‹ Législation française concernant les ouvriersChapitre 45 sur 79 · ENCOURAGEMENTS A L'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

ENCOURAGEMENTS A L'INDUSTRIE

Les déyeloppements et la prospérité de rindustrie sont des conditions essentielles de l'existence et de la vie d'un grand peuple ; aussi les gouvernements se sont -ils fait un devoir d'encourager, d'honorer et da récompenser les grands manufacturiers et les habilçs ouvriers.

Notre histoire, qui a, enregistré avec respect les nobles çÊforts faits par Sully dans l'intérêt de l'agriculture, n'est pas moins élogieuse pour les encouragements que Colbert procurait vers la même époque à l'industrie manufacturière et l'essor que recevait l'industrie de ce grand ministre.

Encourafl^emento divers.

Nou3 n'avons pas à exposer ici les mesures générales que le gouvernement a pu prendre à diverses époques pour protéger et encourager l'industrie française. Cela nous entraînerait dans l'examen de diverses questions d'économie politique qu'il ne peut être dans notre inteur

rtîon de traiter ici. Il ne sera donc, par exemple, nullement question de la législation des douanes ; nous nous bornerons à indiquer qu'à diverses époques, par des remises de droit, par des primes , par des allocations de crédit, par desprohibilions dont ont été frappés des produits de l'étranger, le gouvernement s'est efforcé de protéger le développement de l'industrie française. Le respect constant de la liberté de l'industrie , proclamé en .1789 , a secondé ces ^orts et ce développement. Des ^conseils spéciaux , parmi lesquels le conseil général des manufactures, le coqiité consultatif des arts et manufactures, le conseil de perfectionnement du Conservatoire et des écoles des arts et métiers, les chambres de commerce et les chambres consultatives des arts et manufactures, ont prêté à l'industrie l'appui éclairé de nombreuses délibérations réclamées par le gouvernement et basées sur la connaissance certaine et profonde des besoins de l'industrie.

Enfin, le Pouvoir, convaincu de l'immense influence f de la classe ouvrière sur les progrès de l'industrie nationale, n'a cessé , surtout dans ces derniers temps , en favorisant cette classe , d'assurer le développement de l'industrie. Déjà en 4834, M. le baron Charles Dupiri, i4ans ses leçons au conservatoire des arts et métiers, dé- ^montrait la puissance de cette influence en même temps ^que les heureux résultats qu'avaient produits pour l'industrie française la propagation de l'enseignement procfessionnel parmi les ouvriers*: Cette propagation, qui s'est : si largement développée de no5 jours, est dès lors un enxouragemlent nouveau et pour l'industrie et pour les Qjivriers.

Faut-il ajouter qu'à notre époque , en France, toutes le& distinctions honorifiques sont également dues et décernées aujL chefs d'industrie, comme aux ouvriers, suiyant les services qu'ils ont rendus à leur pays. La liste des récompenses qui viennent d'être distribuées après l'exposition universelle, est une garantie pour tous de la justice de ces distributions, qui vont rémunérer tous les services rendus à l'industrie sans distinction. Et déjà n'avions - nous pas vu le garçon de ferme Grange être l'objet des distinctions les plus éminentes de la part du grand jury national , de l'académie des sciences , des gouvernements étrangers et du gouvernement français? Combien: d'ouvriers ont reçu la croix de la légion 4'honneur depuis qu'elle a été placée sur la poitrine de l'ancien ouvrier Jacquart I II n'est pas de pays au monde où, plus qu'en France, le mérite soit récompensé y quelque soit la dasse où il se rencontre, « Nulle part en Europe , dit avec raison M. Charies Dupin, on ne citerait un peu{de oà cet admirable mour yement d'ascension entre des citoyens égaux et libres soit; aussi favorisé que par nos lois, anoiies de la vérita-^ ble égalité ; nul peuple n^a des droits politiques aussi précieux et des honneurs nationaux aussi nombreux , aussi généreux, aussi sublimes que ceux du peuple fran-r çaiSi Qu'on, ne veuille donc en aucun point de l'échelle sociale scinder en deux la nation pour placer les uns dan^ le privilège, le^ autres dans l'exclusion ; tous sont aptes à tout par le fait, et les plus hauts honneurs sont acquis par les plus illustres sortis des rangs de la foulé : ma-r récbaux^ anciens soldats ; grands commerçants, ancien;^

eommis ; et grands fabricants , anciens ouvriers. YoM pourquoi l'état social que nos pères ont conquis, et q«e nous avons complété, mérite notre amour et nos dîorts pour le transmettre à nos fils dans sa gloire et sa pureté.»

Boeiétém libres d'encoarafl^ement.

En dehors des corps officiels dont je faisais tantôt la nomenclature et qui sont plus spécialement chargés par le pouvoir de s'enquérir des besoins de l'industrie et de les faire connaître, il existe des sociétés libres qui s'occupent aussi de patroner l'industrie et de l'aider parleurs encouragements. Parmi ces sociétés, qui sont autres que les sociétés de patronage dont il sera question dans la troisième partie de ce travail, se place la société d'encouragement pour l'industrie nationale fondée en 1789, réorganisée en 1801, dont le but est de seconder les efforts du gouvernement pour l'amélioration de toutes les branches de l'industrie française. Ses moyens d'action sont la distribution de prix et médailles , l'introduction en France des procédés expérimentés à l'étranger, les expériences et essais , les envois de modèle et de renseignement ♦ la publication d'un bulletin mensuel.

