RAPPORT GÉNÉRAL
Présenté au nom de la première Sous-Commission à M. le Sous- Secrétaire d'État des Beaux-Arts et à la Commission consultative des théâtres par M. Henri Turot, conseiller municipal de Paris.
Vous me permettrez avant tout. Messieurs, de remercier mes collègues de la première Sous-Commission pour la confiance dont ils ont honoré leur rapporteur général. Je ne puis me soustraire encore au souvenir de nos bonnes heures de discussion et d’étude où il a été une fois de plus démontré combien une question administrative peut gagner à être débattue par des intelligences libres et artistes. D’un sujet qui pouvait devenir aride, leur concours a su dégager un plaisir littéraire, substantiel et fécond; mais je manquerais à toute logique si je ne faisais large part dans cet hommage à M. le Sous-Secrétaire d’État. En son bon sens et sa finesse, il avait bien prévu que, pour atteindre au résultat voulu, par cette voie si souvent vaine et stérile des Commissions consultatives, le. moyen le meilleur serait d’y convoquer un choix de personnalités moins désignées par leurs attaches officielles que par leur intellectualité militante, leur sûre expérience professionnelle, leur dévouement éprouvé aux grandes causes de l’art pur et de l’éducalion populaire.
Nul ici n’ignore quelles pressantes Injonctions de nos élites pensantes et quelles poussées de l’opinion publique
LES TIIÉATHES POPULAinES
ont fini par transformer triomphalement cette apparente utopie du Théâtre Populaire en une des plus impérieuses nécessités du moment. Il y a cinq mois une interpellation de M. Lucien Millevoye se reliant aux récentes délibérations municipales, à une précédente proposition parlementaire de M. Marcel Sembat et à un remarquable rapport de M. Couyba, précipitait le débat ouvert sur l’urgence de combattre par une attrayante concurrence d’art, dans nos grands centres ouvriers, l’action dégradante de certaines industries de bas music-halls et d’assurer au public populaire le contrepoison moral de beaux spectacles mis à sa portée par un tarif de places le moins cher possible. L’heure n’était plus aux tâtonnements; et c’est en vue d’un aboutissement prompt et sérieux que M. le Sous-Secrétaire d’État, usant de toute son autorité de haut représentant porté par la volonté parlementaire à la tête de l’Administration des Beaux-Arts, opposa aux routines, aux obstructions et aux inerties cette Commission d’études chargée d’aller de l’avant et de produire une documentation complète et des solutions fermes.
Dès l’ouverture de nos travaux, une discussion initiale posa les points d’interrogation élémentaires de notre consultation. « La création d’un ou plusieurs théâtres populaires se présenterait-elle comme un problème soluble et comme un besoin pressant? >« — ■< Devions-nous fournir nous-mêmes la solution ou la chercher parmi les divers projets présentés? » — « Comment assurerait-on à l’œuvre son caractère souverainement national en y associant les intérêts de la capitale et les intérêts de la province? » — Ouelle serait la part contributive des quatre grands subventionnés nationaux? »
Nous nous scindâmes aussitôt en deux Sous-Commissions. L’une se chargea des deux premières questions; la seconde se conserva tout ce qui concernait le fonctionnement en province, et la contribution possible de l'Opéra, de rOpéra-Comique, de la Comédie française et de i’Odéon. L’ensemble des études de cette deuxième Sous-Commission, présidée par M. Sarraut, nous sera présenté par notre distingué collègue M. Lucien Millevoye. En même temps et parallèlement votre première Sous-Commission présidée
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par M. Chéramy suivit son pian de conduite personnelle et définit, dans ses grandes lignes, la conception type qui, après longue et mûre discussion, s’imposa comme la réponse la plus complète au problème posé :
A. — Constitution d’un capital qui, tout en gardant un caractère national, permit les grosses dépenses nécessaires sans charger les budgets de l’État, ni de la Ville, sans rien devoir à des spéculations financières, ni à des tyrannies humiliantes de mécènes intéressés ou capricieux;
B. — Organisation décentralisatrice portant les spectacles populaires en pleins quartiers ouvriers, dans des locaux dignes d’une grande œuvre populaire;
C. — Établissement d’un double programme de théâtre lyrique et de théâtre dramatique permettant de faire alterner de belles représentations de répertoire avec des créations de pièces nouvelles;
D. — Prévisions de ressources supplémentaires affectables aux représentations en province.
La question ainsi représentée sur ces bases solides et complètes, nous n’avions plus qu’à examiner les divers projets venus de l’extérieur et constitués en dossiers par M. d’Estournelles, chef du bureau des théâtres, puis à retenir, après analyse, ceux ou parties de ceux qui concorderaient avec les points du problème.
