra, pour le découvrir, éliminer successivement tous les antécédents qui ne remplissent pas les conditions requises jusqu'à ce qu'on en trouve un qui les remplisse.

Stuart Mill a remplacé les trois tables de Bacon par ce qu'il appelle les quatre méthodes de concordance, de différence, des variations concomitantes et des résidus, mais sa théorie ne diffère pas essentiellement de celle de Bacon.

En effet la méthode de concordance cherche deux cas tels qu'ils concordent uniquement par la présence d'un même antécédent, et elle conclut que cet antécédent est la cause cherchée : elle équivaut donc à la table de présence.

La méthode de différence cherche deux cas qui diffèrent uniquement par la présence et l'absence d'un même antécédent et elle en conclut que cet antécédent est la cause cherchée : elle équivaut donc à la table d'absence.

La méthode des vainations concomitantes cherche deux ou plu-

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sieurs cas tels qu'un même antécédent y varie et y varie seul en même temps que le phénomène étudié, et elle en conclut que cet antécédent est la cause cherchée : elle équivaut à la table de degrés.

Quant à la méthode* des résidus, qui consiste à chercher un cas où un antécédent inconnu se combine à des antécédents connus et à lui attribuer l'effet dont la cause est inconnue, elle n'est qu'un cas particulier de la méthode de différence où le raisonnement remplace en partie l'expérimentation.

Pour Claude Bernard, la méthode expérimentale se compose de quatre procédés qui doivent se suivre et se compléter mutuellement dans l'ordre suivant : observation, hypothèse, expérimentation et induction.

Le savant observe d^abord les faits, mais avec le désir de voir sortir de cette observation une hypothèse qui les lui explique, et cette hypothèse c'est la conception anticipée d'une cause capable de les produire. Ainsi la première opération ne se suffit pas à elle-même ; elle prépare la seconde dans laquelle elle s'achève. A son tour, celleci prépare la troisième : l'expérimentation. De l'hypothèse, le raisonnement — un raisonnement que Claude Bernard appelle expérimental — tire des conséquences susceptibles d'être immédiatement soumises au contrôle de l'expérience. Et c'est ici qu'interviennent les tables de Bacon et les méthodes de Stuart Mill. Si la cause supposée, se dit le savant, est bien la cause véritable, il suffira de Tintroduire dans un milieu artificiel suffisamment simple et constant pour y voir apparaître son effet présumé, ou au contraire il suffira de la retrancher d'un milieu d'où elle disparaîtra seule pour voir son effet présumé s'évanouir en même temps, ou enfin il suffira de la faire croître ou décroître pour que son effet présumé croisse et décroisse avec elle. Ainsi l'hypothèse se trouve immédiatement confirmée ou infirmée par l'expérimentation. De celle-ci donc résulte en quelque sorte immédiatement l'induction, car lorsque ûous sommes bien certains qu'une cause que nous avons vue et fait agir dans des conditions posées par nous-mêmes a produit un certain effet, nous pouvons généraliser sans crainte et affirmer que partout et toujours cette même cause produira ce même effet.

On voit quelles précautions infinies prennent les savants pour se donner le droit d'énoncer la moindre proposition générale, et combien leurs inductions diffèrent de l'induction hâtive et téméraire de la plupart des hommes auxquels une simple poignée de faits suffît pour étayer des affirmations universelles.

V. La déduction. — La déduction consiste à conclure, avonsnous dit, d'un jugement général à un jugement particulier.

En possession de principes évidents par eux-mêmes, de vérités générales induites de l'expérience ou môme de simples hypothèses . marquées d'un certain caractère de généralité, l'esprit descend aux conséquences particulières qui en dérivent.

La forme rigoureuse du raisonnement déductif est le syllogisme y qui a été étudié par Aristote et dont voici un exemple très simple : Tout homme est faillible, un roi est un homme, donc un roi est faillible.

Il se compose de trois propositions telles que si Ton admet les deux premières, on est forcé d'admettre la troisième. Celle-ci s'appelle conclusion ; les deux autres s'appellent prémisses.

A leur tour, ces trois propositions sont formées par la combinaison de trois termes ou idées qui sont : 1^ le terme faillible, qui est le plus génél'al des trois et que pour cette raison on appelle le terme majeur ; 2^ le terme roi, qui est le moins général, ou • terme mineur ; 3* le terme homme, qui a une généralité intermédiaire, et qu'on appelle le moyen terme.

La première prémisse consiste dans la comparaison du moyen et du majeur : Tout homme est faillible ; on l'appelle majeure.

La seconde consiste dans la comparaison du moyen et du mineur : Tout roi est homme ; c'est la mineure.

Enfin la conclusion établit et affirme le rapport entre le mineur et le majeur.

La forme déductive réduite au syllogisme a ses avantages et ses inconvénients :

1** Elle dépouille le discours de tout ce qu'il a d'artificiel et de surabondant, pour ne mettre en relief que les parties absolument indispensables. L'argumentation se présente ainsi dans toute sa simplicité à l'esprit qui peut en distinguer nettement les erreurs ou les faiblesses.

2** Elle communique à la langue elle-même ces qualités de concision, de netteté et de rigueur qui sont les qualités essentielles de la langue française, formée d'ailleurs en grande partie à l'époque où la scolastique employait le syllogisme comme instrument universel d'exposition et de discussion dans les écoles.

En revanche : l** Elle est impuissante à nous donner la connaissance de toutes les vérités générales, laquelle ne peut être acquise que par l'observation des faits particuliers. On peut même dire que, si la forme déductive était seule en honneur, comme au moyen âge, les sciences physiques et naturelles et par conséquent les arts industriels ne feraient aucun progrès, et rhumanité admettrait encore comme des vérités indiscutables des opinions que re3q)érience a formellement démenties, comme celle de la prétendue horreur de la nature pour le vide. .

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