‹ Leçons sur la physiologie de la digestionChapitre 37 sur 43 · SUPPLÉMENT AUX LKÇ0N3 XI ET XII DU VOL. I · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT AUX LKÇ0N3 XI ET XII DU VOL. I

de la dilatation active dans d'autres parties du corps. Ces expériences, peu nombreuses, n'ont pas abouti à des résultats constants, et rarement même à des résultats évidents. Aussi l'auteur reste-t-il en doute si l'existence de la dilatation active peut être clairement démontrée pour d'autres vaisseaux du corps que l'artère auriculaire et l'artère saphène, et chez d'autres animaux que les lapins. Ainsi il rapporte, à la fin de ce paragraphe, qu'il a essayé de reproduire les mêmes expériences sur des chiens, mais qu'il n'a pas trouvé ces animaux adaptés à ce genre de recherches. S'il a réussi quelquefois à produire chez eux une dilatation vasculaire au moyen des irritations sensibles , cette dilatation se maintenait pendant un temps relativement très-long, sans être suivie du retour des vaisseaux a leur calibre primitif, bien que l'irritation fût interrompue depuis plusieurs minutes. — Nous rappelons , à ce propos, que M. Schiff a déjà signalé la même particularité, touchant la longue durée de la dilatation vasculaire, pour l'oreille du cochon d'Inde. En outre, plusieurs fois, dans ses cours, il a fait passer sous nos yeux des courbes tracées par lui en 1855, représentant graphiquement la marche lentement ascendante et descendante du réchauffement de l'oreille externe du chien, après l'irritation centrale du nerf auriculo-cervical.

Nous passons sous silence les considérations théoriques que M. Lovén , dans le paragraphe suivant , rattache à l'ensemble de

puissent, à l'occasion, montrer une conslriction primalru anulogue à celle que J'iii déjà signalée pour les vaisseaux des exlrémilés postérieures comme la suite inconstante de l'irril.ilion dos racine.s sensibles du plexus .scialiqtie. Seulemenl, pour olilenir dans l'oreille cette consiriclion primaire, indépendante d'un arrêt du cœur, il faut irriter très-fortement le tronçon central de l'auriculo-cervical coupé. En ceci, M. Lovén a donc raison d'ndmeltro , qu'il peut y avoir une consiriclion réflexe des vaisseaux auriculaires, résultant directement de l'irrilalion sensible centrale Ce pliénomène, trcs inconslanl , je le répète, a pu m'échapper quelquefois par la raison toiile simple que, sur les animaux non ethérisés, Je n'ai jamais fait l'expérience autrement qu'en etDeurant le tronçon nerveux avec lu pointe d'une pince fermée ou en le faisant traverser i;ar un courant induit excessivemenl aff.iibli. Mon inlenlion, en opérant ainsi , était d'empêcher, nnlnnl (|ue possible, les ré.iclions douloureu.ses des animaux, les soubresauts brusques et surtout les cris qui, chez le lapin, sont toujours le signe d'une excitation très-vive du .système nerveux. Comme, dans mes expériences sur l'hypérémie active des membres postérieurs, J'opérnis toujours sur des animaux profondément narcolisés et qu'en conséquenee il ni'élalt permis d'employer des irrilanis plus énergiques, l'existence d'une consiriclion initiale des vaisseaux ne pouvait pas aussi facilement se soustraire à mon observation que cela m'est arrivé pour les vaisseaux de l'oreille. ^'

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faits qu'il a observés. Ces cousidérations n'ont pas d'intérêt dans l'état actuel où se trouve cette question. — L'auteur, à la fin de cet exposé, exprime l'espoir que ses recherches, si extraordinairement importantes au point de vue de la physiologie et de la pathologie pratiques, ne manqueront pas d'être assidûment poursuivies. L'histoire a en quelque sorte prévenu le désir de M. Lovén. Abstraction' faite des développements contenus dans ce cours , le lecteur trouvera, dans un jourqal médical de Vienne, de 1859, un article intitulé: de la chaleur fébrile, tendant à montrer le lien intime qui existe entre les phénomènes de la dilatation active et les symptômes périphériques de la fièvre (congestion, rougeur, chaleur). Dans cet article, une partie des documents connus alors sur la dilatation active des vaisseaux, est utilisée (autant du moins que cela pouvait se faire, avant que M. Lovén fût intervenu dans la question), est utilisée, disons-nous, pour l'explication d'une série de phénomènes pathologiques qui, antérieurement déjà, comme on le sait, avaient été à tort interprétés par M. Cl. Bernard comme le résultat d'une paralysie des nerfs vasomoteurs (1).

Dans le dernier paragraphe, l'auteur traite de l'érection. Sans rien ajouter de nouveau aux faits observés par M. Eckhard , il explique comme quoi l'érection du corps de la verge est essentiellement le résultat d'une dilatation irritative des vaisseaux des corps caverneux. On sait que, dans ces derniers temps, cette manière de voir a été adoptée par M. Eckhard lui-même. Ce physiologiste en est venu à se demander si ce qu'on est convenu d'appeler dilatation irritative n'est pas dû à l'action des fibres longitudinales des vaisseaux péniens. Comme on le voit, M. Eckhard s'est rapproché dans ses vues sur l'érection , de l'opinion que M. Schiff avait déjà hypothétiquement émise en 1859 et qu'il a plus tard cherché à appliquer aussi à l'érection de la rate.

Pour ne pas laisser une lacune dans cet exposé historique, nous rappellerons qu'en 1862 M. Schiff a signalé, pour les appendices jugulaires du dindon, l'existence d,'une dilatation vasculaire active, tout-à-fait analogue à celle des vaisseaux péniens (2). Tout le monde sait que les tubercules charnus qui garnissent la gorge du dindon, peuvent montrer , d'un instant à l'autre , des changements très-considérables de coloration et de turgidité, changements qui indiquent clairement la présence d'un tissu érectile. Du blanc

{{) Allgem. Wiener medizin. Zeilung. 41 et 42. 1859.

(2) Ueber die Fuukiion der Milz. (Schweizer Zeilsclirifl fur Heilkunde «862, p. 245)--

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