‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 35 sur 81 · LES SOUVENIRS · texte numérisé non relu

LES SOUVENIRS

Qti’Eniw se rappelle ses anciens jours , ces jqurs où ses fils infidèles ne l’avaient point encore trahie -, où Malachi portait le collier d’or (i) , qu’il arracha à l’orgueilleux conquérant de sa terre natale; où ses Rois déployaient l’étendard vert, et conduisaient au danger les Chevaliers de la Branche Rouge (2), avant

(1) « Ceci amena un combat entre Malachi (monarque d’Irlande au dixième siècle ) et les Danois , dans lequel Malachi défit deux de leurs champions qu’il combattit de pied ferme et main à main. Il prit un collier d’or au cou d’un de ses adversaires , et emporta le sabre de l’autre, comme trophées de sa victoire. {Histoire t? Irlande par Warner. Vol. i* r , liv. 9.)

(2) « Les ordres militaires de Chevalerie furent établis de très-bonne heure en Irlande. Long-temps avant la naissance du Christ , nous trouvons, dans l’Ulster, un ordre de chevalerie héréditaire, appelé Curaidhe na Craoibhe ru ad h, ou les Chevaliers de la Branche Rouge, d’après leur principale

IRLANDAISES. ' iZ'J

que la brillante émeraude du monde occidental (i) ornât la couronne d’un étranger

Le pêcheur qui s’égare sur les rives du Lough- Neagli (2) , quand arrive la fraîcheur du soir , voit briller à ses pieds, sous les vagues, les tours rondes des jours passés. Ainsi la Mémoire , dans de sublimes rêves , saisit une lueur des jours qui ne sont plus , et cherche en soupirant, dans les ondes du Temps, les gloires effacées qu’ils recouvrent!

résidence dans Emania , attenante au palais des rois d’Ulster, nommée Teag/i na Craoibhe ruadh , ou l'Académie de la BrancheRouge. Contigu à cet édifice , était un grand hôpital fondé pour les chevaliers et les soldats malades, appelé Bivn-Bhearg , ou la Maison des Soldats Affligés. » ( Introduction d’O’halloran, etc. Partie i re , chap. 6.)

(1) L’Irlande, ainsi nommée à cause de ses prairies toujours vertes, grâce à l’humidité de son climat.

(a) Il existait , autempsdeGiraldus , une vieille tradition sur le Lough-Neaghqu’ondisait avoir été, dans l’origine, une fontaine qui, par une crue subite, avait inondé le pays, et, comme l’Atlantide de Platon, englouti toute une région. Il dit que, par un temps clair, les pêcheurs montraient aux étrangers les hautes tours ecclésiastiques ensevelies dans les eaux. — « Piscatores aquæ illius tunes ecclesiasticas , quæ more patriæ arctæ sunt et altæ , neenon et rotundæ , suh undis manifesté, sereno tempore eonspiciunl et extraneis transeuntibus reique causas admirantibus fréquenter ostendunt. » t Topogr. Hib ■ Dist. 11 , Chap. 9.)

Page 1