LE RAISONNEMENT
2* En outre, elle accoutume Tesprit à attacher plus d'importance à la forme des propositions qu'à leur sens. Elle substitue une sorte d'algèbre abstraite et vide à la réflexion vivante de l'esprit sur ses propres idées ou à l'observation directe des faits. Elle forme des dialecticiens subtils, non des penseurs profonds et sérieux.
La déduction peut se présenter sous deux formes : Tune directe ou descendante qu'on appelle quelquefois synthétique ; l'autre, réflexe ou ascendante, qu'on appelle quelquefois analytique.
Tantôt en effet, un principe général étant donné, l'esprit cherche quels sont les cas particuliers qu'il peut en déduire ou auxquels il peut en faire l'application. Par exemple, sachant que la chaleur dilate les corps, on cherchera quels sont tous les cas, plus ou moins différents les uns des autres, dans lesquels les corps sont chauffés, et l'on découvrira par là même autant de cas, dont beaucoup encore inconnus ou inexpliqués, où ils se dilatent.
Tantôt au contraire, un cas particulier étant donné, l'esprit s'efforce de le comprendre, d'en connaître l'essence, les causes ou les effets : d'un caractère qu'il y démêle, il conclut donc à un ensemble de caractères ; d'un fait qu'il observe, à d'autres faits qui ont précédé ou qui vont suivre, et pour cela il applique à ces cas particuliers des lois connues ou supposées.
On voit que, dans cette sorte de àeauciion, l'esprit retourne et remonte en quelque sorte du cas particulier à la loi générale ; mais ce n'est pas une raison pour la confondre, comme on le fait trop souvent, avec l'induction.
LECTURES
SiUAfiT MiLL. Système de logique» traduction Peisse, 1. 1, p. 416, 418, 420. — MicHELET. Le peuple, ch. IV. — A. Binet, La psychologie du raisonnement. — E. Rabier. Leçons de logique, p. 108, 110, 138, 141. — Herschell. Discours sur Utudede la philosophie naturelle» p. 112, 115. — Claude Bernard. Introduo» tion à l'étude de la médecine expérimentale, p. 101, 137 passim, p. 226, 242 passim.
SUJETS A TRAITER