SUPPLÉMENT AUX LEÇONS XI ET XTI DU VOL
et émet la supposition suivante qui probablement est juste : — L'irritation galvanique ou mécanique du nerf sensible a pour effet de faire contracter une foule de vaisseaux non observés, et très-souvent aussi l'artère même que l'on examine. De là un obstacle dans la circulation capillaire et une pression plus grande dans les grosses artères. Mais, remarque importante, cette augmentation de pression ne se maintient que pendant quelques secondes, et c'est lorsque le niveau du manomètre s'abaisse que survient la dilatation vasculaire , laquelle peut exister encore , lorsque la pression est redescendue jusqu'au degré qui existait avant l'irritation. Il est donc évident, suivant M. Lovén , que ce n'est pas l'augmentation de pression qui détermine la dilatation vasculaire. L'auteur, dans la suite de son travail, émet la théorie que c'est l'irritation sensible qui tantôt affaiblirait, tantôt renforcerait, par action réflexe, la tonicité des vaisseaux en rapport avec les terminaisons du nerf coupé. La constriction initiale correspondrait au renforcement, la dilatation initiale à l'affaiblissement réflexe de la tonicité de l'artère auriculaire. —
M. Lovén, on le voit, subordonne à l'irritation sensible la diminution de la tonicité vasculaire, cause de l'hypérémie observée. Mais en ceci il parait oublier que , de son propre aveu , le nerf auriculo-cervical est \m nerf vasomoteur dont l'irritation, à l'état normal , fait contracter les vaisseaux de l'oreille. ( C'est à cette seule occasion que l'auteur cite M. Schiff, on confirmant un fait découvert par lui et souvent contesté par d'autres auteurs). La section du nerf auriculo-cervical doit, en conséquence, diminuer la résistance de l'artère auriculaire , indépendamment de toute irritation sensible et antérieurement à cette dernière. Cette possibilité admise, il resterait à voir si, sans autre preuve, l'augmentation de pression, observée dans les expériences de M. Lovén, peut être mise hors de cause dans la production de la dilatation vasculaire. Car, pourrait-on dire, le vaisseau , quoique privé d'une partie de sa tonicité par la section d'un de ses nerfs constricteurs, est encore en état de se resserrer pour quelques secondes sous l'influence d'une action réflexe; mais bientôt, épuisé par cette constriction momentanée , il cède à l'onde sanguine qui , à ce moment, se trouve encore sous une pression légèrement augmentée par rapport à l'état qui a précédé l'irritation sensible. Le resserrement initial serait alors dû à l'activité des autres nerfs constricteurs non paralysés, mais l'ensemble de leur activité ayant été affaibli par la section de l'un d'entre eux; la pression du sang,