‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 9 sur 81 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Ces Mélodies parurent, pour la première fois, en Angleterre en 1810, par livraisons publiées à de longs intervalles , contenant chacune douze chansons. Elles eurent le plus grand succès. L’accord singulier qui existe entre les paroles et la musique entièrement composée d’airs irlandais, pleins d’harmonie et de naïveté, la noblesse des pensées, le charme des expressions , la beauté des vers , tout contribua à nourrir, et à porter au plus haut degré l’enthousiasme qu’avait excité ce monument national élevé à la gloire de l’Irlande. Il en parut sept livraisons; pressée par le temps, je n’ai pu en donner qu’un choix que j’ai tâché de rendre intéressant et varié. " Après un chant national ou guerrier , on aime à retrouver l’aimable et joyeux délire d’un disciple d’Epicure , ou les douces rêveries d’un amant. Un des grands charmes de ces Mélodies , est l’intérêt des souvenirs qu’elles retracent. Moore était digne de faire revivre les traditions de sa patrie, de célébrer ses malheurs et la triste et noble lutte qu’elle soutint pour conquérir la Li-

AVAMT-PROroS.

berté qui trompe sans cesse son espoir. Le caractère passionné, tendre, rêveur et mélancolique des Irlandais , se peint tout entier dans ces délicieuses compositions. Après avoir réclamé, pour l’Irlande, plusieurs airs dont les compositeurs du continent ont enrichi leurs opéras et leurs romances, Moore dit dans sa réponse à l’éditeur des Mélodies : « Ainsi nos airs , comme la plupart de nos compatriotes , ont passé chez l’étranger , faute de trouver une protection dans la patrie. Mais nous touchons , j’espère , à une époque plus favorable à la saine politique et à la musique , qui sont inséparables, du moins en Irlande, comme on le verra trop bien par le ton de douleur et d’abattement qui caractérise presque tous nos premiers chants. La proposition que vous me faites d’adapter des paroles à ces airs, n’est point du tout une tâche facile. Le poète qui veut suivre les divers sentimens qu’ils expriment , doit comprendre et même éprouver ce rapide mouvement de l’esprit et du cœur , cet inexprimable mélange de tristesse et de légèreté qui composent le caractère de mes compatriotes , et dont leur musique est si profondément empreinte. Au milieu des accords les plus vifs , un accent mélancolique

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