‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 4 sur 81 · DU SECOND ANGE · texte numérisé non relu

DU SECOND ANGE

« Vous vous rappelez tous deux le jour où celui à qui tout obéit, assembla dans les bosquets nouvellement créés d’Eden , les puissances angéliques pour contempler ‘ 3 la merveille qu’il voulait accomplir avant d’apposer sur le monde le sceau de sa divinité : merveille alors unique, surpassant en beauté , l’homme , l’ange et les astres ; dernier prodige, couronnement de l’œuvre magnifique de la création. Au milieu du cercle des anges ravis d’admiration et de surprise , la femme ouvrit les yeux pour la première fois et contempla les deux et la terre ; un feu rapide, échappé de ses longues paupières , parcourut chaque esprit vivant, comme le premier rayon de lumière inonda la voûte céleste.

» Auriez - vous pu oublier l’instant où le souffle de lame appelée à la vie , se glissait par degrés à travers ces belles formes qui semblaient devenir transparentes, à mesure que la lumière rayonnait au dedans et qu’un nouveau charme

naissait de chaque pensée nouvelle? Ainsi, pendant l’été , attentif aux progrès de l’air vif et chaud qui s’élève vers le milieu du jour , on le voit faire onduler la surface brillante et si- j lencieuse de la mer, qu’il orne sans cesse de grâces nouvelles, en variant les riches teintes que le ciel y déploie : ou bien encore, de même que la lumière du soir vient dorer quelque beau temple enseveli dans l’ombre pendant le jour, et, rayon par rayon, révèle lentement ses beautés , jusqu’à ce qu’il brille enfin de tous ses charmes et de tout son éclat.

» Avez-vous oublié sa rougeur, lorsque promenant ses regards étonnés sur le jardin solitaire et enchanté d’Eden , sur la mer, sur les cieux, elle entendit le frémissement des ailes de la multitude céleste qui disparaissait obéis- • santé à l’ordre du Seigneur ? alors quelle rencontra les yeux des derniers anges qui , comme moi, s’éloignaient à regret de cette scène ravissante ! Depuis cette heure miraculeuse , le sort de ce nouvel être si glorieux oppressa mon ame d’un poids magique. Nuit et jour , soit que je m’abandonnasse à mes rêveries ou à mes sensations , la pensée de ce qui attendait cette brillante créature me poursuivait sans cesse ; ce n’était pas elle seule , mais toute sa posté-

rite dans les âges à venir , tout ce sexe tendre , beau , faible ,' qui devait sortir d’une source si pure : tout éveillait en moi l’intérêt le plus ardent. Les formes, l’ame, les sentimens de qes êtres privilégiés étaient encore pour moi le plus incompréhensible des mystères du Très- Haut.

» Dès l’instant ou je fus appelé avec les chérubins pour assister au premier réveil printanier de la nature dans ces sphères florissantes , ces fleurs lumineuses qui jaillirent au premier souffle de l’Eternel ; dès-lors je fus condamné à être sans cesse poursuivi par quelque nouvelle merveille, quelque oeuvre sublime et sans égale , qui s’emparait de mon ame , la captivait, la ravissait et ne me laissait plus une pensée, un rêve, une parole, dont elle ne fut l’objet.

*> Le besoin de connaître, cette soif insatiable qui s’irrite à mesure qu’on l’étanche, et qui devient joie ou douleur selon la source où l’on se désaltère , animait encore mon ardent désir d’explorer , de découvrir ( quels que fussent les prodiges qui éveillaient en moi une nouvelle idolâtrie) , leurs causes, leur but , leur origine, leurs facultés les plus intimes, comme si mon existence eût été attachée au savoir.

» Oh ! quelle sublime vision furent pour moi

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les astres, lorsque je les vis pour la première fois brûler dans les airs, roulant au milieu de l’espace comme des chars vivaus de lumière préparés pour des Dieux ! Ils furent la première passion de mon cœur. Infatigable, jour et nuit , soutenu par mes ailes , je me balançais dans leurs rayons, jusqu’à ce que tous mes sens fussent remplis de leur brillante influence. Joie innocente! Hélas, combien j’eusse évité de douleurs ici- bas, si j’eusse vécu heureux de ces plaisirs si pure; et qu’orgueilleux et inquiet, je n’eusse pas brûlé de connaître la science qui entraîne à sa suite le crime et le malheur !

