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L'ÉDUCATION DEVRAIT SE SERVIR DU PERCHAMT NATUREL DES HOMMES A Z.'ACTIOH
F. GuizoT
François Guizot, né à Nîmes, le 4 octobre 1787, est mort au Val-Richer (GalTados), le 12 septembre 1874.
Nous n'arons à parler ici ni de l'homme politique, ni de l'auteur bien connu de YHistoire de la civilisation en Europe, de V Histoire de la civilisation en France, et de tant d'autres beaux livres historiques et littc • raires, pas même du ministre qui a signé de son nom la grande loi de 1855 sur l'instruction primaire, et qui à ce litre est apprécié ailleurs dans notre livre' : nous ne voulons que dire un mot des publications de pédagogie proprement dite qui doivent tenir, elles aussi, une place importante dans l'œuvre de l'illustre écrivain.
Moraliste et homme de famille, M. Guizot s'est préoccupé dès sa jeunesse de. toutes les questions qui concernent l'éducation des enfants. C'est ainsi qu'en 1811, un an avant son mariage avec Pauline de Mculan, qui fut plus tard l'auteur des Lettres de famille sur Véducation, il fonda, sous le titre à,* Annales de Véditcation, un recueil mensuel qui peut être considéré comme une des premières et des plus remarquables publications périodiques de la pédagogie française. Dans ce recueil, qui parut jusqu'à la fin de 1813, c'est-à-dire jusqu'au moment où Guizot, devenu depuis un an professeur d'histoire à la Sorbonne, allait entrer dans la vie politique, il traçait, en pleine période impériale, un programme de réformes à la fois administratives et pédagogiques, qui est déjà comme lu préface de la loi de 1835. f( La France, disait Guizot, en résumant dans le dernier article les doctnnesdu recueil tout entier, la France n'u pas encore eu d'éducation nationale. La Révolution est venue substituer à l'idolâtrie des préjugés le fanatisme de l'innovation. » C'est entre ces deux écueils que le jeune penseur cherchait à se frayer une voie, s'attachant particulièrement à fonder l'instruction sur l'éducation morale, l'éducation n'étant utile, selon lui, n'étant même possible a qu'autant qu'elle trouve dans ses rapports avec les mœurs et les habitudes un point d'appui pour combattre ce qu'elles ont de mauvais et l'aider de ce qu'elles ont de bon. »
Ce sont aussi les Annales de l'éducation qui ont fourni à M. Guizot presque toute la partie pédagogique des Méditations et études morales