‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 79 sur 133 · LA PEDAGOGIE DU RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

LA PEDAGOGIE DU RAISONNEMENT

principe de la numération, c'est leur faciliter Tintelligence de l'arithmétique tout entière, seront enseignées tout d'abord par des procédés concrets.

Ainsi chaque exercice fait à Taide d'objets sera ensuite répété avec des nombres suivis du nom de l'unité choisie et enfin avec des nombres abstraits. C'est ici surtout qu'il convient de se hâter avec lenteur et de multiplier les exercices de chaque série avant de passer à ceux de la série immédiatement suivante ; c'est ici que les interrogations individuelles et collectives^ qui entretiennent l'émulation dans la classe, peuvent être employées avec succès.

Les quatre opérations, et môme toutes les parties de l'arithmétique, doivent ainsi être enseignées en passant graduellement du concret à l'abstrait.

Toutefois, si Ton trouve assez souvent dans les écoles des élèves qui exécutent avec une certaine facilité au tableau noir ou sur le papier les quatre opérations de l'arith^iétique, sauf peuirêtre la division, on en trouve plus rarement qui aient une vue rapide et personnelle des principaux nombres, de leurs rapports et de leuri^ différents modes de formation ; et cependant c'est par là que l'arithmétique a une haute importance comme moyen d'exercer et d'assouplir le raisonnement chez l'enfant. Gela prouve qu'on n'emploie pas dès le début les moyens propres à faire comprendre aux élèves ce qu'on leur enseigne, c'est-à-dire les moyens intuitifs qui leur permettent de saisir par degrés les idées abstraites des nombres, et qu'on les exerce à faire des opérations avec des nombres trop grands dont ils n'ont aucune conception claire ; souvent aussi qu'on leur donne à résoudre des problèmes dont les données entièrement étrangères à leur propre expérience n'ont pour eux ni signification ni intérêt.

Donc, passer graduellement du concret à l'abstrait, multiplier les exercices, surtout les exercices de calcul mental, débuter toujours par des nombres très simples à la portée des enfants et leur apprendre à y ramener tous les autres ; enfin leur proposer des problèmes dont ils puissent comprendre le sens et la portée pratique, telle est la méthode rationnelle d'enseignement de Tarithmétique, où la déduction doit être perpétuellement dirigée et contrôlée par le bon sens.

3* L'étude des sciences physiques et naturelles développe partiellement le raisonnement inductif.

284 PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE A l'ÉDUGATION

L'induction a pour base l'observation, soit directe et en quelque sorte passive, soit préparée et provoquée, c'est-à-dire l'expérimentation.

Faire observer les laits aux élèves, leur faire reproduire, si possible, ces faits pendant les leçons à Taide d'expériences très simples, provoquer par des interrogations leurs réflexions et leurs réponses et les amener ainsi par degrés à dégager les vérités générales et essentielles des faits particuliers plus ou moins compliqués de circonstances accidentelles, telle est la marche à suivre.

Cette méthode offre dans la pratique de grandes difficultés. D'abord elle exige un certain outillage qu'il n'est pas toujours facile de se procurer, quelques appareils, quelques échantillons de différentes substances, l'organisation d'un petit musée et l'acquisition de gravures, de dessins destinés à être placés sous les yeux des enfants lorsque les objets eux-mêmes font défaut.

Puis, en supposant que le maître ait à sa disposition les objets nécessaires, il lui faut prendre garde de ne pas transformer la leçon en une sèche énumération de mots, de |ne pas enseigner aux élèves ce qu'ils savent déjà ou au contraire de ne pas considérer comme connus des laits ipnriorés d'eux. Il doit éviter les digressions intempestives et s'abstenir de toute explication que les enfants ne peuvent pas comprendre. Enfin ses leçons doivent se succéder dans un ordre logique. Dans ces conditions, l'étude des sciences inductives a pour effet de réprimer plus que toute autre la tendance naturelle à trop généraliser et à généraliser trop vite et à la légère.

Ces habitudes de circonspection et de méthode, une fois acquises, grâce à l'enseignement scientifique, se retrouveront partout ailleurs, même dans Texamen des questions politiques et sociales, qui demandent, plus que toutes autres, à être étudiées avec prudence et discernement, et que les ignorants tranchent cependant avec tant de promptitude et de hardiesse.

LECTURES

Bertrand. Eloges, t. I. p. 79, 83. — M»» Neckbr de Saussure. Véducation progressive, t. H liv. V, ch. ii et vi. — John Locke. Quelques pensées sur Véducation, traducUon Compayré, section viii, p. 110. — Bernard Pérez.LV^ucation intellectuelle dès le berceau, p. 183, 204. —P. Janet. Cours de psychologie et de morale, ouvrage déjà cité, p. 269, 272. — Félix Pécaut. Véducation publique et la vie nationale, p. 63.

LA PÊDAGOGIS I>I7 HAl^ONNSMtNf

SUJETS A TRAITKH

1. L'esprit scientifique; ses bons effets et ses Uangem. Qommenl f»ut \\ lévelopper normalement chez Tenfant?

2. Commenter cette parole de Rivarol : « Un Instrument e»t un rtilMAuniiiiient qui a pris une forme éclatante et visible. »

3. Influence de l'étude méthodique de la langue maternelle «ur le d^vi^luppement du raisonnement chez l'enfant.

4. Gomment Tétude de la géographie physique contrlbue-t-ellei uuitHUOi'nl firme Jsimes Sully, à former le raisonnement chez l'eufAntl

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