‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 76 sur 81 · DES AMOURS DES ANGES · texte numérisé non relu

DES AMOURS DES ANGES

Salonius ( Dial, in Eccl.) — « Decem sunt ordines angelorum , scd unus cecidit per superbiam , et idcircô boni angeli seinper laborant , ut de hominibus numerus adimpleatur , et proveniat ad perfectum numerum, id est, denarium. » Selon quelques théologiens, les vierges seules étaient admises « ad collegiura angelorum ; » mais l’auteur du (t) « Spéculum Peregrinarum Quoestionum » leur dispute ce privilège exclusif : — « Hoc non videtur verum , quià multi , non virgines , ut Petrus et Magdalena, multis etiarn virginibus eminentiores sunt. » Decad. a. Cap. 10.

NOTE I I , PAGE 3o-

« C était Rubi. »

J’aurais pu choisir peut-être un nom plus poétique ; mais j’ai voulu par celui-ci (comme par celui de Zaraph dans la seconde histoire ) définir la classe particulière d’Esprits à laquelle l’ange appartenait. L’auteur du livre d’Enoch qui estime à deux cents le nombre des anges qui descendirent sur le mont Hermon , dans l’intention de faire l’amour aux femmes de la terre, donne les noms de leurs principaux chefs. — Samyaxa, U^kabaramiel , Akibiel, Tamiel, etc., etc.

Dans le culte hérétique qu’on rendait aux anges, pendant les premiers siècles du Christianisme , une des cérémonies les plus importantes était, à ce qu’il semble , de les nommer: car cette pratique est expressément défendue

(i) Bartholomœus Sibylla.

NOTES

.par le 35* canon du Concile de Laodicée, ôvopaÇec, tovç àyyùovç. Josephe mentionne aussi , parmi les rits religieux des Esséniens, leur serment de conserver les noms des anges : auvxripiKrstv xa xuv àyyùw» ivouxxa.

Bell. Jud. lib. h. cap. 8. Voyez sur ce sujet Van-Dale, de ■ Origine et Progress. idolatr. , cap. 9 .

NOTE 12, PAGE 3o.

« Ces brillantes créatures nommées Esprits de Science. »

Le mot chérubin signifie science ou savoir , — x b yvoexixov aùrtüv xat £ïojrr(/.ov,sftivant l’expression de saint Denis.

De-là vient qu’Ézéchiel, pour exprimer la multiplicité de leurs connaissances, les représente comme « pleins d’yeux. »

NOTE l3, PAGE 32.

« Assembla , dans les bosquets nouvellement créés d’Eden,

» les puissances angéliques pour contempler, etc. »

Saint Augustin, parlant sur la Genèse , semble presque •admettre qmjjes anges eurent quelque part ( aliquod ministerium ) à la création d’Adam et d’Eve.

NOTE l4, PAGE 38.

« J’avais vu naître la première femme, Eve, dans ce pa- » radis splendide , etc. »

La question de savoir si Eve a été créée dans le Pa—

DLS A.MOUHS DLS ANC LS. • 1 1 9

radis, ou en dehors , a été l’objet de beaucoup de doutes et de controverses parmi les théologiens. A l’égard d’Adam , tous s’accordent à dire qu 'il a été créé hors du Paradis. Un commentateur a pris de-là occasion de demander avec beaucoup de chaleur « pourquoi la femme, qui est la plus ignoble créature des deux, a-t-elle été créée dans le Paradis? (1) » D’autres, au contraire , regardent cette distinction comme un juste hommage rendu à la beauté supérieure et à la pureté de la femme ; quelques-uns poussent le zèle jusqu’à penser que si le lieu de sa création n’était pas déjà le Paradis, il le devint, en son honneur, aussitôt après eet événement. Josephe est un deceux qui croient qu’Eve fut formée en dehors du Paradis. Tertullien, parmi les Pères, est du même avis; et, parmi les théologiens, Rupert, qui, pour lui rendre justice, ne manque jamais l’occasion de montrer ses préventions contre le beau sexe. Pererius, cependant, (et son opinion est regardée comme la plus orthodoxe) pense qu’il est beaucoup plus conforme à l’ordre de la narration de Moïse , ainsi qu’aux sentimens de Basile et des afljfres Pères, de conclure qu’Eve fut créée dans le Paradis.

