id
P. gallicum acidi-
fié Boudault
4 (id.)
P. gallicum neutre
Boudault . . .
Pepsinum purum
britann. Ferris (Bristol).
1 (id.)
P. concentration
Lanqenbkk -Jensen (Copenhag.).
4 (id.)
Pepsin - extract
Chassing . . .
APPLICATIONS
On constate que 10 cc. de suc gastrique préparé par la méthode de Pawlow dissolvent en 4 heures, à 40°, 9.8 gr. d’albumine d’œuf coagulée. Or, un pareil résultat n’est atteint qu’avec un petit nombre de pepsines commerciales, si l’on tient compte des dilutions en substances actives. Néanmoins, il convient de remarquer que deux circonstances rendent difficile la comparaison des valeurs de ces produits, pourtant si différents. Tout d’abord, l’acidité la plus favorable pour l’action dè la pepsine varie avec chacune des préparations. Pour le suc gastrique, l’acidité optima est 0.2 %, mais le travail se produit encore très bien quand on diminue ou qu’on augmente la dose d’HCl. Au contraire, l’activité des produits commerciaux se trouve dans une dépendance beaucoup plus grande de la réaction du milieu. Il existe pour les doses d’acidité tolérées des limites très restreintes, et l’on arrive même, comme c’est le cas pour la pepsine de Langenbek, à dos quantités d’acide qu’on ne retrouve point dans l’état normal de l’estomac.
Ensuite, dans l’estimation des valeurs des pepsines, il faut prendre en considération non seulement le pouvoir dissolvant du produit, mais encore, et surtout, son pouvoir peptonisant réel. On rencontre très souvent, en effet, des préparations dissolvant très facilement les matières albuminoïdes, mais les digérant mal. Le suc gastrique naturel, au contraire, dissout et peptonise en même temps. Dans l’essai n° 1, après 4 heures le liquide filtré ne se trouble point par la neutralisation et ne donne point de précipité après addition d’acide nitrique, tandis que toutes les pepsines du commerce se comportent autrement, dans ces conditions. La rubrique : Equivalent en cc. de suc gastrique de 100 gr. de différentes pepsines, nous fournit précisément la relation qui existe entre les pepsines pharmaceutiques et le sucgastrique, relation établie non pas d’après le pouvoir dissolvant, mais d’après le vrai pouvoir digestif. On trouve ainsi que 100 gr. de pepsine la plus active (pepsinum russicum) représentent 600 cc. de suc gastrique. La rubrique : Teneur en pepsine réelle, est établie sur cette donnée, que le suc gastrique contient 0.45 % de matière
PEPSINE OFFICINALE
sèche, dont les 2/3 sont des substances inertes : la quantité de pepsine réelle dans le suc gastrique sera donc de 0.15 %. D’après les résultats comparatifs fournis dans la colonne précédente, on voit que la pepsine n° 4, la plus active, contient en réalité 0.9 % de matière active et 99.1 de substances inertes.
Le Codex russe de 1891, pour les analyses de pepsine, prescrit les conditions suivantes : 0.1 gr. de pepsine doit digérer en 4 heures, à 40°, 10 gr. d’albumine d’œuf cuite et tamisée, diluée dans 100 cc. d’HCl à 0.25 %. Dans cet essai, on se borne à envisager seulement le point de dissolution, sans tenir compte de la digestion proprement dite du liquide. Du reste, dans les Codex des autres pays (Allemagne, Angleterre, Belgique, Italie, etc.), c’est aussi la dissolution, dans des conditions données, du blanc d’œuf employé, qui fait la base de la détermination. Voici, par exemple, l’essai officiel de la pepsine, inscrit dans le Codex belge (édition 1906) :
« On maintient, pendant 10 minutes, dans l’eau en ébulli- » tion, un œuf de poule frais ; après refroidissement, on enlève » le blanc, qu’on divise, en le faisant passer, par frottement, » à travers le tamis n° 10 (1). On dissout par trituration 0.1 gr. de » pepsine dans 100 gr. d’eau contenant 0.25 % d’acide chlorhy- » drique ; on verse la solution dans un ballon d’environ 200 cc.; » on y ajoute 10 gr. de blanc d’œuf, on agite et l’on chauffe au » bain-marie, à la température de 40°, en agitant de temps en » temps; après une heure de digestion, le blanc d’œuf est » dissous, en laissant seulement quelques petits flocons ».
