LE LANGAGE RAPPORTS DU LANGAGE ET DE LA PENSÉS
I. Les signes. — La pensée humaine est inséparable du langage, qui sert non seulement à l'exprimer, mais encore à la former.
Les éléments du langage s*appellent signes. D'une manière générale, on entend par signe tout fait sensible qui nous révèle un autre fait, lequel, par nature ou par accident, ne tombe pas sous les sens. La rougeur est signe de la honte; la fumée est signe du feu.
L'intelligence humaine peut transformer en signes tous les phénomènes que des rapports nécessaires lient entre eux. L'interprétation de ces signes se fait par association des idées et raisonnement : le signe suggère par association Tidée de la chose signifiée, et de Texistence du signe, le raisonnement conclut à l'existence de la chose.
II. Les signes naturels et artificiels. — L'homme n'interprète pas seulement les signes; il en produit, il en invente lui-même.
En effet, tous les états de conscience tendent plus ou moins, à se manifester, à s'exprimer au dehors, par des phénomènes corporels, soit visibles (physionomie, gestes, etc.), soit oraux (cris, chants, paroles, etc.). Ils ont donc leurs signes propres qui sont de deux sortes : naturels et artificiels.
Les signes naturels expriment surtout et directement les états de sensibilité (sensation, émotion, besoin, peut-être aussi volonté.) Gomme ils sont liés par la nature même aux états qu'ils signifient, tous les hommes les emploient et les comprennent sans conventions et sans apprentissage, ils forment une sorte de langue universelle, très expressive et très confuse à la fois, impropre à l'échange des idées, très propre à la communication des sentiments.
Les signes artificiels n'expriment directement que les opérations de l'intelligence; ils sont intellectuels et non affectifs. Le