‹ Leçons sur la physiologie de la digestionChapitre 35 sur 43 · SUPPLÉMENT AUX LEÇONS XI ET XII DU VOL. I · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT AUX LEÇONS XI ET XII DU VOL. I

le phénomène continuait à se produire, sous l'influence des mêmes excitations, du côté non opéré, M. Schiff crut pouvoir se prononcer définitivement pour l'existence de nerfs vasomoteurs dilatateurs (1). puisque , dans les expériences citées , l'influence équivoque des variations de la pression sanguine était dès l'abord exclue avec toute la rigueur désirable. On voit que M. Lovén , dix ans plus tard, n'a pas réussi à se mettre entièrement à l'abri de cette source d'équivoque, quelque plausible d'ailleurs qu'il ait su rendre son raisonnement. — Si , en effet , l'augmentation de la pression sanguine entrait comme facteur dans la production de la dilatation vasculaii'e et si les nerfs dilatateurs n'étaient pas doués d'une activité intrinsèque, il est de toute évidence que cette dilatation, essentiellement passive, devrait se prononcer avec son maximum d'intensité dans celle des deux oreilles où manquent les nerfs constricteurs et dilatateurs. Or , c'est le contraire qui a lieu. Ce Bont les vaisseaux normaux qui montrent le phénomène de la dilatation, tandisqu'il*cesse de se produire dans ceux des vaisseaux dont la résistance est manifestement affaiblie. — Il est à regretter que le physiologiste de Leipsic n'ait pas songé à corroborer ses résultats à l'aide de cette méthode depuis longtemps connue et qui, plus simple et plus directe que la sienne , lui eût permis de formuler sa première conclusion avec une certitude absolue.

Le second paragraphe est consacré à la 'dilatation artérielle que produit dans l'oreille du lapin l'irritation centrale du nerf auriculocervical coupé. L'auteur commence par exposer quelques points d'anatomie, attendu que, selon lui, il n'existe pas dans la- littérature une description exacte des nerfs auriculaires externes du lapin. Il est très fâcheux que M. Lovén n'ait pas eu sous les yeux l'ouvrage de M. Hannover, paru en 1839 et intitulé : de cartilaginibus, muscuHs , nervis auris externae , etc. Il y aurait trouvé ( pag. 37 et seq.) tous les détails anatomiques désirables, avec des développements que les limites restreintes de son mémoire ne lui ont pas permis de donner lui-même à cet exposé. Nous nous serions abstenu de faire cette remarque, si ce n'était pour justifier l'usage qui a été fait dans ce cours de la terminologie de Hannover, peut-être un peu différente de celle de M. Lovén.

(I) Ferhandlungen der liermr nalurforschenden Ccsellschufl, I806, png. 09 — (Réimprimé dans: Unlersuchunqtn iiher die Zuekerbildung in der Leber, pag. 1b3 el seq.). En iS'oS Bernard a trouvé ia dilalallon active produite par une irritation directe de» nerfs vasculajres.

532 PHYSIOLOGIlî DE LA DIGESTION.

La dilatation des vaisseaux de l'oreille, suite de l'irritation centrale du nerf auriculo-cervical coupé , a été décrite par M. Schiff dès 1854(1), ainsi que nous l'avons indiqué plus haut. C'est postérieurement à cette publication que M. Snellen qui travaillait sous la direction du professeur Douders, d'Utrecht, émit l'opinion que la dilatation vasculaire obtenue dans le mode indiqué, était constamment précédée d'une constriction fugace , pouvant cesser déjà avant l'interruption de l'irritation sensible. M. Snellen, contrairement à M. Scbiff, avait considéré la dilatation vasculaire comme un effet secondaire de cette constriction initiale , constriction qui, selon lui, serait le seul résultat direct de l'irritation sensible. M. Lovén confirme l'existence de la constriction préalable aperçue par M. Snellen; mais oppose à la théorie du physiologiste hollandais line série d'observations destinées à montrer que, dans beaucoup de cas, cette constriction initiale manque et que même dans les cas où elle se vérifie , la dilatation consécutive ne peut pas être causée par un état de fatigue ou â.' épuisement des nerfs constricteurs. Ici encore M. Lovén paraît ignorer que les mêmes faits et la môme argumentation ont servi à M. Schiff, dès 1857 (2), pour réfuter la théorie de M. Snellen , à laquelle du reste il a opposé dès cette époque et en plusieurs endroits de ses publications postérieures, une série d'autres preuves expérimentales que M. Lovén jusqu'à présent n'a pas attirées dans le débat.

L'auteur reproduit les mêmes expériences sur des lapins curarisés. L'empoisonnement par le curare abolissant les mouvements violents des extrémités et du thorax, provoqués chez l'animal par la douleur, M. Lovén pense donner ainsi à ses observations un plus grand degré de pureté. Cependant l'auteur de ces Leçons avait déjà démontré, par une autre méthode, que la dilatation des vaisseaux auriculaires, dans les conditions qui nous occupent, ne peut pas dépendre des mouvements et des soubresauts des animaux en expérience. Il avait vu, en effet, qu'en galvanisant, pendant une seule seconde , chez des cochons d'Inde , le tronçon central de l'auriculo-cervical coupé , on pouvait produire une di-

(!) Archiv. de Tubinguf.

(2) MoR. Scbiff. (Inlersuchungen ùber die Zuikerbildung in der Lebcr. Wurrhurg 1839, pag. 91. (Dan.s ce travail, les mêmes fnil.s expérimenlnux .sonl reprodirl» sur liu» eochons d'Inde). Ce mémoire ii été présenté a l'Académie roy. de Copenhague en 1857' cl un DXlrnil en a éU' public en l)aneniai k ilun.s : Oversigl over dcl hgl. ilaii.vkt ViilinsK. Sel.sk. l-Drliandl. Mh'l. .Vf 8.

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