Petit lapin ; nourriture ordinaire. Depuis
heures, œdème d'une extrémité inférieure . . . 13,75 »
4. Petit lapin, atteint, depuis plusieurs jours, de collections purulentes entre les muscles abdominaux, sans plaie à la peau (résorption purulente) 24,0 »
5. Petit lapin , avec injection de 4,5 gr. de dextrine dans la cavité féritoniéaU 27,5 »
6. Lapin plus grand , qui a mangé, 4 heures avant sa mort , beaucoup de pain blanc , dont le pouvoir peptogénique a été essayé sur un cbien . 36,0 »
Ces faits , que je pourrais augmenter à loisir , suffiront pour nous fixer sur les points suivants;
De petites doses de dextrine, injectées en lavements, communiquent à l'estomac , du moins passagèrement , un pouvoir digestif très-prononcé, plus prononcé que ne le font les mêmes doses de dextrine, prises par la bouche.
Les lavements répétés n'ont pas d'action cumulative (comme il résulte de l'avant -dernière série) , mais peuvent maintenir l'estomac continuellement dans une activité rehaussée, de manière à rendre la digestion plus rapide et plus complète. — L'appétit des animaux ne paraît pas augmenter dans ces cas.
Avant de quitter ce sujet, permettez-moi de citer encore, à l'appui des premiers faits relatifs aux injections des peptogènes dans le sang, quelques observations confirmatives sur des chats.
L'infusion de l'estomac d'un chat, tué 14 à 16 heures après un repas préparatoire abondant , ne digère pas plus de 20 à 27 gr. d'albumine.
Mais si l'on injecte de la dextrine dans l'une des veines jugulaires d'un chat éthérisé dont l'estomac est épuisé par une digestion préparatoire copieuse , l'infusion stomacale digère environ 80 gr. d'albumine.
Dans d'autres expériences parallèles j'ai fait faire à plusieurs chats un repas abondant de leur met favori (par ex. de cœurs de poulets) et j'ai injecté dans les veines d'autres chats, à jeun, une solution très-concentrée de dextrine. Les uns et les autres ont été sacrifiés 6 à 7 heures après le repas ou après l'injection. Je m'attendais à trouver l'estomac des chats avec injection, plus saturé de pepsine que celui des autres; mais, malgré la concentration de la solution injectée, les estomacs surpris en pleine digestion d'un repas de viande, se sont montrés tout aussi actifs que les premiers. La quantité d'albumine dissoute était à-peu-près la même dans les deux cas.
On pourrait déduire, de tous ces faits, des données pratiques d'une certaine importance pour tout ce qui touche à l'alimentation des animaux utiles à l'homme: mais ce n'est pas ici le lieu de nous occuper de cette question.
VINGT-SEPTIÈIYIE LEÇON.
Sommaire: Absorption des peptogènes par l'inlestin grêle. — Celle absorplion est sans influence sur la sécrétion peplique. — Preuves expérimenlales. — Recherche des causes qui penvenl faire perdre leurs propriélés aux peptogènes dans l'intestin grêle. — Influence de la bile el du suc pancréatique. — Influence du suc intestinal. — Ces liquides ne modiflenl pas les peptogènes. — Les peptogènes injectés dans les veines mésentériques chargent l'estomac. — Influence du système lymphatique. — Les peptogènes perdent leurs propriétés dans les glandes mésentériques ou dans le trajet compris entre ces glandes et le conduit thoracique. — Développements relatifs à la théorie du mode de la sécrétion peptique. — Défaut de pepsine dans l'estomac vivant, épuisé par une digestion copieuse. — Ce défaut n'est que relatif. — Description des eO"ets du repas préparatoire. — Indigestion par excès de nourriture. — EQ°ets du repas insuftisanl. — Production de pepsine dans l'inanition.
