L’ART DÉCOR-VTIF A L’ÉTRANGER
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De toutes les remarques auxquelles donne lieu cette sommaire étude des conditions qui caractérisent l’évolution de l’art appliqué hollandais, celle-ci comporte un enseignement précieux et double. D’une part, elle atteste le soin qu’ont pris les rénovateurs de la tradition décorative de généraliser leurs réformes et d’en étendre effectivement le prestige aux objets les plus simples et les moins coûteux. C’était donc intéresser toutes les classes de la société hollandaise et toutes les formes de la vie hollandaise à cette renaissance dont la variété, l’invention féconde et le charme civilisé s’avèrent aujourd’hui chez le bourgeois aisé comme chez l’artisan. Voilà bien, semble-t-il, l’une des meilleures formules de « l’art pour tous ».
Enfin l’aisance avec laquelle se répandent aujourd’hui dans les milieux moyens hollandais les multiples et coûteuses réalisations de cet art décoratif, n’est pas moins significative. Alarquer, en effet, une faveur si générale pour ce qui, après tout, constitue la « nouveauté », implique une grande indépendance d’inclinations sans doute, mais prouve plus nettement encore combien éduqué et combien sûr et libéré est le goût populaire aux Pays-Bas. Loin de montrer une défiance qui rend tout effort stérile, loin de se rebeller contre une entente vraiment moderne des nécessités de la vie contemporaine, il retient dans les innombrables applications de l’art décoratif tout ce qui est clair et simple, tout ce qui se réclame d’une belle ligne et satisfait à ses prédilections rationalistes. Ce sont là ses seuls partis pris; le mouvement actuel d’esthétique appliquée doit à la salutaire discipline qu’il exerce de conserver intactes sa logique et sa pureté. Il ne faut pas chercher ailleurs que dans- le triple accord du public, du
L’ARÏ DÉCORATIF.
producteur et de l’artisan, la raison de la vogue d’un art « usuel » qui, aux Pays-Bas comme en Allemagne, en Autriche et en Angleterre, s’efforce d’embellir la vie telle qu’elle est, telle que la façonnent et la caractérisent les aspirations, les besoins et les obligations que l’époque impose aux hommes.