SÉCRÉTION GASTRIQUE PRODUITE PAR LE PAIN
Temps en heures
Sécrétion obtenue par 200 gr. pain
Sécrétion obtenue par 100 gr. viande+10# gr. amidon + 150 gr. eau
Quantité de suc
Pouvoir
digestif
Quantité de suc
Pouvoir
digestif
Totaux et moyennes
Le mélange de viande et d’amidon nous fournit donc un suc gastrique assez analogue à celui du pain, tandis que la viande seule donne un suc d'un pouvoir digestif beaucoup moins grand.
De tout ce qui précède, il résulte que la viande peut être digérée, sinon complètement, du moins assez profondément, sans l’intervention d’influence psychique, attendu qu’elle possède un pouvoir sécrétoriel propre. L’action spécifique du pain est d’un ordre tout different : son pouvoir sécrétoriel se manifeste seulement lorsqu’il a séjourné un temps suffisamment long dans l’estomac. Pour commencer la digestion, il faut tout d’abord du suc produit soit par une influence psychique.
soit sous l’action de l’eau ou de toute autre matière douée d’une activité sécrétorielle, comme la viande, par exemple. Ce n’est qu’ensuite que le pouvoir spécifique du pain apparaît, lorsque la digestion est bien déclarée. Le pain, dépourvu d’action à l’origine, devient alors un agent sécrétoriel de premier ordre, grâce à certains produits résultant de sa propre hydrolyse. Dans la digestion naturelle du pain, l’action psychique joue un rôle prépondérant : c’est elle qui apporte d’abord le suc indispensable à la première impulsion et qui permettra ainsi au pouvoir sécrétoriel du pain de se manifester ensuite avec toute son intensité.
En résumé, on voit que certaines substances déterminent directement la sécrétion, tandis que d’autres, incapables de la provoquer, ne font que la modifier, lorsqu’elle existe déjà, tant au point de vue de la quantité que de la qualité.
Action des sels. — Certaines substances minérales agissent également sur la sécrétion. L’influence des sels a été étudiée par Cahn, Wohlgemuth, Kudo, etc. En particulier, ce dernier a constaté que la viande dessalée favorise très peu la sécrétion gastrique. Voici un tableau qui résume ses observations :
Influence du chlorure de sodium sur la sécrétion
GASTRIQUE
Quantité de viande
Suc gastrique sécrété
Acidité HCl libre
Pepsine dans 1 cc.
Teneur totale en pepsine
250 gr. non dessalée
40 ce.
250 » dessalée
250 » non dessalée
SÉCRÉTION STOMACALE
Le pouvoir digestif a été établi par la méthode de Fuld. On voit que l’absence de sel provoque une diminution considérable de la sécrétion (1) et que le suc obtenu dans ces conditions est de composition tout autre : il ne renferme plus que des traces d’acide chlorhydrique, mais sa teneur en pepsine a beaucoup augmenté. Cette expérience nous donne ainsi une explication de l’origine de l’acide chlorhydrique dans l’estomac. D’autre part, comme nous le verrons plus loin, à propos de la sécrétion pancréatique, ce même sel influe aussi sur l’alcalinité de ce suc, de telle sorte que le chlorure de sodium introduit dans le tube digestif se trouve partagé en deux parties, HCl et NaOH, l’une allant dans le suc gastrique, l’autre dans le suc pancréatique, si bien que l’acidité et l’alcalinité de ces deux liquides sont toujours en quantités équivalentes.
D’après Mayeda, Rosenblatt, Johan, Feigl et Rollett, le carbonate et le bicarbonate de soude ralentissent la sécrétion gastrique. Cependant il semblerait que cette action inhibitrice soit due à ce que le bicarbonate est introduit dans un estomac à jeun. Si, au contraire, ce sel est ingéré soit immédiatement avant, soit pendant un repas, il agit comme excitant de la sécrétion gastrique. C’est du moins ce qu’ont trouvé Linossier et Lemoine en 1894 sur l’homme et en 1906 sur le chien. D’après ces auteurs, l’excitation étant d’autant plus forte que le sujet est plus hypochlorhydrique, on supprime avant l’expérience tout aliment salé ; puis on introduit dans l’estomac d’un chien à petit estomac isolé, au moyen d’une canule, le lr jour, 500 gr. viande + 250 cc. eau distillée ; le 2e jour, l’eau est remplacée par une solution de bicarbonate de soude a 1 %, soit 2 gr. 50 de ce sel. Voici les quantités de suc sécrétées dans le petit estomac pendant les 2 heures qui suivent chacun de ces repas :
( Voir tableau comparatif, page 408.)
Le bicarbonate augmenterait donc la sécrétion, tant en volume qu’en acidité, mais il ferait baisser le pouvoir digestif.
Les carbonates de chaux et de lithine exercent, à de faibles doses, une action favorisante. L’acide carbonique, le fer et
(i) Voir aussi le tableau de Frouin et Girard, p. 269.
l’aluminium métalliques agissent comme excitants de la sécrétion, l’action du fer et de l’aluminium étant rapportée à celle de l’hydrogène. Gomme autres substances favorisant la sécrétion, on doit encore citer certaines préparations arsénicales, ainsi que les médicaments à base d’iode.
Influence