TOME DEUXIÈME
530 PHYSXOLOGIR DE LA nIGESTIO^■.
quoique redescendue à-peu-près à sa valeur primitive, pourrait néanmoins suffîre pour vaincre la résistance diminuée du vaisseau et pour le dilater passivement. L'augmentation de pression, bien que n'étant que relative , gérait alors néanmoins une des causes directes de la dilatation vasculaire. M. Lovén lui-même ayant formulé la règle ( pag. 6) que la dilatation des vaisseaux est inévitable . chaque fois qu'une dimimilion de leur tonicité coïncide avec une auffmentaiion de la pression sanguine et la dilatation de l'artère auriculaire survenant dans ses expériences avant le retour de la pression sanguine à sa valeur jmmitive , la possibilité que nous venons de signaler, n'est rien moins qu'exclue parle raisonnement de l'auteur, quoique, plus loin, il s'efforce d'établir, par divers arguments, que la dilatation vasculaire, telle qu'elle s'est manifestée dans ses expériences, ne peut pas être attribuée à un épuisement préalable des nerfs constricteurs. Quoiqu'il en soit, la conclusion que nous discutons , ne ressort pas avec une rigueur absolue des données communiquées par l'auteur et c'est tout au plus si elle acquiert un certain degré de probabilité. — La méthode choisie par M. Lovén pour étudier les conditions de la dilatation vasculaire, aboutira toujours à des résultats équivoques, puisque, par la section du nerf vasomoteur, elle crée une altération de la tonicité vasculaire et puisque cette altération rend malaisée sinon impossible l'appréciation des influences que peuvent exercer sur le diamètre vasculaire les variations relatives de la pression sanguine. (Nous disons « relatives » parce que même une pression qui ne varie pas, peut devenir excessive pour un vaisseau qui a perdu une partie de tonicité).
M. SchifF, dès les premiers travaux qu'il a entrepris sur le même sujet, est arrivé par une autre voie, beaucoup plus sûre , au résultat positif que la dilatation active des vaisseaux est un phénomène indépendant de l'augmentation de la pression sanguine. Après avoir décrit, en 1854, en différents endroits de ses publications sur le cœur accessoire de l'oreille du lapin, la dilatation que l'on produit dans les vaisseaux auriculaires en irritant le bout central du nerf auriculo-cervical coupé, il a institué d'autres expériences qui démontrent que certaines excitations qui , chez, l'animal normal, font dilater primairement (sans constriction préalable) tous les vaisseaux visibles à la surface de l'oreille externe, restent sans effet après la section de tous les nerfs vasomoteurs de cette région. Voyant la dilatation faire défaut après une lésion qui abolissait l'innervation des vaisseaux d'un côté , tandis que