La pepsine répondant à l’épreuve russe et, à plus forte raison, à l’épreuve belge, représente indiscutablement une pepsine très active, à la condition que la dissolution soit réellement complète et qu’il ne reste plus de résidu appréciable, à l’exception de quelques fragments de membrane. Cela devient alors une question d’appréciation, d’autant plus fâcheuse, qu’entre la dissolution complète et la dissolution apparente il y a une différence énorme, pouvant se traduire
(1) 10 mailles par centimètre de longueur.
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par plusieurs heures d’écart. Il faudra donc substituer à ce critérium imparfait qu’est la fin de la dissolution, un mode de détermination plus précis permettant de mieux définir le terme assigné conventionnellement à la digestion. Deux réactions peuvent remplir ce but. La première est basée sur la précipitation des acidealbumines quand on neutralise le liquide soumis à l’action de la pepsine : lorsque la digestion est suffisamment avancée, la neutralisation exacte ne provoque plus aucun précipité. La seconde résulte de l’apparition d’un précipité quand au liquide de digestion on ajoute un peu d’acide azotique : s’il ne se produit plus, dans ces conditions, aucun trouble, c’est que l’hydrolyse est déjà poussée assez loin, jusqu’à la transformation totale des hétéroalbumoses.
Ces deux réactions, qui ont été introduites par Petit, vont sensiblement de pair, quoique la première corresponde à un travail légèrement plus avancé. Toutefois, comme il est plus facile d’exécuter correctement la seconde, c’est cette dernière qui a été adoptée dans le Codex français.
La grande différence qui existe entre les pouvoirs dissolvant et peptonisant des pepsines a été établie par Effront sur six produits pharmaceutiques de diverses provenances :
Provenance des pepsines
Durée
de la dissolution
Disparition de l’acidealbutnine
Disparition du précipité par N 03 K
1) Pepsine origine française
4 heures
12 heures
11 heures
» belge
allemande n° 1
3 heures
50 (incomple;)
50 (incomplet)
française (pepsine à
7 heures
6 heures
Pour les essais de (1) à (5), on a employé 10 g r. d’albumine d’œuf, cuite et tamisée, 100 cc. d’HCl à 0.25 % et 0.1 gr. de pepsine, la température étant de 40°. L’essai n° 6 a été fait à la température de 50°. La dissolution du blanc d’œuf est très rapide dans les essais (1), (2), (3) et (6) ; cependant la disparition de
PEPSINE OFFICINALE
l’acidealbumine marche assez lentement. Il faut de 3 à 7 fois plus de temps pour la transformation intégrale de ce corps que pour la dissolution de l’albumine. Avec lOcc. de sucgastrique de chien on arriverons les mêmes conditions età la température de 40°, à la disparition de l’acidealbumine en 4 heures. Pour aboutir au même point en 12 heures, la dose de 2 cc. de suc gastrique est tout à fait suffisante. Or, les produits analysés nos (1), (2), (3), tout en répondant aux exigences du Codex, sont, en comparaison du suc gastrique, des produits absolument inférieurs. 100 gr. de pepsine la plus active (n° 1) correspondent à 2 litres de suc gastrique, ce qui représente environ 2.8 gr. de pepsine véritable et 98.2 de matière inerte.
Voici, d’après le Codex français le plus récent, celui de 1908,
le texte relatif à l’analyse de la pepsine :
« La pepsine doit répondre à l’essai suivant :
» Pepsine : dix centigrammes 0.10
» Eau distillée : cinquante-huit grammes cinquante centigrammes . 58.50
» Acide chlorhydriquo dilué : un gramme cinquante centigrammes . 1.50
» Fibrine desséchée (a) : deux grammes cinquante centigrammes . 2.50
» Dans un flacon à large ouverture, introduisez la fibrine, » l’eau distillée et l’acide chlorhydrique dilué (1) ; placez » ensuite ce flacon dans une étuve, ou au bain-marie chauffé à » 50°, jusqu’à ce que le mélange ait atteint la même tempéra- » ture; ajoutez alors la pepsine et faites digérer pendant six » heures, en ayantsoin, au début, d’agiterfréquemment, jusqu’à » dissolution complète de la fibrine, et ensuite toutes les heures » environ. Laissez refroidir et filtrez. 10 cc. de la liqueur ainsi » obtenue ne doivent pas, à la température ordinaire.se troubler » par l’addition de vingt gouttes d’acide azotique officinal (2).
