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UL SANTÉ DE L'ESPRIT ET DU CORPS PAR LA GYMNASTIQUE

Eugène Paz

M. Eugène Paz, l'un des hommes qui ont le plus contiibué à populariser en France l'enseignement de la gymnastique, a publié en 1865 un ouvrage intitulé La santé de Veaprit et du corps par la gymnastique (Paris, 1 Tol.). Nous en extrayons le passage ci-dessous.

Nos senS; nos organes» nos muscles, notre sang^ iio«

sensations, nos passions, tout cela se tient, se correspond, se pondère, se stimule et s'harmonise.

Faites travailler le corps avec excès, les sens se calment jusqu'à l'inertie, l'activité cérébrale diminue, l'intelligence périclite; faites, au contraire, travailler le cerveau outre mesure, pendant que vous laisserez le corps dans l'inaction, celui-ci s'atrophie et se débilite.... Entre ces deux points extrêmes se trouve l'équilibre parfait, le souverain bien : la santé, et j'ajoute avec conviction le bonheur ici-bas.

Quand l'arbre est déjà grand, quand l'épi s'est déjà affaissé sur sa tige, il rCest plus temps de le redresser.

Occupons-nous donc de l'enfant; l'enfant, c'est l'arbuste flexible dont on dirige sans effort la cime vers le ciel; l'enfant, c'est l'espoir suprême delà génération qui passe; l'enfant, c'est l'homme de l'avenir!

Dans nos grands centres de population, l'espèce humaine souffre et dégénère ; les maladies, la richesse et la débauche font couler dans les veines des générations naissantes le principe du virus physique et moral qui étiole notre race et l'abâtardit.

Aussi, parmi la population de nos écoles, que de pauvres petits êtres pâles et chétifs! Que d'adolescents mal bâtis, nonchalants, exténués!

Les parents se demandent souvent avec inquiétude quelle est la cause de cette langueur, de cette faiblesse.

Eh ! c'est en grande partie l'absence d'exercice corporel. Comment des enfants,pourraient-ils grandir, se développer, acquérir des forces, avec la vie sédentaire à laquelle ils sont condamnés? Privés des mouvements nécessaires pour stimuler la vie organique, en activer les fonctions, en augmenter l'intensité, en équilibrer l'exercice, ils ne peuvent que tramer une existence chétive et languissante.

Le mouvement est surtout un véritable besoin pour l'enfance ; la nature semble avoir placé en elle un impétueux instinct qui préside au développement des membres encore imparfaits et des torces ivaim^xvtes. Il faut que les

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