‹ Lectures pédagogiques à l'usage des écoles normales primairesChapitre 170 sur 226 · LA FEMME NE DOIT ÊTRE NI FRIVOLE NI INDIFFÉRENTS · texte numérisé non relu

LA FEMME NE DOIT ÊTRE NI FRIVOLE NI INDIFFÉRENTS

JoLEs Smox

On accuse l'esprit des femmes d'»Hre frivole ; c'est l'éducation qu'on leur donne qui est frivole, mais leur esprit ne l'est point : il est un heureux mélange de bon sens et d'enthousiasme; et comme toute femme est une artiste, la façon a toujours de la grâce, pourvu que le fond no fasse pas défaut. Madame de Sévigné a reçu dans son enfance les leçons de Ménage; elle a enseigné elle-même le latin et l'italien à Madame de Grignan : en est-elle uïoins femme et la pfus charmante des femmes dans chaque page, dans chaque ligne et presque dans chaque mot des immortelles lettres? Elle se plaint un peu quelque part de l'abbé de la Mousse, qui enseignait à Madame de Grignan la philosophie de Descartes; elle se serait fâchée bien plus encore si on ne la lui avait pas enseignée. Les femmes qui allaient entendre Bourdaloue lisaient Descartes. 11 ne reste plus, dans notre monde alfairé, positif et positivisie, que les femmes pour être de beaux-esprits un peu désœuvrés, adonnés surtout à la littérature et aux choses de pure spéculation, et juges indépendants des combats de la vie.

On dit que ce qui rend surtout de nos jours l'instruction indispensable, c'est le suffrage universel. Il n'en est rien; cette raison est bonne, il y en a de plus fortes. Mais prenons celle-ci d'abord, puisqu'elle s'offre la première. Rien n'est plus vrai : donner à un homme ce grand droit d'influer directement sur les affaires du pays, et ne pas le rendre capable de s'éclairer par lui-môme sur les conséquences du vote qu'il émet, c'est jouer au hasard l'avenir

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