LA RESTAURATION ET LES ECOLES PRIKAIRSS
Ordonnance du 29 février 181(5
Le gouvernement de la. Restauration ne put échapper à la nécessité ilc
faire quelque cliose pour les écoles du peuple. 1/initiative prise par la
Société pour l'instruction élémentaire lui avait en quoique sorte forcé la
main. Le 29 février 1816 parut une ordonnance royale instituant dans
chaque canton un comité gratuit et de charité pour surveiller et encou-
rager l'instruction pmmY(^.Ç.t\.\.few^ow\\^wç.€.^<\ul resta en vigueur jusqu'à
la loi de 1833, îut \c tcsuVUI àt V\ ç»\\tîQra?c^>Àwv ^^\^\sï»sr. ^^^^^'w^s
Cuvier, alors membre de Va Comxsiv^ixoiv ^^ \\xv%\v'vy^Si.^^
ORDONNANCE DU 29 FÉVRIER ISKi 507
broisc Rendu, inspecteur de l'Université, et du baron de Gcrando, président de la Société pourTinstruction élémentaire. On peut juger de l'esprit de celte ordonnance et des vues du gouvernement royal par les lignes suivantes de M. Rendu, écrites à celte époque :
« Nous sommes d'accord sur la nécessit^3 de fortifier l'influence religieuse, et Cuvier* accepte la présidence du comité par le curé du cnnton. Ne témoignons pas de défiance au clergé ; il viendra à nous si nous allons à lui; convainquons-Je de toutes façons que l'Université veut sincèrement, ardemment la régénération des esprits par la foi chrétienne; dans cette œuvre capitale, il faut assurer à tout prix l'alliance de l'Église et des pouvoirs publics.
« Cuvier a demandé que dans les cantons où le culte protestant est en exercice, il soit formé un comité spécial. Cela est de toute justice. Le protestantisme sincère ne fera pas de conquêtes sur le catholicisme; il n'y a là rien à craindre. Qu'il en fasse sur le vide, et qu'il arrache de son côté, s'il le peut, de malheureuses âmes au vice et à la dégradation morale. Le catholicisme n'y perdra rien.
« 11' faut absolument que la société trouve des garanties d'ordre autre part que dans l'ignorance de ses membres. Nous sommes tous les trois d'accord pour imposer à chaque commune l'obligation d'assurer l'enseignement à tous ses enfants et de donner aux indigents l'instruction gratuite. Ne laissons pas aux amis de la Révolution r.-uantage de se iairc contre les hommes d'ordre et contre les chrétiens les champions de l'instruction. Sachons être à la tété de tous les progrès raisonnables. »
On ne pouvait jnarquer plus clairement la différence entre l'instruction monarchique et religieuse, que voulaient dispenser au peuple les défenseurs du trône et de l'autel, et l'instruction émancipatrice de la raison humaine qu'avaient réclamée les hommes de la Révolution.
Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre;
Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur;
Nous étant fait rendre compte de l'état actuel de Tinstruction du peuple des villes et des campagnes dans notre royaume, avons reconnu qu'il manque, dans les unes et dans les autres, un très grand nombre d'écoles; que les écoles existantes sont susceptibles d'importantes améliorations*.