SYSTEMES ORTHOGONAUX A H VARIABLES. I
Multiplions l'équation précédente par C/c et ajoutons toutes les relations ainsi obtenues.
En tenant compte des relations (65), (66), il viendra
dix = G,
de sorte que les équations différentielles (67) se réduiront à la forme
( 68 ) dc/, -f- X dx/,- = G,
qui est une généralisation des formules d'Olinde Rodrigues ('). On déduit de là, en particulier, la conclusion suivante : Soient d el B les différentielles relatives à deux lignes de courbure différentes ; on aura les équations différentielles
( 69 ) dc/c -\- X dx/^- = 0, oc/^- -+- X' ox/c = 0.
D'autre part, pour deux déplacements quelconques s'effectuant sur la surface (S), la relation
V {dck oxA— OC/, dxk) = G
est toujours vérifiée. Si l'on remplace dans cette identité les différentielles dc/i, oc/s par leurs valeurs déduites des équations (69). il viendra
jX/,= o.
(70) {\-r)^dx^.h
Ainsi, sur une surface quelconque, deux directions principales
qui correspondent à des valeurs différentes de "k sont toujours rectangulaires. C'est un point que nous avions déjà établi (n° 7o); mais si l'on remplace djC/(, ùx^ en fonction de dc/t, ock, on aura aussi
{-^^^dc,^.c, = o.
En langage géométrique, cette nouvelle relation peut s'énoncer comme il suit : Les représentations sphériques des lignes de
(') Leçons sur la théorie des surfaces (I" Partie, n° 141).
i03. Cela posé, supposons que les lignes de courbure de la surface (S) soient coordonnées. On pourra choisir n — i fonctions p,, po, . . ., p«i telles qu'une seule d'entre elles varie sur chaque
ligne de courbure. Par suite, en remplaçant )v par-rr-» on pourra donner aux équations (68) la forme suivante :
dck
et comme les lignes de courbure ont des représentations sphériques perpendiculaires les unes aux autres, les n fonctions c,, c,,, ..., c,i de p,, P2, ..., p«( définiront un système orthogonal appartenant à la sphère de rajon i. Donc, en premier lieu, pour définir (S), il faudra trouver dans l'espace à n dimensions un système sphérique orthogonal.
Un tel système peut être obtenu (n^OO) comme l'inverse d'un système complètement orthogonal, défini dans l'espace à n — i dimensions ; de sorte que nous aurons d'abord à déterminer le système le plus général de ce genre, dans l'espace kn — i dimensions.
Supposons ce premier problème résolu; nous pourrons, par inversion, constituer, dans l'espace à n dimensions un s)'stème orthogonal tracé sur la sphère de rayon i, c'est-à-dire trouver n fonctions c^ satisfaisant à la condition
et donnant lieu à la relation
(74) dc\ -h . . . -^ dcfi = h\ dpi -i- Plus généralement, si l'on pose
(75) ^i=Cipn,
hl i dpl^.
d^{\^...^d-il=PhlA(i?\
pJiKi-i dpJi-
do)
et les fonctions y/ forment cette fois un système orthogonal complet à n dimensions. Nous pourrons donc appliquer à ce système toutes les propositions étabhes plus haut. Si nous écrivons en particulier que les fonctions y,- vérifient le système (Sa) obtenu au
SYSTKMES ORTHOGONAUX A 11 VARIABLES. 1 79
n° 9o, nous reconnaîlrons que les fondions Ck doivenl êlre des
, . • I-, 1 > 1 (n — \)\n — 1) , solutions particulières du système de w- équations aux
dérivées partielles comprises dans la formule générale
()20 1 dh,, d^ I dh^.' t)Q
'^'^ àp^Op/,' In- à?A' Op/, /u' opA- (Jpu'~ '
où A- et Â' doivent recevoir deux valeurs différentes comprises dans la suite 1,2, . . ., n — i .
Supposons donc connues les fonctions Ca- H est aisé de généraliser les principes de la théorie des enveloppes et de montrer que, lorsqvi'on connaît les cosinus directeurs de la normale à une surface, cette surface peut toujours s'obtenir en adjoignant à l'équation
(78) Cj J-i-t- C2 3"2-|-. . .-+- C„37„+ 0 =-- o,
OÙ 0 est une fonction convenablement choisie, ses dérivées
de, dc,i c)e
(70) -7 — Xi-\-...~-- — :r„-f--— =0, (A — I, 2, . . .. /t — I), ^^•" dpi, dpA- dp/, ' ^ ' ' .
par rapport à chacune des variables p^. En effet, quelle que soit la surface considérée, on peut toujours déterminer une fonction 0 par l'équation (78). Si Ton tient compte de la relation
(80) Cidxi-h. . .-h C,i dxn= o,
relative à tout déplacement effectué sur la surface, la différentiation de cette équation (78) entraîne évidemment toutes les relations (79)^ et toutes ces relations, jointes à la précédente, permettent d'obtenir ^,, ^2> • -, ^w en fonction de p,, p.,, • ■ -i p«-i •
Ce point étant admis, nous allons montrer que, pour obtenir la sur/ace cherchée (S), il sera nécessaire et suffisant de prendre pour 0 une solution quelconque des équations (77).