» Souvent, tant j’aimais à surprendre les secrets de cette race étoilée, je parcourais soir et matin les lignes radieuses qui s’étendent comme des réseaux d’or entre les étoiles et le soleil , déliant tous ces rayons de lumière, dont les teintes variées se confondaient ensemble. Puis, je volais rapidement à la découverte des astres lo intai ns et soli tai res , qui veill ent, comme des sentinelles vigilantes, sur le vide au-delà duquel habite le chaos. Là, d’un vol silencieux , je suivais leur course à travers cette immense solitude, interrogeant avec force chacun d’eux sur l ame qu’il enfermait, et sou-

haitant que sa douce lumière se convertit en paroles pour nie révéler ses destins.

» Souvent même ma poursuite de ces héritiers resplendissans de l’espace était si passionnée, que, de crainte qu’un rayon ne m’échappât dans la nuit la plus obscure, je suivais quelque comète voyageuse se dirigeant au loin vers des points lumineux. Je me rappelle avec quel transport j’entonnais l’hymne de gloire, lorsque de nouveaux mondes, brillans de jeunesse et de fraîcheur, semblaient ^'élancer du sein des ténèbres pour éblouir

mes yeux.

» Telle était alors ma pure ambition ; tels étaient mes innocens ravissemens, avant que cette nouvelle terre eût été créée pour l’homme; avant quedansune heure fatale j’eusse vu se lever le plus beau des astres parmi les fleurs du paradis ! Dès-lors tout mon être fut changé : mon cœur, mon ame, mes sens se tournèrent ici-bas. Celui qui venait de parcourir cette vaste étendue où étincèlent des mondes . entassés, qui trouvait son ame à l’étroit au milieu de cette immensité de lumières , bénissait maintenant le plus humble, le plus vil gazon de cette terre obscure habitée par la femme ! En vain mes premières idoles étincelaient du

haut de leurs trônes ; en vain je prêtais l’oreille à la musique jadis si mélodieuse qui retentissait autour de mes sphères favorites, (chaque pensée de mon ame à demi égarée s’élancait vers la terre , comme l’ombre d’une haute montagne couvre la plaine, tandis que son sommet se perd dans la nue.

» Ce n’était pas l’amour qui enlaçait mon ame de ses liens brûlans; encore moins cette flamme grossière autour de laquelle il voltige jusqu’à ce qu’il meure. Non , c’était l’admiration qui faisait tressaillir mes sens devant tous les ouvrages de Dieu ; le même ravissement , plus vif seulement, plus passionné, plus profond ; un feu ardent et sans objet , qui n’était encore ni de l’amour, ni du désir, mais qui planait aussi indécis que l’éclair au-dessus des belles compagnes de l’homme, n’attendant qu’un mot, un regard, pour se fixer brûlant sur une d’elles.

» Puis l’ardeur inquiète, l’insatiable curiosité de connaître les sensations de ces êtres si beaux ; de pénétrer une seule fois sous cette enveloppe séduisante; de voir quelles âmes animaient ces yeux brillans ; d’apprendre si ces regards, semblables aux feux du soleil qui pénètrent jusque dans les profondeurs où le dia-

niant est enfoui , pouvaient tourner leurs rayons en dedans , et prêter à l’anae leur éclat divin ! Tout excitait mes désirs. Plus j’entrevis, plus j’étudiai ce sexe faible, tendre, et toujours • vainqueur, plus mon admiration redoubla.

» J’avais vu naître la première femme , Eve, dans ce paradis splendide * 4 que Dieu fit uni- -quement pour recevoir la lumière de ses yeux. J’avais vu les anges les plus purs s’incliner audessus d’elle en l’adorant. J’avais vu l’homnie... Oui, j’avais vu avec envie l’homme orgueilleux en possession de tout son amour.