Les membres de notre première Sous-Commission se partagèrent les rapports à rédiger; en un temps relativement très bref, l’enquête fut achevée; et laissez-moi le plaisir de vous dire tout de suite que c’est ce bon ordre de travail qui nous autorise aujourd’hui à répondre victorieusement aux méfiances plus ou moins légitimement formulées sur la possibilité d’une solution pratique.
Permettez-moi maintenant. Messieurs, de vous présenter le tableau sommaire des analyses de chacun de nos rapporteurs.
1” Proposition de MM. Gastinel et Pfeiffer demandant qu’en cas de création d’un grand théâtre populaire on aide cette entreprise à devenir théâtre lyrique en autorisant l’Opéra et l’Opéra-Comique à lui prêter leurs répertoires inutilisés et les fractions inemployées de leurs troupes. M. Camille Le Senne, rapporteur expérimenté et perspicace, a rendu hom-
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mage à rintéressanlc documentation historique et aux éloquentes considérations morales de cette proposition.
2" Communicalion d’un travail de statistique de M. Berny, directeur d’un théâtre de quartier. M. Adolphe Brisson, rapporteur, commente utilement les renseignements fournis par cet actif directeur qui rajeunit son répertoire populaire en y acclimatant fructueusement des œuvres modernes et littéraires créées, récemment pour la plupart, sur d’importantes scènes centrales. La Sous-Commission joint ses remerciements à ceux de son rapporteur pour cette communication spontanée. En 40 semaines de 312 représentations, M. Berny a pu donner 40 spectacles dilTérents de 70 auteurs et de 6 compositeurs, représentés par 63 artistes-hommes et 46 artistes-femmes devant un défilé de 160 000 spectateurs payants.
3“ Projet Debruyère, avec un programme de grande entreprise éclectique et un plan de ressources supposant les frais de création payés par une société financière qu’un pourcentage sur les bénéfices rembourserait en 50 ans. — M. de la Charlotterie, rapporteur, fait excellemment observer que le programme de l’ancien directeur de la Gaité n’est pas celui d’un théâtre populaire proprement dit. En outre,, scs indications de moyens financiers n’apparaissent que comme une déformation du système antérieurement présenté au Conseil- municipal par M. Albert Carré.
4“ Proposition de M. René de Chavagnes. — Avec autorité, M. Joubert, rapporteur, se refuse à voir un projet de théâtre populaire dans une simple série d’articles de journaux où l’on trouve des critiques aisées sur les mœurs théâtrales contemporaines, sans sérieuses considérations architecturales ni financières.
5“ Projet Mariette. — Construction d'une grande salle en amphithéâtre dont les frais d’établissements seraient payés par un emprunt public, en 1 800 actions de 1 000 francs. L’unique contribution demandée à l’État serait l’abandon des décors anciens et des costumes défraîchis mis en réserve par l'Opéra, la Comédie française et l’Odéon. — M. Georges Ohnet, rapporteur, appelle bienveillamment l’attention de la Commission sur la bonne tenue du devis architectural et rétablissement consciencieux du plan administratif. On nous
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permettra de remarquer toutefois que nous n’entendons point réaliser le théâtre populaire avec des décors malpropres et des costumes défraîchis.
6“ Projet Catulle Mendès. — Théâtre démontable et transportable. — M. Adolphe Aderer, rapporteur, dans une étude fort précise et bien détaillée, apprécie le caractère pittoresque de cette conception. Construction légère, gracieuse d’aspect, avec un tarif de places fort sage. Transport facile d’un point de la capitale à l’autre en choisissant pour em" placements les grands carrefours et les grands squares des quartiers populaires. Troupe autonome avec un minimum d’administration et un comité d’artistes participant au.x: bénéfices. Répertoire dramatique de chefs-d’œuvre anciens ou contemporains, français ou étrangers. Selon M. Aderer, le projet de M. Catulle Mendès marque une étape originale de l’idée. C’est une entreprise libre, que l’État favoriserait en autorisant l’abonnement des lycées et des écoles et que les grands subventionnés aideraient par des prêts d’artistes. Même en tenant compte des critiques de M. le Commissaire du Gouvernement Bernheim, qui combattit ce projet en 1902, et tout en considérant que le théâtre démontable ne saurait, selon l’expression du rapporteur, résoudre la question d’un théâtre populaire national, nous nous associerons volontiers au juste hommage que M. Aderer lui décerne d’autre part pour ce qu’il y a trouvé de séduisant et d’ingénieux.