» a) Dans cet essai, on peut remplacer la fibrine desséchée » par 10 gr. de fibrine essorée ; il faut alors réduire à 51 gr. la » proportion d’eau distillée. »
De ce qui précède, on conclut donc que la pepsine offici-
(l) La dose prescrite au Codex représente 0.25 »/o HCl.
(ï) Cet acide est un mélange d’environ 1 molécule N03H et de 2 molécules H20.
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nale française doit avoir un titre égal à 100. On sait, en effet, que le titre d’une pepsine représente le nombre de grammes de fibrine fraîche qu’un gramme de cette pepsine est capable, en 6 heures à 50°, de transformer en produits incoagulables par l’acide azotique. La matière protéique employée, soumise à l’action de la pepsine, est la fibrine de porc, lavée, essorée à la main, desséchée à 40°, soit à l’étuve, soit dans un courant d’air sec, puis pulvérisée. Ce produit se conserve bien, tout en restant comparable à lui-même, et est attaqué par la pepsine aussi bien que la fibrine fraîche. On peut aussi employer de la fibrine fraîche; mais le degré d’humidité du produit obtenu peut alors varier dans d’assez fortes proportions, suivant la force de l’essorage. En moyenne, 10 gr. de fibrine lavée et essorée fournissent 2.5 gr. de fibrine sèche.
La fibrine préparée dans ces conditions donne entière satisfaction. Cependant on n’est pas arrivé d’emblée en France à ce résultat. C’est pourquoi, devant la difficulté d’avoir une fibrine de conservation aisée et toujours comparable à ellemême, les pharmacologues des autres pays ont adopté une autre matière d’attaque. Nous avons déjà vu que la Russie se sert de blanc d’œuf coagulé. Il en est de même de l’Angleterre, de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Belgique, des Etats- Unis, de l’Italie et de la Suisse. Pour donner des résultats toujours identiques, la cuisson de l’ovalbumine doit être faite dans le minimum de temps et le coagulum obtenu doit être amené à un état de division parfaite. De plus, on doit employer cette substance aussitôt après sa préparation. Quant à la caséine et à la gélatine, auxquelles on pouvait également songer, elles n’ont été adoptées par aucun pays.
Il est un autre point digne d’attirer notre attention. La quantité d’eau à employer dans l’essai précédent est spécifiée. C’est qu’en effet le pouvoir peptonisant d’une pepsine diminue quand la concentration du milieu digestif augmente. On voit qu’il est tenu compte de la latitude qu’on a d’employer de la fibrine desséchée ou de la fibrine essorée et que, dans ce dernier cas, la proportion d’eau directement ajoutée est
PEPSINE OFFICINALE
réduite. Il est encore un détail qui a son importance. Il est recommandé de n’ajouter la pepsine dans le mélange de fibrine, d’eau et d’acide, qu’autant que celui-ci aura pris la température de l’étuve. En effet, la pepsine en présence de HCl subit une diminution d’activité, et pour qu’on puisse ne pas tenir compte de cet affaiblissement, il importe qu’il se produise toujours dans les mêmes conditions.
Ces quelques remarques montrent le soin avec lequel les différentes conditions expérimentales ont été spécifiées. La température de la réaction, sa durée, la détermination de la fin de la digestion, ont été choisies également comme étant les plus favorables pour une bonne opération. Pareil souci ne se trouve pas dans les Codex de tous les autres pays et, à cause de ce manque de précision et aussi de la diversité des conditions expérimentales adoptées, on éprouve le plus grand embarras lorsqu’il s’agit de comparer les activités de plusieurs pepsines de provenances distinctes.
