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E. BERSOT. — V. DE LAPRADË S19

verve ingénieuse de Montaigne, le haut comique et les mouvements passionnés des ProvincialeSy l'art charmant des conteurs, les scènes riantes des Confessions^ les langueurs des Rêveries^ l'écrit infini et Téloquence de Voltaire et sa grâce et sa raison, puis tout ce que notre siècle a produit, j'entends dans le parfait, de plus vivant et de plus attrayant, tout cela pour notre jeunesse n'existe pas. Il y a du sérieux dans l'esprit français, mais il y a aussi une grande part de gaieté, comme on le sait, et notre raison rit volontiers. Or, on conduit notre jeunesse à la plus noble école qui soit; mais cette école est bien sévère pour ces esprits légers. Ne sont-ils donc pas des maîtres aussi ceux qui n'ont pas le ton de maîtres et qui enseignent en jouant, qui enseignent la vie à ceux qui vont vivre? lisent été' les précepteurs du genre humain, et ils ne sont pas les nôtres ! Et on croit qu'il est indifférent qu'à l'âge où notre âme, encore inconsistante, mais pleine de rêves, cherche une forme, on la laisse chercher toute seule, au hasard des rencontres bonnes ou mauvaises ; on croit qu'il importe peu que, lui proposant toujours des œuvres à admirer, on ne réponde pas à son instinct, on ne la captive pas !

(Un moraliste; Études et pensées.)

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