‹ Lectures pédagogiques à l'usage des écoles normales primairesChapitre 80 sur 226 · IIÉCE88ITÉ DE DIRIGER LA VOLONTÉ DES ENFARTS · texte numérisé non relu

IIÉCE88ITÉ DE DIRIGER LA VOLONTÉ DES ENFARTS

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Rien n*est plus attachant à suivre que le développement Tune plante. Pour protéger sa faiblesse, le jardinier lui a lonné un mur pour tuteur: contre le mur, court un treilage qui permet à la plante de grimper et dfe s'étendre.

De jour en jour, on la voit pousser en taille et presque n sagesse. Docilement, la plante suit d'abord Iç parcours ndiqué; comme un être pourvu de raison, elle obéit aux astructions du jardinier, et celui-ci s'applaudit de la oufTe de fleurs qui bientôt jouera son rôle dans le concert les colorations voisines.

Il faut cependant se fier médiocrement à la docilité de a plante.

Sur la plate-bande, au-dessous d'elle, le jardinier a remarqué quelques traces de plâtre émietté.

Cest le résultat du travail de la plante; ses vrilles, quoique menues et d'une extrême délicatesse, n'en ont pas moins, à la longue, disjoint les pierres, à force d'effriter le plâtre du mur.

L'ambition de ces jeunes pousses est considérable ; elles voudraient grimper par-dessus la muraille, et y réussiraient si le jardinier n'y prenait garde.

De même qu'un prisonnier qui, ayant échoué dans un premier projet d'évasion, cherche un coin moins surveillé, ia plante ne se rebute pas ; ses racines accomplissent sans relâche un travail souterrain, et un jour elles traversent les fondations du mur qui semblait une barrière suffisante Contre leurs entreprises.

1 Voir la notice^ p. 52.

C'est rhistoire de Tenfant. Aussi faible que la plante, il en a la ténacité. Sous une apparente docilité l'enfant couve une volonté profonde. Pour lui imprimer une direction, il faut qu'elle soit bien nette.

Si la plante est douée du sentiment d*indépendance qui la pousse à agir à sa guise, quelle altention ne faut-il pas pour surveiller le vouloir bien autrement considérable dont dispose Tenfant !

« On se trompe, disait un Américain, si on regarde un végétal comme une chose sans vie. C'est un être qui a ses besoins, ses goûts, ses aptitudes. Si vous l'aimez bien, il vous en sait gré; si vous le négligez, tout est perdu. Je me demande si Tarbre est doué d'une intelligence comme l'homme ; mais il est doué d'une âme sensible à tout ce qu'on fait pour lui. Vous le soignez, il ne le sait peut-être pas; mais il le sent, comme un enfant, comme une femme. Voyez-vous ce verger? Nous ne Pavons pas planté au hasard. Les meilleures boutures ont été choisies. Nous avons ménagé à chacune d'elles une petite habitation bien saine , bien drainée. Des tuiles ont été disposées pour l'écoulement des eaux. Nous avons préparé des lits de terreaui soigneusement tamisé. Nous avons protégé l'enfance diB. petit être en l'enveloppant doucement de terre protectrice 9 enfin, nous n'avons rien négligé pour son bonheur*. »

Je n'ai pu lire ces instructions sans penser à Tenfant. A chaque ligne, je substituais l'enfant à l'arbuste, car le ^ premiers soins sont les mêmes pour Parbrisseau que poix 3 l'enfant; une égale fragilité de l'un et de l'autre amèix^ les mêmes soucis, commande la même protection.

Et dire qu'il y a tant de gens qui élèvent à l'aventur"^ leurs enfants ou ceux qui leur sont confiés 1 Ils ne savermf pas. Telle est Pexcuse qui les absout.

Pourquoi ne rencontre-t-ou' pas dans les villages plu^s

i. Hcpworth Dixon, la Nouvelle Amérique,

GHâMPFLEURY. — MADAME DE RÉMUSAT 187

d^hommes qui sachent parler un langage semblable à celui de TÂméricain?

Un prêtre, un maire, un médecin, un instituteur faisant entendre de pareilles instructions aux esprits simples, seraient entendus au premier mot ; malheureusement cela n'existe pas dans les villages de France.

(Les Enfants.)

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