AUTRES PROPRIÉTÉS DU SUC PANCRÉATIQUE
créatique activé, ressemble, à s’y méprendre, au moins au début de l’action, à la coagulation par la présure gastrique : le caillot est compact et cohérent. Mais, très rapidement, sous l’influence de la trypsine qui s’est constituée à côté de la présure, le caillot devient plus mou et se digère.
Ces faits sont assez favorables à la conception suivant laquelle la pepsine, ou la trypsine, et la présure ne font peutêtre qu’un seul et même ferment; les différences observées dans les propriétés digestives et coagulantes du suc pancréatique activé par des doses variées de CaCP pouvant s’expliquer par les mêmes influences de milieu que celles qu'on a développées précédemment, dans le chapitre relatif à l’identité présumée de la pepsine et de la présure (voir page 205).
II. — Mais il y a plus : de même que le lab ou la pepsine ont la propriété de coaguler les solutions concentrées de peptone, le suc pancréatique activé par le calcium acquiert également ce pouvoir coagulant. Delezenne et Mouton ont constaté que du suc pancréatique inactif reste sans action sur la solution de peptone de Witte. Par contre, les conditions dans lesquelles apparaît et se manifeste ce pouvoir plastéinique, sous l’influence de la chaux, sont encore ici exactement les mêmes que celles qui régissent la trypsine et la présure : même temps perdu, apparition brusque de la propriété, atténuation progressive et sensiblement parallèle des trois actions, destruction par la chaleur à la même température, etc. Enfin les parties de la peptone de Witte solubles dans l’alcool fort à 75 ou 80° G. L., qui sont les plus aptes à fournir des plastéines sous l’influence des préparations de présure ou de pepsine, sont également celles qui se coagulent le mieux par le suc pancréatique activé.
III. — Le pouvoir amylolytique du suc pancréatique a donné lieu aussi à quelques remarques intéressantes. Pozerski a constaté que si l’on abandonne quelque temps à 40° du suc pancréatique, celui-ci perd progressivement son pouvoir amylolytique, et cela d’autant plus vite que le suc est luimême plus riche en trypsine. Autrement dit, si l’on active le
TRYPSINE.
suc par un peu de Cad8, cette addition aura pour effet de faire disparaître très rapidement l’amylase qui y était contenue. On laisse pendant 8 heures à l’étuve à 40°, d’une part un suc pancréatique seul, et de l’autre, ce même suc additionné de 0.3 cc. d’une solution 2 N mol. de CaGl2 pour 2 cc. de suc. Après ce temps, on fait agir 0.1 cc. de chacun des liquides sur 50 cc. d’amidon à 2 °/0. Voici les quantités de sucre dosées après 40 minutes :
Disparition de l’amylase
DANS LE SUC PANCRÉATIQUE ACTIVÉ PAR Ca.
Sucre forme
50 cc. empois -f- 0.1 cc. suc pancréatique avant la conservation 208 mgr.
— + 0.1 cc. sur pancréatique après 8 heures à 40° seul 183 »
— -f- 0.1 cc. » après 8 h. à 40° addit. de CaCl2 7 »
Cette disparition progressive de l’amylase dans le suc pancréatique activé par le calcium se retrouve également dans le suc kinasé. Comme, d’autre part, on sait que le suc pancréatique kinasé, agissant sur de l’ovalbumine, conserve ses propriétés amylolytiques, on a été amené à constater que les produits de digestion des albuminoïdes, de l’albumine d’œuf, de l’édestine, du muscle, etc., sous l’influence du suc, activent considérablement la saccharification de l’amidon. Terroine et Weill ont montré que cette activation est due à la présence des acides aminés formés au cours de la protéolyse, notamment au glycocolle, à l’alanine, la valine, la leucine, la phénylalanine, la tyrosine, l’acide aspartique, l’arginine, l’histidine, etc. Ces acides agissent à une concentration très faible : 1/50.000 à 1/100.000 de glycocolle donne une accélération très nette ; 1/10.000 donne une vitesse de saccharification 30 à 40 fois plus grande que dans le cas du suc seul. Ces faits, analogues à ceux signalés antérieurement par Effront et relatifs à l’activation de l’amylase du malt par les matières extractives du moût de bière ou produits similaires préalablement bouillis, montrent combien des quantités très faibles de substances élaborées par le jeu d’une diastase peuvent influencer la marche d’un autre enzyme, présent