‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 60 sur 81 · LE DÉPART · texte numérisé non relu

LE DÉPART

Quoique je voie disparaître avec douleur le rivage chéri d’Erin , cependant , auprès de toi , je retrouverai partout l’île Verte.

Dans l’exil , ton sein sera ma patrie , et tes yeux la lumière qui brillantera les lieux où nous errerons.

Je fuirai avec mon ami (i) dans quelque sombre désert , sur la froide rive hérissée de roches menaçantes , où l’oeil de l’étranger ne nous atteindra

Plu»;

./' L’ouragan dans sa fureur est moins impitoyable que l’ennemi courroucé que nous laissons derrière nous.

(i) Coulin , jeune homme aex longues tresses.

te

Je contemplerai ta chevelure dorée qui couronne ton front gracieux ; la tète appuyée sur ta douce harpe , je l’entendrai exhaler ses sauvages accords, sans plus craindre que le Saxon, au cœur glacé, n’arrache une corde de ta harpe, ou une ljoucle de tes cheveux (i).

(i) « Dans la vingt-huitième année du règne de Henri VIII, il fut fait un acte sur les habitudes et sur le costume national des Irlandais , par lequel il était défendu à ces derniers d’être rasés ou tondus au-dessus des oreilles , de porter des glibbes ou coulins ( longues tresses ) sur leurs têtes , et de laisser croître , sur la lèvre supérieure , un bouquet de barbe appelé crommeal. Un de nos Gardes composa unchant à cette occasion , dans lequel une vierge irlandaise donne la préférence à son cher Coulin ( jeune homme aux tresses flottantes), sur tous les étrangers (les Anglais) , et sur ceux qui adoptent le costume de ces derniers. L’air de ce chant est seul parvenu jusqu’à nous ; il est universellement adiqiré. » ( Mémoires historiques des Bardes irlandais , par Walker , pag. 1 34.) — M. Walker-nous apprend aussi que, vers le même temps , on prit des mesures très-sévères contre les ménestrels irlandais.

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