7> Projet Grosset. — Construction d’une grande salle sur l’emplacement du Temple. — M. Paul Dislère a exercé sa haute compétence sur cette sérieuse conception architecturale. Notre éminent collègue a fait clairement ressortir ce qui pourrait être retenu de ce projet pour l’élaboration d’un programme à proposer à un concours d’architectes, si la Commission entrait dans cette voie.
8" Projet Peine et Herscher. — Le rapport de M. Alfred Bruneau présente cette conception avec toute son éloquence et sa foi d’artiste. C’est, en effet, une originale et noble idée. Il s’agit d’ouvrir, en contre-bas des jardins du Carrousel, un amphithéâtre de 6 000 places à ciel ouvert, avec plafond mobile et transparent, et d’y donner de somptueuses fêtes civiques, dans un décor grandiose avec un
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concours dromatique et lyrique de grande mise en scène comportant de colossales masses architecturales et chorales. Les frais d’établissement seraient de 7.500.000 francs environ. Tout en souhaitant le succès d’une telle création qui ne peut que grandement impressionner par sa beauté, par sa nouveauté, par son caractère de monument durable, il nous semble que l’idée de théâtre national populaire proprement dit doit se restreindre à des exigences plus spéciales et plus quotidiennement pratiques. Le somptueux projet de MM. Peine et Herseber nous semblerait plutôt à réserver en prévision d’un de ces moments exceptionnels où la capitale se doit de présenter quelque merveille architecturale aux affluences étrangères et provinciales attirées par l’éclat de quelque manifestation insolite, une commémoration mondiale, une exposition universelle.
9° Projet Camille de Sainte-Croix. Proposition de M. Albert Carré. — En me choisissant pour examiner les propositions de M. Albert Carré, la première Sous-Commission a bien voulu se rappeler que j’étais déjà, avec mon éminent collègue M. Deville, leur rapporteur devant le Conseil municipal. En les joignant au projet de Camille de Sainte-Croix déjà déposé devant le Parlement parM. Marcel Sembat, j’ai pu établir un premier rapport dont la Sous-Commission, en marque d’approbation, a bien voulu voter l’impression et la distribution. Je n’y insisterai pas à celte place, car cette analyse ferait maintenant double emploi. En effet, l’exposé du plan de conception-type discuté et adopté par mes collègues établit qu’il y a, en quelque sorte, identité entre les principes du projet Camille de Sainte-Croix et les conclusions volées à l’unanimité.
C’est donc de ces conclusions que je veux parler ici même.
t" Le Théâtre Populaire doit être à la fois dramatique et lyritpie.
Sur ses scènes, les représentations d’œuvres classiques du grand répertoire dramatique et musical doivent alterner avec des créations d’œuvres nouvelles : grands tableaux de reconstitution évoquant les grandes éi)oques de l'histoire nalionale et internationale, glorifiant des actes de civisme, de génie, de splendeur morale, brillantes féeries symbo-
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liques avec des mises en scènes ingénieuses, légères fantaisies lyriques et satiriques dont le bon goût n’exclura pas la verve pittoresque, spectacles d’aiT et de fêtes joyeuses où, sous les attraits de musiques captivantes, de décors enchanteurs, de chorégraphies élégantes, se glissera toujours l’expression moralisatrice de quelque noble idée générale, de quelque grand enseignement scientifique ou social.
A ces soirées de répertoire, à ces représentations d’œuvres inédites s’ajouteront des spectacles coupés de danses, de pantomimes, de chansons, aussi attrayants que des spectacles de cafés-concerts, mais exempts de ce langage vénéneux et de ces impudeurs avilissantes qui sont la tare contagieuse des bas music-halls.