Messieurs ,
Nous avons vu que les substances peptogènes, injectées directement dans le sang ou absorbées par l'un des points suivants de l'organisme: estomac, rectum, cavités séreuses, tissu cellulaire souscutané, ont la propriété de provoquer, à l'intérieur de la muqueuse gastrique , la production du ferment digestif. Je récapitule à dessein les régions dans lesquelles l'absorption des peptogènes s'est montrée efficace flans nos expériences , car rien ne nous prouve que cette absorption, par quelque point de l'organisme qu'elle se fasse, ait toujours et nécessairement pour effet de charger l'estomac. Si tel était le cas, la faculté digestive de l'estomac serait en quelque sorte illimitée , et il serait impossible d'expliquer l'indigestion par excès de nourriture. En effet,
les produits de toute digestion stomacale étant eux-mêmes des peptogènes, non seulement ils chargeraient l'estomac pendant toute la durée de leur séjour dans cet organe, mais ils continueraient à le charger même après sa complète déplétion, pendant le passage du chyme à travers l'intestin. La pepsine, formée dans l'estomac vide, y resterait emmagasinée indéfiniment , et la digestion la plus copieuse, le re;pas préparatoire le plus abondant n'épuiseraient jamais la provision de pepsine, accumulée dans les glandules gastriques. Au contraire , plus on ingérerait d'aliments , plus aussi on prolongerait la possibilité de l'absorption des peptogènes, et plus on augmenterait la faculté digestive de l'estomac. De cette manière, un excès de nourriture ne serait jamais nuisible et il serait incompréhensible pourquoi précisément après l'achèvement d'une digestion stomacale plus copieuse qu'à l'ordinaire, les parois gastriques ne renferment plus de pepsine.
En étendant nos recherches relatives aux e£Pets de l'absorption des peptogènes, à d'autres districts du tube digestif, nous n'avons pas tardé à découvrir la cause de cette contradiction apparente, et nous pouvons formuler la remarquable loi que voici:
L'absorption normale des substances peptogènes , dans toute la longueur de l'intestin grêle, n'a pas four effet de charger les parois gastriques de pepsine.
J'ajoute cependant que si l'on fait absorber à l'intestin grêle une quantité de peptogènes excessive et de beaucoup supérieure à celle que peut fournir la digestion normale , on observe quelquefois la réapparition d'une trace de pepsine dans l'estomac qui n'en contenait pas auparavant.
Les expériences qui m'ont amené à ce résultat, ont été faites d'après les deux méthodes que vous connaissez; c'est-àdire d'une part sur des animaux vivants, à fistule; d'autre part sur des estomacs d'animaux tués quelque temps après une injection de substances peptogènes dans l'intestin grêle.
Première méthode (Chiens à fistule).
Comme, dans les expériences faites sur des animaux vivants, il s'agissait d'opérer à la fois sur l'estomac et sur l'intestin grêle, j'ai essayé , afin de simplifier autant que possible le procédé opératoire, de réaliser cette double condition à l'aide d'une fistule stomacale, pratiquée dans la région pylorique et permettant d'injecter directement des substances liquides dans le duodénum. Je ne me dissimulais pas les graves difficultés qui font le plus souvent échouer ces sortes d'opérations, pratiquées dans le voisinage du pylore et auxquelles bien peu d'animaux résistent; néanmoins, désireux de connaître les effets de l'absorption des peptogènes dans l'intestin grêle, sans avoir à léser ce dernier en aucun point, je persistai dans mon plan et, après bien des insuccès , je réussis à établir , chez plusieurs chiens , une fistule stomacale telle que la demandait l'expérience.