Etant donné l’exigence du Codex français, il est indiscutable que dans les pharmacies de France on aura toujours des produits supérieurs à ceux livrés dans les autres pays. Cependant il faut bien remarquer que ces produits sont encore loin d’être aussi actifs que l’échantillon n° 1, examiné plus haut. En effet, le pouvoir diastasique de ce dernier ayant été déterminé au moyen de l’albumine cuite, qu’on sait être d’une digestion beaucoup plus difficile que la fibrine préconisée par le Codex français, il en résulte que cette pepsine n° 1 peut être considérée comme un produit d’une activité maxima.
Emploi thérapeutique. — La pepsine est employée, soit sous forme de poudre, soit sous forme d’élixir. La pepsine amylacée et la pepsine lactosée, qui figurent au Codex de 1908, sont des mélanges de pepsine avec de l’amidon ou du sucre de lait. Elles doivent avoir un titre égal à 40. Les élixirs de pepsine sont des solutions do pepsine faites dans du vin. Etant donné l’influence nuisible qu’exerce l’alcool sur la diastase, il est préférable de réduire le plus possible le taux alcoolique; et pour éviter l’altération du liquide, on y ajoute une certaine quantité de glycérine.
APPLICATIONS
Voici la formule de l’élixir inscrite au Codex de 1908 :
Pepsine 20 gr.
Eau distillée 280 »
Vin de Lunel . . 500 »
Glycérine officinale 200 »
Ce vin doit, à la dose de 10 gr., dissoudre une quantité de fibrine essorée égale à 10 gr., dans des conditions de température et de temps analogues à celles prescrites pour l’essai de la pepsine. Il se conserve d’une façon satisfaisante.
A côté de ces préparations de pepsine, on emploie aussi le suc gastrique lui-même. On trouve dans le commerce des sucs de chien, ou encore de porc, recueillis par fistule, d’une façon aseptique, et doués d’un grand pouvoir protéolytique. Le suc gastrique de chien se conserve sans altération pendant très longtemps : il ne se putréfie point à le longue et offre, par suite, infiniment plus de garantie que la plupart des produits pharmaceutiques à base de pepsine.
La dose de pepsine usitée en thérapeutique est de 1 à 4 gr. par jour. Celle de suc gastrique, recommandée par Pawlow, est de 30 cc. par repas. Or, 30 cc. de suc gastrique équivalent à 5 gr. de pepsine de la meilleure qualité : avec de telles proportions, l’avantage sera toujours pour le suc gastrique. Mais sa véritable efficacité réside surtout dans ce fait, qu’il s’adapte plus facilement à la variation de l’acidité de l’estomac, et que, en outre, on n’introduit pas avec lui, dans l’organisme, des matières étrangères susceptibles même d'amener des troubles.
Peptones commerciales. — On trouve dans le commerce, sous le nom de peptones , un certain nombre de produits qui résultent de l’action d’enzymes protéolytiques sur des matières albuminoïdes diverses : tels sont notamment les peptones Witte, Chapoteaut, etc. Le plus souvent, c’est la pepsine qui est la substance active employée ; cependant on prépare aussi des peptones pancréatiques, et même des peptones papaïniques (peptone d’ANTWEiLER) (1). Les matières premières auxquelles
(1) On trouve aussi, dans le commerce, des peptones, dont la marque Kemmebich est le type, qui sont obtenues par l’action de la vapeur d’eau surchauffée sur la viande : elles sont constituées par des albuminoïdes très peu transformés, simplement solubilisés. D’autre part, la peptone LA Roche, que nous avons déjà décrite (p. 526), est un produit d’une tout autre nature, puisqu’il résulte de l’hydrolyse profonde des déchets de soie sous l’influence de l’acide sulfurique concentré.
PEPTONES COMMERCIALES.