» Témoin de leur bonheur si complet et si court ; témoin aussi de son erreur ,s , fruit de cette confiance facile , de cette prompte croyance à toutes les illusions d’un cœur généreux , de cette foi dans les paroles dites avec tendresse , qui séduit encore aujourd’hui ses pareilles, mêlées du besoin de connaître que je n’osais blâmer, tant je le partageais. Triste et funeste ardeur! présage infaillible de maux, qui , malgré sa pure et céleste origine , dénaturé, corrompu, fit descendre sur elle, sur moi , sur tout ce qui respire ici-bas , la honte et le péché! J’avais vul’homme,dont l’ame était armée de force et de vertu, entraîné à sa perte parles premiers accens de la femme. I.a froide

défense de sa raison si vantée s’évanouit devant ses sourires , comme un î-empart de glace se fond aux rayons du soleil d’été. Chose plus étrange encore ! en dépit de tout, égaré par ses conseils , chassé du paradis pour elle ( et avec elle , au moins c’était encore du bonheur ) , ne l’avais je pas entendu, comme il la pressait faible et tremblante sur le seinqu’elleavaitdévoué au chagrin et aux remords, la nommer, le croirezvous? . . sa vie , sa chère vie (*)!Oui,tel fut le nom enseigné par l’amour que l’homme déchu donna à la femme, à l’heure même de sa proscription, lorsque , cédant à son magique empire, il reçut pour premier gage de tendresse , la malédiction du tombeau ! Celle qui ouvrit à la mort les portes du monde, était auprès de lui encore rayonnante de la lumière d’Eden, qui se jouait dans les boucles dorées de sa chevelure retombant jusqu’à ses pieds ; si belle, avec un cœur si tendre et une voix si douce quelle eût fait oublier la perte des choses les plus chères , de tout , excepté d’elle-même , qui redonnait la vie et l’immortalité !

(*) Chavah , nom qu’Adam donna à la femme après leur transgression aux ordres de Dieu, signifie vie. — Voyez la note i6 à la fin du volume.

LF.S * MOU H S

» Pouvais-je ue pas admirer un être doué de charmes si merveilleux , dont chaque pensée , chaque mot , chaque trait , dans la joie comme dans la douleur, dans le mal comme dans le bien, avaient reçu du ciel une si douce puissance pour bénir ou pour perdre, pour maudire ou pour sauver?

» Le prodige ne cessa pas avec elle. Bientôt elle fut entourée d’Eves nouvelles aussi habiles dans l’art de charmer, aussi sujettes à l’erreur , aussi sûres de captiver le cœur de l’homme par la louange ou par le dédain ; de l’homme leur adorateur, constant et insensé , soit qu’elles lui apportent la gloire ou la honte. Enchanteresses de l’ame et des sens, dès qu’elles daignent sourire , à qui , depuis la première heure jusqu’à la dernière, le ciel semble avoir abandonnéle monde ettoutes ses destinées pour le sauver ou le perdre au gré de leur caprice !

» Oh, comment vous exprimer avec quelle impatience , avec quelle ardeur , j’aspirais à découvrir, au milieu de cette foule brillante, la merveille et la fleurie ce sexe sans égal ! un être parfait d’ame et de forme, qui, tout à moi, dans mes bras , pût m’apprendre ses pouvoirs pour séduire, pour enflammer (et si mon sort rigoureux l’ordonnait) , pour tout perdi’e avec

elle : dont je pusse sonder le cœur et les plus secrets sentimens comme l’abeille se plonge flans le calice de la rose , et y savourer dans toute sa pureté , la fleur , l’essence , les prémices de l’ame de cette étonnante créature !

» Enfin, mon souhait ardent, ma vive prière, car mes lèvres proférèrent ces vœux impies, ( que n’ose pas la langue , quand le cœur est égaré!)ma prière fatale fut entendue... de l’enfer... ou du ciel?... Ecoutez mon récit , bientôt vous le saurez.

