‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 21 sur 81 · CHANT NATIONAL · texte numérisé non relu

CHANT NATIONAL

Elle £st évanouie pour jamais, la lumière que nous vîmes briller comme la première lueur du Ciel qui vient rompre le repos des morts ! l’homme, s’éveillant du long sommeil des siècles passés , leva les yeux , et bénit ce pur rayon avant qu’il disparût !

11 n’est plus , et les sillons de feu qui marquent son passage , assombrissent encore la longue nuit d’esclavage et de deuil , qui redescend sur les royaumes de la terre , plus ténébreuse pour toi , ô malheureuse Erin ! que pour le reste de l’Univers !

Tes espérances étaient nobles et fières, quand, à travers les nuages grossiers du monde , cet astre dardait ses feux autour de toi ; quand la Vérité indignée, brisa ses fers, et déroula sa bannière resplendissante, pareille à l’éclat soudain du soleil (r).

( i ) n L’éclat soudain du soleil » ( Sun-Burst ! ) était le nom idéal que les anciens Irlandais donnaient à la bannière royale.

JUTLASDAIStS. Il3

Oh! jamais la terre ne reverra un moment si glorieux ! Alors , alors, si toutes les nations eussent chanté l’Hymne de Délivrance , ta douce voix , Érin , eût fait monter au ciel le premier chant de Liberté !

Mais, honte aux tyrans qui nous envièrent ce bon.* heur ! Honte à la race légère, indigne d’un si grand bien , qui , semblable aux furies caressant le jeune espoir de la Liberté, le baptisèrent dans le sang, sur l’autel fumant de la Mort!

Alors ! s’évanouit pour jamais cette belle et lumineuse vision , dont le souvenir , en dépit des froids sarcasmes des esclaves , vivra dans nos cœurs ; pur, brillant et céleste , tel qu’il apparut pour la pre- , mière fois au-dessus de toi, 6 trop malheureuse Érin!

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