DE L'HABITUDE DANS L'ÉTAT DE 8AHTÉ
Lévt
La troisième édition de l'ouvrage d*oii est tirée la page suivante a pani CD 1857 chez M. i.-B. Baillière, en un volume in-8<*. L* auteur, M. Micbel Lévy, membre de l'Académie de médecine, est mort en 1872.
L*enfance et l*adolescence sont les deux époques de la vie les plus favorables à rétablissement des habitudes.
Alors, la sensibilité est neuve; la mollesse des tissus chez Tenfant, surtout celle de la substance nerveuse, semble proportionnée à la multiplicité des acquisitions qu'il doit faire. G\st une cire flexible que façonne le doigt de Tartiste, et ici, Tartiste, c'est la mère, c'est le père : ils sont les instituteurs du berceau. Nous ne parlons pas seulement des sollicitations premières qui s^adressent à Tâme, à l'intelligence, mais les parents ont à régler le premier exercice de chaque organe, ù dispenser à chaque fonction sa mesure; ils ne sauraient trop se pénétrer de l'importance des premières habitudes qu'ils inculquent à leurs enfants, soit qu'il s'agisse de railailemenl, du sommeil, du vêtement, de la température, ou des premières et délicates répressions d'une volonté au maillot. Échappé des langes, l'enfant s'ouvre par tous les pores à la vie extérieure ; il veut^ tout voir, tout palper, tout sentir; il est avide d'impressions qui lui procurent la conscience de son moi ; l'instinct d'imitation, qui a son maximum de puissance à cet âge, saisit l'enfant à tout spectacle, à tout geste, et sa gracieuse gaucherie s'efforce de reproduire ce qu'il a vu. La force des exemples se fait sentir encore vivement à l'adolescent ; il se colore facilement de l'esprit de son entourage; ses habitudes sont modelées sur celles de ses amis. Combien donc il importe à l'avenir physique et moral de celte existence