Après cette société, qu'on nous permette de citer parmi les associations qui s'occupent avec un actif dévoûment de l'étude des questions qui intéressent les classes ouvrières : la société industrielle de Mulhouse , puis la société philomalique de Bordeaux, la société libre d'ému- Jation de Rouen, le cercle philanthropique de Toulouse^

la société industrielle d'Angers, la société académique dé Saint-Quentin, la société de statistique des arts utiles et des sciences naturelles de Valence, la société philotnatique de Verdun, la société d'émulation d'Epinal, etc., etc.

Exposition des prodaits de rindastrle.

La première exposition des produits de Tindustrie eut lieu au Champ-de-Mars à Paris en l'an vi (1793) ; elle dura trois jours ; on y compta 1 1 exposants.

Depuis, ces expositions publiques se sont renouvelées à des époques plus ou moins éloignées , et le nombre des exposants a été sans cesse en grossissant ; ainsi il fut de 229 en l'an ix, de 540 en 1802, de 1422 en 1806, de 1662 en 181 9, de 1642 en 1823, de 1695 en 1827, de 2447 en 1834, de 3281 en 1839, de 3960 en 1844. de 4532 en 1849.

Dans ces diverses expositions n'étaient admis que les produits français.

La première exposition des produits de toutes les nations s'est ouverte à Londres le 1 *' mai 1 851 , dans un palais dont la longueur était de 564 mètres sur une largeur maximum de 139 mètres. Après l'exposition universelle de Londres, citons en 1853, l'exposition universelle de Dublin et celle de New-Yorck.

L'exposition universelle qui vient d'avoir lieu à Paris est à peine terminée. Les terrains qui lui ont été consacrés s'étendaient sur une surface totale de 123,390 met., y compris 22,087 m. de terrain enclos de barrières en dehors du palais de l'industrie, 41 ,540 m. occupés par

la galerie du quai de Billy et 9026 par le Panorama et portour. Le nombre total des exposants a été de 20,788, dont 10,691 appartenante la France, 2445 à la Grande- Bretagne, 1^32 à la Prusse et à l'Allemagne, 1296 à ^Autriche, etc., etc.

Il n'est pas dé moyen plus sûr que ces expositions ^our apprécier l'état des progrès de l'industrie et pour exciter et développer ces progrès ; elles entretiennent une louable émulation entre les manufacturiers et les ouvriers et elles fournissent aux gouvernements l'occasion d'en^ courager avec éclat les travaux utiles de ces fabricants et de ces ouvriers.

Les journaux nous ont donné récemment la liste des récompenses accordées à divers industriels et à leurs ouvriers à la suite de la dernière exposition, et par cette publicité ils ont donné un prix de plus à la juste faveur dont ces lauréats avaient été l'objet.

Chaque exposition a été suivie de récompi^nses semblables. A la suite de l'exposition de l'an vr, il en fut distribué 23 ; en l'an ix, 80 ; en 1802, 254 ; en 1806, 610; en 1819. 869 ; en 1823, 1091 ; en 1827, 1254 ; en 1834, 1785; en 1839, 2305; en 1844, 3253; en 1849, 3738.

Ces récompenses consistent en nominations dans la légion d'honneur, médailles d'honneur, grandes médailles , médailles d'or, d'argent ou de bronze , mentions simples et mentions honorables.

Il est impossible de tracer ici d'une manière Wen précise les règles qui régissent ces expositions. Chacune d'elles, suivant les conditions dans lesquelles elle a eu

lieu, s'est trouvée régie par des règles différentes aux-^ quelles les exposants ont dû se conformer. Toutefois, en' ce qui concerne les expositions des produits de rindostrie^ française, il résulté d'un ensemble de documents législatif, actes et règlements de Tautorité pubHque, les règles suivantes :

Les expositions périodiques des produits de l'industrie ont lieu de cinq en cinq ans (Ordon. 4 octobre 1833, art; 5} . L'époque de l'ouverture de l'exposition est fixée officiellement par un acte du pouvoir exécutif; tous le&^ manufacturiers, ouvriers et fabricants, sont appelée à y envoyer les produits remarquables à un titre quelconque, nouveauté, perfection d'exécution, bon marché.

I^es produits, avant d'être envoyés au lieu oh se fait l'exposition, sont soumis, dans chaque département^ à une commission nommée parle préfet qui prononce l'admission ou le rejet ; dans son rapport, cette commission doit signaler les services rendus à l'industrie par les chefs d'^exploitation, contre-maîtres, ouvriers et jour-^ naliers. Arrivés à Paris, ces produits sont soumis h l'examen d'une commission centrale divisée en plusieurs^ comités. Cette commission est chargée d'apprécier et de juger les produits exposés et de faire des propositions pour la distribution des récompenses.

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