2° En réservant les questions relatives à la collaboration des grands subventionnés, il faut assurer au Théâtre Populaire son autonomie et sa vie propre en lui attribuant des corps de troupes personnelles et spéciales. Notre président de Sous-Commission, M. Chéramy, nous disait qu’il se ferait fort de former une double troupe brillante et dans des conditions d’appointements raisonnables rien (ju’en utilisant les excellents artistes dramatiques ou lyriques qu’un mauvais commencement de saison laisse chaque année, sans emploi, jusqu’à la saison suivante. Sans doute, et c’ést une affirmation dont il faut prendre très bonne note. En outre, pour alterner avec les éléments fournis par les subventionnés, il convient d’étudier les moyens de forme/ un fond de personnel avec les élèves du Conservatoire de deuxième année auxquels on adjoindrait d’autres artfstes de valeur éprouvée engagés pour des créations particulières.
5“ Le principe étant admis que, poirr gagner le public populaire aux spectacles qu’on lui ré/erve, il faut aller solliciter ce public, peu mobile, dans sa propre zone, il convient de prévoir au moins trois théâtres à construire à distances égales sur trois points tfe la périphérie parisienne.
4“ On doit tenir compte div public populaire des arrondissements centraux et prévexfr également un théâtre central à aménager. Le point central serait aux environs de la place du Châtelet. Par le métropolitain, j^ar les nombreuses lignes de tramways et d’omnibus qui s’y croisent, elle est
LES TIIÉ.YTRES POPULAIRES
en communication rapide avec tout Paris. En outre, elle est à proximité du quartier Latin et du public éminemment intéressant de la jeunesse des écoles, à proximité également de certains f|uartiers les plus entamés par la contagion des music-halls.
Pour occuper chaque soir les quatre théâtres avec un jour de repos par semaine et deux mois de vacances par an, il faudra étudier un système de chariotage hebdomadaire ou (piotidien et un roulement régulier (lui permettraient de varier constamment rafdche en donnant aux spectateurs de chaque théâtre de quartier la facilité de connaître à tour de rôle les spectacles donnés dans les autres ({uartiers : spectacles de répertoire, spectacles de pièces nouvelles et spectacles coupés.
4'' Le moyen financier à adopter pour créer le gros capital nécessaire, sans charger les budgets municipaux et nationaux, sans recourir aux apports de mécènes ou de spéculateurs, sera celui de la loterie ou mieux des bons â lots.
En préconisant la loterie, nous avons tenu compte de ce que le capital affecté à la création devait être un capital en (luelque sorte sacrifié, ne devant rien à personne et n’engageant personne dans la réussite ou dans la non-réussite, ni l’État, ni la Ville, ni une société, ni un particulier.
Cette conception financière permet d’envisager le cas où le succès des recettes ne permettrait pas tout de suite à l’neuvre de se suffire par elle-même. Dans ce cas, la Sous- Commission a fort bien accueilli l’idée d’un concours original et peu onéreux qui pourrait être â la fois très honorablement national et municipal.
D’abord, la ville de Paris pourrait contribuer utilement à l’œuvre rien qu’en s’abstenant de percevoir le loyer d’un de ses théâtres qui deviendrait le Théâtre Populaire central, soit â lin de bail, soit d’accord avec le locataire actuel.
En ce qui concerne l’État, c’est lâ que pourrait intervenir la ]»i'oposilion faite jadis à la Ville par M. Albert Carré. En effet, par suite de la loterie, l’OEuvre des théâtres populaires se trouverait immédiatement proi)riétaire de trois nouveaux théâtres d’une valeur aj)proximative de 4 millions de IVancs. L’Etat j)Ourrait alors, au moyen d’une annuité
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de 200.000 francs acquérii* en vingt ans l’absolue propriôlé de ces terrains et de ces édifices.
Ce même État, qui pourrait reculer devant la charge d’une subvention de 200 000 francs, pourrait-il reculer devant cette spéculation dont le double avantage serait d’être généreusement utile au succès de l’œuvre d’une part, et d’autre part d’acquérir, dans des conditions extraordinairement avantageuses et commodes, trois propriétés monumentales?
Ici s’arrête. Messieurs, notre fonction consultative. Les suites de la décision appartiennent à M. le Sous-Secrétaire d’État. Qu’il nous permette toutefois de lui communiquer quelques notes sur ce point délicat des organisations de loteries. L’autorisation nécessaire ne jieut être donnée ni à un particulier, ni à une société commerciale, ni à l’État luimême. Mais elle peut être donnée à V Association populaire d’art dramatique et lyriijite dans le comité de laquelle l’État pourra se faire représenter par des délégués de l’Instruction publi(iue, des Beau.x-Arts, de l’Intérieur, des Finances du Conseil d’État.