Dilférentions en effet l'équation (79) par rapport à p/t-, k' étant différent de k; nous aurons
d^Ci "STy dci dxi d'S
dp/, dp/,' dp/, dp/,.
Remplaçons les dérivées t — ~ — par leurs valeurs, qu'on déduira
l8o LIVRE II. — CHAPITRE 1.
de l'équation (77) dont les Ci sont des solutions particulières. En ayant égard aux équations (79), on trouvera
^dph àpy " Op^àp/c' h/, dp/c' dpjc /ia- àp^ dp/,' Rapprochons les conditions d'ortliogonalité
^ ^ ^ dp,, dpk'
des équations (72); nous verrons immédiatement que, dans la relation (,8i), le premier membre est toujours nul; il en sera donc de même du second, et, par conséquent, 6 sera bien une solution particulière du système des équations (77).
Réciproquement, supposons que 0 soit une solution particulière de ce système. La relation (81) nous donnera maintenant
V dci dxi / 1 . ii\
Ad âpk ôpk'
En rapprochant toutes les équations de ce genre pour lesquelles A" a une même valeur des relations d'orthogonalité
V^ dci dci
jLidpk dpk'
on verra que l'on a trois systèmes distincts de solutions des équations linéaires et homogènes par rapport aux inconnues z-i
V^ àci 7 -2/ -^i — = o, jU dpk'
si l'on prend
dCi dxi
Z'i=^ Ci ou S,= ^ ou Zi=
dpic dp,,.
Ces trois systèmes ne pouvant être linéairement indépendants, il faudra que l'on ait, pour toutes les valeurs de i,
dXi . de, àpk àpk
\if et lAyt étant des arbitraires. On verra, comme plus haut, que ^^ doit être nulle et l'on retrouvera ainsi la généralisation des équa-
SYSTÈMES ORTHOGONAUX A n VARIABLES. l8l
lions d'Olinde Rodrigues. Donc la surface correspondante aura ses lignes de courbure coordonnées ; et, sur chacune d'elles, une seule des quantités p/ demeurera variable, ce qui achève d'établir notre proposition.
10 i. Le système des équations aux dérivées partielles
qui admet, d'après ce que nous avons vu, les solutions particulières
X == Xi, [X = Ci,
et aussi, comme il est aisé de le vérifier,
X = S.r|, [).=■ iSciXi,
est analogue à celui que l'on rencontre dans la théorie des surfaces (*) lorsqu'on veut approfondir les propriétés des lignes de courbure et des systèmes cycliques de Ribaucour. Cette remarque conduit presque sans eflforl à la proposition suivante, qui fait connaître l'extension à un nombre quelconque de dimensions des propriétés des systèmes cycliques.
Donnons-nous, dans V espace à n dimensions, une surf ace {^) dont les lignes de courbure soient coordonnées. Si l'on désigne par Oi^ po, ..., Ph) les paramètres des lignes de courbure, les coordonnées xi d'un de ses points et les cosinus-directeurs ci de la normale en ce point satisfont à des équations de la forme
dxi , ^ dci ( i = i,i, ..., n \
()p/, dpk \k = i, 2, ..., n — \/
Si l'on a intégré d'une manière générale les équations aux dérivées partielles
(') Leçons sur la théorie des surfaces (II" Partie, n»' 481 et suiv.).
l8>. LIVRE H. — CFIAPFTRE I. — SYSTÈMES ORXnOGOXALX A 11 VARIABLES.
et que l'on résolve par rapport à p,, p2j •i ?« l^s n équations
o«> \ et u. désignent un système quelconque de solutions des équations (85), les expressions de pi, 02, ..., p^ en fonction de X|, Xo, ...; X,j définiront un système complètement orthogonal pour lequel on aura
(87) dX\+... + dXl=(^^dç>l^ 2 ( -^ ) ^'^-^P^
*"' \ dp/,/
les fonctions Ck étant celles qui sont définies par la relation
(88) rfc?+^6-| + ...+ rfc2= 2 e;i.rfp2,
et la fonction 9 étant donnée par la formule
T-(^-^-)-Tè(ê)'=»-
Si l'on convient, pour uninslant, d'appeler cercles, dans l'espace à n dimensions, les intersections d'une sphère par n — 2 plans, le système obtenu est le plus général parmi ceux pour lesquels les trajectoires orthogonales de l'une des familles sont des cercles.