Supposons que la racine Xi soit racine triple ; on aura
(^) Cette démonstration est due k M. Koenigs.
Nous nous sommes d'ailleurs servi dans l'exposition de cette théorie d'un excellent mémoire publié par M. Niewenglowski dans la Revue de Mathématiques Spéciales, tome I, page 285.
OMBILICS 233
alors
A"(xo = 0,
c'est-à-dire, en vertu de l'expression précédente,
Ai(a-+ Xifli)-}- A((a' -hXia()4-A';(a"-h Xia;)H = 0.
Désignons par x, y, z et x', ?/', z' les coordonnées des deux ombilics : on aura
/*(m, V, lu) H- Xi/'i(m, V, iv) = {ux-i- vy -h ivz){ux' -\- vy' -f- wz') ; on en tire
a -\- ittyX = xx\ a! -\- Xia', = yy\ a!' -\-lid[ = zz',
%b^\b^)=yz'-^zy\ 'l{b'-{-k^b[)=zx!-\-xz', '^[b"-i-\b'[)=xy'-\-yx' , et la condition précédente devient k,xx' +k[yy'^k[zz'+^,[yz'+zy')+^[[zx' -^-xz')+W,[xy' +yx') =0 ;
elle exprime que les deux ombilics sont conjugués par rapport à la conique (Ci).
Or la droite qui joint ces deux points P et Q est tangente au même point M à toutes les coniques du faisceau, en particulier à la conique (Ci) ; donc l'un des points P ou Q se confond avec le point M.
Dans le cas où /(w, u, w) -h't}^ifi{u^ v, w) est carré parfait, à la racine Xi correspond un point double {x, y, z) ; la relation qui précède s'écrit
Aia:2 -\- A(y-2 -i- Ajz^ -h 2Biî/z -{- ^B[zx -h ^B'[xy = 0 ;
ce point double est situé sur la conique (Ci).
Avant de passer à la discussion de l'équation (2), il nous reste à établir les théorèmes suivants au sujet de la réalité des ombilics.
209. Théorème. — A une racine réelle de l'équation en X correspondent ou deux ombilics réels^ ou deux ombilics imaginaires conjugués.
Nous supposons bien entendu réels les coefficients des équations des deux coniques.
Comme X est réel, f{u, v, iu)-\-'k/'i{u^ u, iv) est décompo-
sable en une somme algébrique de deux carrés à coefficients réels. Si ces deux carrés sont affectés de coefficients de signes contraires, V4-/i se décompose en un produit de deux facteurs à coefficients réels. Si cesdeux carrés sont affectés de coefficients de même signe , /*-!- X/", se décompose en un produit de deux facteurs dont les coefficients sont imaginaires conjugués ; les deux ombilics correspondant à ces facteurs sont également imaginaires conjugués, mais la droite qui les joint est réelle. On peut donc dire qu'à une racine réelle de l'équation en X correspond une droite réelle ayant même pôle par rapport aux deux coniques.
210. Théorème. — A une racine imaginaire de l'équation en X correspondent deux ombilics imaginaires non conjugués^ et la droite qui les joint est imaginaire.
Soit a -h pi la racine imaginaire ; si l'équation
représentait deux points réels] ou imaginaires conjugués, on aurait
/-+ (a + ^i)f, ~ (Y + 80(F + sQ^), (^=±\)
P et Q étant des fonctions linéaires à coefficients réels. On en déduirait
et l'on voit aisément que f et fi auraient leurs coefficients proportionnels.
On aura donc
/•-+-(«+ ?i)f, = (P -H fQ)(P' -4- iQ') et
f^{.-?i)n = {P-iQ){V'-iQ').
On voit de plus que la droite qui joint les ombilics p4-iQ = 0 et P'-hiQ' = 0 est imaginaire, car si elle était réelle ses coordonnées annuleraient P, Q, P', Q'; elle coïnciderait avec la droite joignant les ombilics imaginaires conju-
OMBILICS 235
gués, ce qui est impossible en vertu du théorème 207, puisque la racine a -t- pi est simple.
Donc à une racine imaginaire de Téquation en X correspond une droite imaginaire ayant même pôle par rapport aux deux coniques.