La plupart des chiens — et le nombre n'en est pas petit — auxquels j'essayai de pratiquer une fistule dans le voisinage immédiat du pylore, succombèrent dès les premiers jours. Plusieurs résistèrent, et chez ceux-ci, je pouvais facilement par la fistule atteindre le pylore avec le doigt. Chez deux chiens qui me servirent également pour ces expériences, la fistule était située plus à gauche, vers le milieu de l'estomac, et trop distante du pylore pour permettre de toucher cet orifice avec le doigt. Chez ceux-ci, il me fallut imaginer un procédé spécial pour faire arriver des liquides dans le duodénum, sans risquer de laisser s'en perdre une partie dans l'estomac, ce qui naturellement aurait faussé les résultats. Voici l'instrument qui m'a servi pour ce but. Il se compose d'un tube de gomme élastique, portant à ses deux extrémités un bouchon de liège perforé au milieu et terminé par un rebord sensiblement plus large que le tube. Deux fortes ficelles traversent le tube et les bouchons, remontent à l'ex-
térieur du tube et sont nouées à son orifice supérieur , où les quatre bouts forment une anse longue de 4 à 5 centimètres. Le tube lui-môme a une longueur de 12 centimètres; son diamètre est d'environ 2 centimètres. Le bouchon correspondant à l'extrémité inférieure (intestinale) du tube porte un renflement plus gros que le bouchon de l'extrémité supérieure (ou stomacale). On introduit ce tube par la fistule dans l'estomac vide , en en dirigeant l'extrémité plus grosse vers le pylore; les quatre bouts des fils sont fixés, par leur anse, au crochet-que porte à l'intérieur le bouchon de la canule. — L'instrument ainsi mis en place, on ferme la fistule et l'on attend 4 à 5 heures. Lorsque , au bout de ce temps, on débouche la canule , l'extrémité supérieure du tube suit le bouchon auquel elle est fixée, mais si l'on essaie de retirer l'instrument tout-à-fait, il arrive un point oiî l'on sent une forte résistance. Cette résistance résulte de ce que le tube a été en partie chassé dans le duodénum par les contractions stomacales et de ce que le renflement du bouchon inférieur se trouve arrêté au niveau du sphincter pylorique. On peut maintenant injecter un liquide par le tube et être sûr que toute l'injection arrivera dans le duodénum , sans toucher aucun point des parois gastriques. Après l'injection , on retire le tube avec force, au moyen des fils qui doivent empêcher le bouchon inférieur de rester en arrière. L'irritation mécanique, exercée de cette manière sur le sphincter pylorique, provoque de nouvelles contractions de cet orifice et prévient efficacement le reflux du liquide dans l'estomac.
Grâce à ce procédé , j'ai obtenu chez tous les chiens , opérés selon le mode indiqué, des résultats parfaitement décisifs.
Par des expériences préliminaires on s'est assuré d'abord que, chez ces animaux, l'estomac vide et épuisé par une digestion préparatoire , digérait tout au plus 0,3 cent. cub. d'albumine en 6 heures. Eh bien! si, dans les mêmes con-
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ditioDS, on injectait dans le duodénum des quantités même assez considérables de bouillon, de solution de dextrine ou de peptone , il n'y avait pas , au bout de 6 heures , de diminution plus marquée de l'albumine introduite dans l'estomac. Si, en revanche, chez les mêmes animaux, une petite quantité de ces substances était injectée dans le rectum ou dans l'estomac, la digestion de l'albumine faisait presque aussitôt des progrès très-notables et proportionnés à la quantité de peptogèue absorbée.
Si l'on ne tient pas expressément à conserver intacte, dans toute son étendue , la muqueuse de l'intestin grêle , on peut arriver à des résultats identiques aux précédents en établissant sur des animaux, déjà porteurs de fistule stomacale, une seconde fistule, soit du duodéuum, soit de 4'intestin grêle, en un point quelconque de sa longueur. Cette opération dont j'aurai à vous parler encore dans une autre partie de ce cours, ne présente pas, à beaucoup près, les dangers de la méthode que je viens de vous décrire, et est en général très-bien supportée par le chien, contrairement à ce qu'en ont dit et écrit la plupart des expérimentateurs. C'est le procédé que je recommanderais à tous ceux qui voudront répéter les expéiaences dont il a été question en dernier lieu.
Deuxième méthode {Infusions stomacales).
A d'autres animaux, préalablement éthérisés , je liais le pylore et j'injectais les peptogènes par une ouverture pratiquée dans le duodénum. Après l'injection , je refermais l'ouverture de l'intestin, à l'aide d'une ligature embrassant exactement les bords de la solution de continuité. Voici quelques-uns des chijffres, obtenus avec l'infusion stomacale des animaux, sacrifiés quelque temps après l'injection.
Deux petits chiens, de la même portée, sont mis eu expérience 17 heures après un repas préparatoire abondant.