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LE GOUT DE LA TOILETTE

Madame Necker pe Sacssorb^

La vie sociale, quelque légère part qu'on y prenne, exige des soins de toilette, soins d'un grand intérêt pour la plupart des jeunes filles. Le principe, pour la toilette comme pour les amusements, est de lui laisser occuper le moins de place possible dans la pensée, et de prévenir à cet égard tout sentiment vif. La répugnance pour être mal mise est tellement invincible chez une femme que la

' i. Voir la notice, p. 143.

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mère doit éviter de froisser gratuitement un pareil instinct; il s'allie à la crainte du ridicule, qui tient ellemême de la pudeur. Mettez donc quelque prix à ce que votre fille soit bien anangée ; et quand la mode n'est ni inconvenable, ni extravagante, laissez-la-lui suivre; plus elle se sentira mise comme tout le monde, plus elle oubliera son habillement.

Pour se diriger à cet égard, une jeune fille doit savoir que ses habits sont un langage; ils ont une signification cachée, et ils annoncent l'idée que chacun se plaît à donner de soi. Ainsi une personne simple et modeste ne cherchera pas à faire fracas à la promenade ; les couleurs éclatantes^ les formes bizarres ne lui plaisent pas; toute manière enfin de provoquer les regards lui répuguera, et quel respect scrupuleux n'aura-t-elle pas pour la décence I

Le désir d'être mise comme les autres, prétendra-t-on, conduit au luxe; oui, si l'on imite les personne vaines, ou d'autres plus riches que soi. Lorsque dans une société les habitudes de toilette sont telles, que la fortune de la famille n'y puisse atteindre, une mère doit s'abstenir d'y mener sa fille ; à d'autres égards, probablement, cette x société ne lui convient pas. Et si, pour économiser, la jeune personne propose de fabriquer de ses propres mains des ajustements trop dispendieux, que la mère se garde d'y consentir. Ce serait un temps plus que perdu ; le monde et ses espérances s'agiteraient pendant des jours entiers dans la jeune tête. Autant les ouvrages d'une femme ont de prix pour l'amitié ou pour la charité quand on peut supposer qu'en y travaillant son àmea été remplie d'atfections douces, aulant ils font de peine aux gens sensés quand ils offrent la mesure du temps employé à satisfaire la vanité et le goût du luxe.

Mais le plus essentiel de beaucoup, c'est de préserver les jeunes personnes du penchant à envier les avantages qu'elles n'ont pas. La longue excitation de l'amour-propre chez les enfants ne finit que trop souvent par porter se

fruits dans Tadolescence, fruits bien amers pour le reste

de la vie.

[Éducalion progremve, liv. lU, ch. m.)

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