BLES PUNAISES
Si les affections d’origine cryptogamique (rouille, carie, charbon) sont en général assez bénignes() pour les grains de blé, il n’en est pas de même lorsqu'ils sont attaqués par un insecte, la punaise, les grains étant dans ce cas complètement inutilisables en meunerie,
Les punaises des blés sont connues depuis 1870, année où elles firent en Russie d'importants dégâts et toute la gravité du mal a été ressentie en Tunisie en 1935 où l'affection se généralisa sur presque toute l'étendue du pays.
Les blés piqués par des punaises des genres Aelia, Eurygaster et autres présentent à la surface des grains soit des taches blanchâtres caractéristiques, soit des déformations (zone de dépression avec plissement du tégument) plus ou moins prononcées suivant la violence et l’époque de l'attaque. Cette attaque a lieu dans les champs, lorsque le grain est dans l’épi encore à l’état pâteux ou même à maturité ; le mode de détérioration des grains est le suivant : la punaise ou sa larve (il n y a qu'une génération par an, l’accouplement des insectes s’effectuart en mars-avril sur les céréales) se nourrissent de préférence entre autres matières végétales, de l’albumen des céréales; elles piquent le grain en traversant avec leur rostre glumes et glumelles et injectent leur liquide salivaire, riche en diastases protéolytiques, qui amènera la liquéfaction des matières albuminoides solides; l’insecte peut alors absorber sa nourriture d’où résultera un vide partiel au niveau de la piqûre. Les grains jeunes sont arrêtés dans leur développement et on distingue même à l'œil nu sur le grain mûr une zône déprimée ou une tache bien délimitée, blanchâtre, souvent avec un point foncé à l'endroit de la perforation. La première conséquence est la réduction de dimension des grains avec abaissement du poids spécifique qui peut tomber à 60.
Mais il y a une autre conséquence plus grave; outre la disparition du gluten des zônes touchées par la piqûre et la solubilisation partielle des composés azotés de l’assise protéique, il subsiste encore
(1) du moins d’une manière immédiate au point de vue de l’utilisation en boulangerie.
EG
dans les grains des traces de liquide salivaire qui seront suffisantes pour rendre la farine punaisée impropre à la panification. En effei avec un taux de grains piqués supérieur à 0,50 % la pâte fermentée présente de graves détauts: elle manque de corps, elle colle aux mains, la tourne est très difficile et impossible à partir de 4
à 5 % de grains piqués, la pâte devenant visqueuse et flante. Le pain en provenant reste plat, la mie est grossière, la croûte difforme.
Ces inconvénients peuvent être pressentis et c'est pourquoi au silo de La Manouba on pratique très soigneusement la recherche et le comptage des grains punaisés; puis aux examens de laboratoire on s’apercevra que l'extraction du gluten est malaisée ou impossible; enfin les extensigrammes seront parfois profondément modifés, le gonflement ou indice G étant fortement diminué, le W peut tomber à des chiffres très bas (de 138 à 20 pour un blé punaise