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LE DECRET DU 3 BRUMAIRE AN IV

Daun'ou, rajyporleur

Après que le plan de Lcpcllctier de Saint-Fargeau eut clé abandonne (octobre 1793), la Convention vola, dans l'espace d'une année, trois décrets différents relatifs à lorganisntion de l'instruction primaire. Ces décrets, dont chacun correspond à une période particulière de la Révolution, sont généralement désignés par les noms des rapporteurs qui les présentèrent à l'assemblée : Ronmie, Bouquier et Lakanal.

Le décret Romme (50 vendémiaire an II), voté au début même de la Terreur, établissait dans toute commune de 400 à 1500 habitants une première école (école primaire); dans les communes plus peuplées, le nombre des premières écoles élait proportionnel à celui des habitants. Tout enfant âgé de six ans élait tenu de fréquenter ces écoles, où l'enseignement était gratuit. Les instituteurs et les institutrices devaient être élus par les pères de famille. Aucun ci-devant noble, aucun ecclésiastique et ministre d'un culte quelconque ne pouvait être nommé instituteur. Le minimum du traitement des instituteurs était fixé à 1200 livres.

Le programme des premières écoles était ainsi conçu ;

« Les enfants reçoivent dans ces écoles la première éducation phy-

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siquc, morale et intellectuelle, la plus propre à développer en eux les mœurs républicaines, l'nniour de la patrie et le goût (ilu travail.

< Ils apprennent à parler, lire, écrire la langue i'rançaisc.

<i On leur fait connaître les traits de vertu qui honorent le plus les hommes libres, et particulièrement les traits de la révolution française les plus propres à leur élever l'âme el à les rendre dignes de la liberté et de l'égalité.

« Ils acquièrent quelques notions géographiques de la France.

< La connaissance des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen est mise à leur portée par des exemples et par leur propre expérience.

« On leur donne les premières notions des objets naturels qui les environnent, et de l'action naturelle des éléments.

a Ils s'exercent à l'usnge des nombres, du compas, du niveau, des poids et mesures, du levier, de la poulie et de la mesure du temps.

a On les rend souvent témoins des travaux champêtres et de ceux des ateliers; ils y prennent pnrt autant que leur âge le permet.-

<E Pour acquérir de l'agilité, de l'adresse et de la force, les enfants se livrent aux exercices analogues à leur âge, et particulièrement aux marches, aux exercices militaires et à la natation autant que les localités le permettent.

ff On les forme de bonne heure à soulager dans leurs travaux domestiques et champêtres les vieillards, les pères de famille, les veuves, les orphelins qui ont besoin de secours, ainsi qu'à travailler pour le soldat de la patrie qui quitte ses foyers, ses champs, son atelier pour la défense de la commune.

« Les filles s'occupent des mêmes objets d'enseignement et reçoivent la même éducation que les garçons, autant que leur sexe le com|K)rte, mais elles s'exercent particulièrement à la filature, à la couture cl aux travaux domestiques qui conviennent à leur sexe. »

Le décret Bouquier (29 frimaire an II), qui remplaça le décret Romine, a régi l'instruction primaire pendant la période à\\.Q jacobine. Il (vorlc qnc l'enseignement est libre, et que les citoyens et citoyennes qui voudront user de la liberté d'enseigner seront tenus seulement de déclarer à la municipalité qu'ils sont dans l'intention d'ouvrir une école. Ils sont salariés par la République, à raison du nombre des élèves qui fréquentent leur école (l'instituteur, vingt livres par élève ; l'institutrice, quinze livres par élève); ils ne pourront exiger des élèves aucune rétribution. Les parents sont tenus d'envoyer leurs enfants aux écoles du premier degré d'instruction pendant trois ans, et de déclai-er à la municipalité le nom de l'instituteur ou de l'institutrice dont ils ont tait choix; l'âge d'admission des élèves est fixé entre six et huit ans. Si les parents négligent de se conformer à la loi, ils sont punis de l'amende, et privés de leurs droits civiques en cas de récidive.

Le jirogrammc de ce premier degré d'instruction est bien moins étendu

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