» De toutes les vierges qui se meuvent comme des visions sur ce globe , une seule était digne de tout l’amour d’un jeune ange de lumière , tant elle était brillante et belle. A l’orgueil de sa démarche , lorsqu’elle rasait la terre sans la toucher, on eût dit qu’elle était née pour habiter une sphère céleste, pour parcourir ces plaines d’azur où ses pieds eussent rencontré une étoile à chaque pas. Ce n’était pas seulement le charme (si prompt à séduire nos sens ravis ) de ces lèvres dont le souffle était un bienfait ; de cette rougeur passagère et folâtre, éclair lumineux de la pensée; de ces yeux étincelans quelquefois de colère , mais qui , à un mot de tendresse, redevenaient si doux, que semblables à l’oiseau du soleil, ils semblaient

se foiulre dans leurs flammes ; d’une taille aussi flexible que les branches du jeuue arbre couvertes de fleurs printanières, avec des formes arrondies et fraîches comme les fruits qui s’eu détachent à la fin de l’été : ce n’était pas seulement cette beauté , partage de la plus belle femme, quoique du riche excès des dons quelle avait reçus, elle eut pu embellir tout son sexe ; mais c’était l’ame étincelant daus tout sou être ; lame faisant briller chaque charme , et pourtant indépendante de ce quelle éclairait, comme le soleil qui colore les fleurs , brillerait du même éclat, si les fleurs ne croissaient pas pour recevoir sa lumière. C’était tout réuni en une seule : les grâces sans nombre, les regards célestes, qui font la gloire des jeunes vierges , quand le temps n’a encore glacé aucun de leurs charmes , animés par une ame qui donnait à des beautés peut-être trop voluptueuses l’empreinte de la divinité ! Mélange • exquis réservé pour elle seule, de tout ce qu’il y a de plus aimable , de plus folâtre , de plus tendre, de plus pur, de plus noble dans la nature des anges et dans la sienne. Voilà ce qui m’attirait vers celle qui semblait alliée au ciel et à moi, ma brillante so'ur du paradis , dont l’amour devait renfermer les délices de

l’un et de l’autre monde ; tout ce que lame cherche dans les cieux , tout ce que le cœur brûle de trouver ici-bas !

» Eussions-nous... Mais poursuivons mon triste récit, en dépit de la douleur qu’éveille le souvenir , semblable au dard qu’on agite dans la plaie. Suivez avec moi chaque pas si plein de bonheur, et cependant si funeste, qui conduisit au fond du sombre abîme, où ils périrent tous deux , l’ange déchu et la mortelle !

» Depuis l’heure où mes yeux se fixèrent sur elle, je ne la quittai plus. Planant au-dessus de sa tête, jour et nuit, à ses côtés dans ses méditations les plus solitaires , je pus bientôt lire chaque pensée qui brillait au fond de son cœur, comme les cailloux argentés apparaissent sous l’onde transparente. Là, habitaient tant d’innombrables choses qui nourrissent l'ardeur des jeunes cœurs , les désirs vagues , les tendres illusions , les rêves d’amour encore sans objet, les espérances légères et ailées qui obéissent au désir , les joies brillantes comme l’arc-enciel qui s’évaporent comme lui dans les pleurs, et les passions cachées sous des pensées virginales , semblables aux serpens endormis sous des fleurs. Au milieu de ces sentimens connus de tous les jeunes cœurs qui palpitent , je dé-

mêlai de hautes pensées , de nobles aspirations , supérieures à tout ce qui remplit d’ordinaire une ame si tendre; des sillons de lumière perçant et éclairant le vague de l’avenir; des imaginations grandes et libres se jouant , comme de jeunes aigles, aux portes des deux ! Je découvris aussi, quelle riche et facile proie pour l’art du tentateur ! une ardeur de savoir telle que n’en recéla jamais une forme si belle, depuis la première heure où Eve , bénie de tous les fruits d’Eden, excepté d’un seul, aima mieux tout perdre que de rien ignorer.

» Ce fut pendant ses rêves que je m’emparai de son ame avec une douce puissance : pendant ce mystérieux crépuscule de l’esprit , lorsque le flambeau de la raison, à demi voilé par les nuages des sens , dore faiblement les images fantastiques qu’évoque l’imagination.