NOTE l5, PAGE 38.

« Témoin aussi de son erreur. »

L’étendue comparative de la faute d’Eve, la proportion qu’elle a avec celle d’Adam , sont d’autres points

(1) « Lui dcnicjue Kvam , ipia 1 Adamo ignobilior erat, formavil 1 ntra Paradisum? »

NOTES

qui ont exercé le fatigant génie des commentateurs ; ef ils semblent généralement convenir (toujours à l’exception de Rupert ) que , comme Eve n’était pas encore créée quand la défense fut faite, et que, par conséquent, elle n’avait pu l’entendre , ( conclusion qui se trouve confirmée d’une manière remarquable par le récit inexact qu’elle en fait au serpent) (1), sa part du crime de désobéissance est beaucoup plus légère que celle d’Adam (2). A l’appui de cette croyance, Pererius remarque que c’est à Adam seul que Dieu adresse ses reproches pour avoir mangé du fruit défendu, parce que l’ordre n’avait été donné originairement qu’au seul Adam. Un autre commentateur, Hugues de Saint-Victor, pousse la galanterie au point de regarder ces paroles : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme , » comme une preuve que le beau sexe fut, dès ce moment, enrôlé au service du ciel, devant être l’obstacle et le principal ennemi contre lequel l’Esprit du mal aurait à lutter dans ses excursions

tica Diabolo, ergo

(t) Rupertconsiderc ces variantes comme fuites avec intention et prévarication; il y voit le premier exemple d’une fausse interprétation volontaire des paroles de Dieu , faite dans le but' de seconder la corruption et les mauvais penchans de la natoro humaine. (Voyez De Trinitat-, lit», ni, cap. 5.)

(a) Caietanus prononce que l’offense d’Eve est. : « minimum peccatum. »

su %F monde : « Si deinceps Eva ata et arnica Deo. »

DES AMOUBS DKS ANGES. . 221

NOTE l6, PAGE

« La nommer , le croirez-vous? sa vie , sa chère vie ! »

Chavah (ou Eva , comme dans la version latine) a la même signification que le mot grec Zoe.

Epiphane , entre autres , n’est pas peu surpris de voir Adam donner ce nom à Eve, aussitôt après ce terrible arrêt de mort: Tues poussière f' etc., etc. ( 1 ). Quelques commentateurs pensent que ce nom est un sarcasme prononcé par Adam dans la première amertume de son cœur : dans le même esprit d’ironie (dit Pererius) que celui des Grecs en nommant leurs furies Euménides , ou Douces (a). Mais l’évêque de Châlons rejette cette supposition : « Explodendi sanè qui id nominis ab Adamo per ironiam inditum uxori suæ putant ; atquc quo’d mortis causa esset, amaro joco vitam appellasse (3). »

Avec le même spleen contre les femmes, quelques-uns de ces « distillateurs des Saintes Lettres • (comme les nomme Bayle ), en traduisant le texte, « je lui ferai une compagne assortie à lui , » rendent ainsi ces trois <jprniers mots, « contre ou contraire à lui, » (interprétation à laquelle il paraît que l’original peut se prêter), et les représente comme une prophétie des contradictions et des

(1) K ou /sera t 0 ùkovtm , y> 1 ei xti si; ytfv àortAtvnt , hit* rijv trapafixnv. K ai i)v Sxvptarrov 'on (sera rys orapapaom raunfv nfo fieyxtspv la’jçfv èmtwpuuv. fffatres., 78, § 18. T. 1, édit. Paris. 1627.) ( 7 ) Lib. vi. a34-

(3) PontusTysrd ( rtc Recta nominum / mpositione, p. 14

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