MÉLODIE IX
Elle est loin delà terre où repose son jeune héros: une foule d’amans se pressent autour d’elle ; mais elle fuit leurs regards , et elle pleure , car son cœur ! est enseveli dans la tombe où il dort !
Elle chante les airs doux et sauvages des plains chéries qui l’ont vu naître. Elle répète les accords qu’il se plaisait à éveiller. Ah ! ceux que ravissent ses chants , sont loin de croire à l’amertume qui brise son cœur!
Il vécut pour celle qu’il aimait : il mourut pour sa patrie. Elles seules l’attachaient ici-bas. Les pleurs de sa patrie ne tariront jamais. Loin de lui son amante ne languira pas long-temps!
Oh ! creusez le tombeau de la vierge en un Heu doré par les rayons du soleil , lorsqu’ils promettent à la terre un glorieux lendemain ; qu’ils brillent sur sa couche comme un sourire de l’Occident : un sourire de son Ile de douleur , si tendrement aimée!