A la lueur de cette douce clarté, je faisais apparaître à ses yeux surpris , de vagues et brillantes visions , des étincelles de lumière évanouies aussitôt qu’entrevues ; de brillans labyrinthes n’aboutissant à rien ; de vastes échappées , au travers desquelles on n’apercevait que le vide ; des demeures célestes qui s’entr’ouvraient pour laisser voir leur éclat, puis se refermaient soudain et disparais-

saient sans laisser une trace : enfin, tout ce qui pouvait animer l’espérance dans son vol , sans lui offrir où reposer ses ailes. Tandis qu’avec un front, aussi pur alors que le disque * argenté de la lune , rayonnant au milieu de ses songes , je présidais à ces enchantemens. Créateur de ces prodiges fugitifs, je donnais l’espérance pour la retirer aussitôt. Je lui disais :

« Contemple ce monde de lumière! » puis j’abaissais tout-à-coup le voile qui le dérobait à ses regards.

» Bientôt , j.e m’aperçus, que dans la veille comme dans le sommeil , toutes ses pensées étaient fîxéessurces scènes mensongères , etsur moi, être mystérieux, qui passais et repassais devant elle, à demi voilé, pour irriter encore sa curiosité. A force d’art, je m’étais rendu maître de son imagination exaltée. Un soir, c’était dans un lieu consacré quelle avait choisi pour la prière , dans une grotte du marbre le plus rare, creusée au-dessous de ses jardins parfumés. La lueur des lampes invisibles s y glissait furtivement, et répandait partout un éclat doux et pur comme cette lumière mystérieuse que l’ame invisible répand sur les traits : là , prosternée devant l’autel , en proie à toutes les sensations qui agitent la femme quand Dieu et

l.ES AMOURS

l’homme réclament à la fois ses soupirs. Le geste, la voix, les yeux animes par chaque pensée brûlante , qui , semblable aux nuages d’été, reste suspendue entre le ciel et la terre, trop pure pour tomber, trop terrestre pour s’élever; environnée de cette douce clarté qui se dissolvait à l’entour, comme si ces rayons eussent émané d’elle , je l’entendis s’écrier :

« Oh , idole de mes rêves ! qui que tu sois , mortel, ange, ou demi-dieu ‘ 1 , trop beau, trop céleste pour jamais être à moi !

» Esprit merveilleux qui rends le sommeil si enchanteur, qu’il semble que ce ne soit plus vivre que de vivre éveillé , puisque le ciel même descend tout entier dans les songes !

» Pourquoi te perdais-je toujours? pourquoi , lorsque je te contemple ainsi que tes royaumes , laisses -tu retomber ce voile que je donnerais ma vie pour soulever une heure seulement ?

» Long-temps avant ton apparition radieuse, avant que tes merveilles se fussent emparées de mes pensées , mon ame nourrissait cette soif de lumière dont tes regards ont fait une passion.

» Il n’y a ripn de brillant au - dessus , audessous de ce globe , dans les cieux , sur la terre , dans l’Océan , que mon cœur ne brûle

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1H£S ANGES

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ardemment de connaître , et toi , toi , par-dessus tout !

» Viens donc , esprit radieux , écarte les voiles de ta patrie céleste , soit que tu veuilles être adoré comme Dieu , ou recevoir mes einbrassemens comme mortel ; oh , viens !

» Amène à ta suite tous tes prodiges éblouissans, afin qu’éveillée , je puisse tout connaître et tout voir ! ou plutôt, transporte-moi à l’ombre de tes ailes dans ta sphère lumineuse , dans ton ciel , ou... oui, même là, avec toi !

» Démon ou Dieu , qui tiens le livre de la science ouvert sous tes yeux , permets à mes regards avides de se fixer un instant sur ses pages brillantes, et après laisse-moi mourir!

» Par ces ailes éthérées qui se frayent une route à travers un élément si plein d’ame, qu’à mesure qu’elles s’agitent chaque mouvement e'veille une pensée !

» Par ces boucles dorées que l’amoureux zéphyr du paradis caressait encore il n’y a qu’un instant, et où il a laissé son souffle parfumé !

» Par ces yeux passionnés dont l’éclat pénètre jusqu’au fond du coeur, semblable au soleil couchant dans les eaux , qui verse des flots de lumière et de feu sous les ondes !

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