Ce comité peut recevoir l’argent de la loterie demandée au nom de l’Association à laquelle ont déjà adhéré plusieurs membres de la Commission consultative et qui reste ouverte à des adhésions nouvelles. Le capital déposé à la Caisse des dépôts et consignations sera ainsi nationalement géré et surveillé par un comité faisant office de Cour des comptes.
Telles sont les grandes lignes qui ont paru devoir présider à la création du Théâtre Populaire à Paris, selon l’avis de la Sous-Commission. Nous avons dit que, sur le capital réalisable, il conviendrait de réserver une somme importante pour la province. Mais ce point de la question appartient à la deuxième Sous-Commission. Quand M. Millevoye nous aura fait connaître les vues de son rapport, nous n’aurons qu’à y joindre les nôtres.
Quant aux détails concernant le plan architectural, les programmes de spectacles, les formations de troupes, le prix des places, etc., ils ne sauraient être discutés, semble-t-il, qu’après une première résolution sur le j^trincipe. Il conviendra toutefois, — et c’est une observation de notre éru-
LES THÉÂTRES POPULAIRES
dit président M. Chéramy, sur laquelle nous ne saurions trop insister, — d’exiger du projet adopté qu’il se conforme aux plus récentes découvertes garantissant les édifices contre les dangers d’incendie. Il faut d’ailleurs que le théâtre populaire soit un modèle, non de luxe, mais d’élégance simple, de confort, d’hygiène et de sécurité.
Aussi bien, — je le répète, — il est un certain nombre de questions architecturales, financières et administratives, notamment les dépenses de construction, d’installation et le chiffre de la loterie, qui ne sauraient être utilement examinées ici. Cette révision des détails ne peut être le travail d’une Commission consultative et préparatoire, ce sera celui d’une collaboration de M. le Sous-Secrétaire d’État avec une sorte de Commission d’exécution, dont la composition serait facile à régler suivant les indications données par les résultats mêmes de nos travaux.
Le projet adopté en principe ne reviendrait devant la Commission qu’après ces vérifications de détail.
Je ne saurais mieux conclure, mes chers collègues, qu’en rappelant à M. le Sous-Secrétaire d’État avec quel zèle et quelle célérité peu commune vous avez accompli chacun votre part de la tâche commune, en donnant un précieux exemple de courtoisie dans les conflits d’opinions et de hauteur d’esprit dans les critiques d’idées et de documents.
Quant à notre grande Commission plénière, elle est ici toute à son poste pour donner le plus efficace démenti â certaines rumeurs du dehors qui ont voulu insinuer que nous avions été assemblés uniquement pour endormir une fois encore et étouffer à jamais cette question du Théâtre Populaire, si souvent écartée par d’opiniâtres résistances, mais toujours renaissante et toujours impérieuse. Concevoir cela, c’était mai connaître l’esprit d’initiative et de décision, le caractère énergique et bienveillant dont M. le Sous-Secrélaire d’Ëtat a déjà donné des marques si sûres.
Nous étions certains, au contraire, qu’en abordant à son tour si crânement cette question passionnante, il n’y toucherait que pour s’appliquer de toute son activité et de toute sa volonté à l’approfondir, à l’élucider et surtout à la faire aboutir dans un sens généreux, brillant et pratique.
ET LES THMTRES SUBVENTIONNÉS
Vœu émis par la 2“ Sous-Commission des Théâtres Populaires dans sa séance du 22 décembre 1905.
Considérant qu’il est du devoir de la Ville de Paris de s’intéresser au développement des représentations populaires dans les théâtres de Paris et notamment dans les théâtres subventionnés;
Considérant en outre que le Conseil municipal s’est déjà occupé de la question en 1884, émet le vœu ;
l» Que le Conseil municipal inscrive la question à l’ordre du jour de ses délibérations;
2“ Qu’une subvention soit votée par la Ville de Paris pour l’organisation des représentations populaires;
3“ Donne mandat à M. Quentin-Bauchart de porter ce vœu devant le Conseil municipal de Paris.