‹ Lectures pédagogiques à l'usage des écoles normales primairesChapitre 10 sur 226 · IVe s'émeut que sur parole · texte numérisé non relu

IVe s'émeut que sur parole

fautorité de leur leçon; on nous a tant assujettis aux cordes, que nous n'avons plus de franches allures; noire vigueur et liberté est éteinte.

.... Le gain de notre élude, c'est en être devenu meilleur et plus sage. C'est, disait Epicharme*, l'entendement qui voit et qui ouït; c'est l'entendement qui approfite tout, qui dispose tout, qui agit, qui domine et qui règne ; toutes autres choses sont aveugles, sourdes et sans âme. Certes nous le rendons servileet couard, pour ne lui laisser la liberté de rien faire de soi. Qui demanda jamais à son disciple ce qu'il lui semble de la rhétorique et de la grammaire, de telle ou telle sentence de Cicéron? On nous les plaque en la mémoire tout empennées*, comme des oracles, où les lettres et les svUabes sont de la substance de la chose. Savoir par cœur n'est pas savoir ; c'est tenir ce qu'on a donné en garde à sa mémoire. Ce qu'on sait droitement, on en dispose, sans regarder au patron ', sans tourner les yeux vers son livre. Fâcheuse suffisance qu'une suffisance pure livresque !... Je voudrais que le Paluél ou Pompée, ces beaux danseurs de mon temps, apprissent des cabrioles à les voir seulement faire, sans nous bouger de nos places, comme ceux-ci veulent instruire notre entendement sans l'ébranler; ou qu'on nous apprît à manier un cheval, ou une pique, ou un luth, ou la voix, sans nous y exercer, comme ceux-ci nous veulent apprendre à bien juger et à bien parler, sans nous exercer à parler ni à juger.

(Essais, liv. I, ch. xxv, De Vinstilvlion des enfants,)

4. Poète silicien, qui vivait au V« siècle avant l'ère chréiienne.

2. Toutes garnies de plumes, comme des flèches, qu'on tire sur un but et qui s'y enfoncent.

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