on s’adresse ordinairement sont la viande de bœuf ou de cheval, la fibrine, le blanc d’œuf, le caséine, etc. La digestion pepsique se fait en présence soit d’HCl, soit d’acides phosphorique ou tartrique. Voici, d’après Catillon, une préparation de peptone adoptée par le Codex (supplément 1895) :
1 kg. de viande de bœuf, dégraissée et finement hachée, est mis à digérer, à la température de 50°, pendant 6 à 8 heures, avec 5 litres d’eau additionnée de 50 gr. d’acide chlorhydrique officinal, et de 20 gr. de pepsine extractive dissolvant 50 fois son poids de fibrine. On agite fréquemment et l’on maintient à température constante. Le mélange se fluidifie peu à peu, et, après quelques heures, devient transparent. L’opération sera terminée lorsque 10 cc. du liquide filtré et refroidi ne se troubleront plus par l’addition de 30 gouttes d’acide azotique officinal. On filtre alors, et l’on sature exactement la solution claire par le bicarbonate de soude. Enfin, on évapore au bainmarie jusqu’à pellicule. La solution saturée de peptone a une densité de 1.15 ; elle contient la moitié de son poids de peptone solide. La peptone liquide est additionnée, par kg., de 50 gr. d’alcool et de50gr. de glycérine pour en assurer la conservation. La peptone sèche s’obtient en évaporant dans le vide la peptone liquide. Elle correspond à 4 à 6 fois son poids de viande.
Cette peptone médicinale est fortement salée, du fait de la présence d’une notable quantité de NaCl, résultant de la saturation du HCl employé. Aussi, Petit, pour remédier à cet inconvénient, remplace-t-il cet acide par de l’acide tartrique, l’élimination de ce dernier se faisant presque totalement sous forme de crème de tartre peu soluble.
D’une façon générale, les peptones commerciales, surtout celles d’origine pepsique, en dépit de leur nom, ne renferment que très peu de peptones véritables, et sont surtout constituées par des albumoses. Voici, en effet, l’analyse de la peptone Witte, qu’on sait être obtenue par l’action de la pepsine sur la fibrine ; bien que ce ne soit pas un produit constant et que sa composition varie beaucoup d’un échantillon à l’autre, on remarque que toujours la proportion d’azote précipitable par le zinc est considérable :
APPLICATIONS
Analyse de la peptone Witte.
Sur 100 d’azote total:
Azote précipitable par le Zn : albumoses 57.5 à 68.6 °/0.
» » >> l’acide phosphotungstique : albumoses -f- peptones 90.5 à 91
» ammoniacal 0.4 à 1.4
» formol (après départ de NH3) . 11 à 12
Sans doute, les peptones pancréatiques, qui se préparent de la même façon que les peptones pepsiques, excepté que le liquide de digestion, au lieu d’être acidifié, est faiblement alcalinisé avec du C03Na1 2, renferment un peu plus de produits dégradés, de la tyrosine et du tryptophane, par exemple ; mais l’hydrolyse, ici encore, n’est jamais poussée très loin. D’ailleurs, ces deux genres de peptones se distinguent par les mêmes procédés que ceux que nous avons précédemment décrits, notamment par l’emploi de l’eau de brome, qui donne, dans le cas de peptones pepsiques, un précipité jaune, et dans le cas de peptones pancréatiques, une coloration rouge violacé intense, passant au brun par un excès de réactif. Remarquons, en outre, que ces produits sont parfois l’objet de falsifications, dont les plus fréquentes consistent en additions d’amidon, de dextrine, de glucose, de lactose, de gélatine, etc. (1).
Ces peptones se présentent habituellement sous la forme de poudres amorphes très légères, très hygroscopiques, d’une saveur faiblement âcre et amère, d’une odeur spéciale rappelant celle du bouillon avancé. Solubles dans l’eau, elles sont incomplètement précipitables par l’alcool. Ce sont des produits réputés facilement assimilables qui entrent dans l’alimentation des tuberculeux, cancéreux et débilités. Suivant les cas, on les prescrit à la dose de 5 à 50 gr. de peptone sèche par jour. On les emploie aussi associées à d’autres substances chimiques, notamment à divers sels métalliques : on obtient alors des peptonates, dont les plus connus sont ceux de fer ou de mercure, dans lesquels les métaux ont leurs réactions spécifiques plus
(1) Pour l’analyse des peptones, nous renvoyons le lecteur à la thèse déjà citée de
Javillier : Sur le i ferment » protéolytiques.
PEPTONES COMMERCIALES.
ou moins masquées. Enfin, on prépare avec les peptones quelques médicaments iodés qui renferment cet élément en partie combiné sous forme organique.
A côté de ces applications purement thérapeutiques, les peptones servent aussi fréquemment dans les laboratoires de bactériologie pour la préparation des bouillons de culture. A cette occasion, nous rappellerons que le zymogène, dont nous avons déjà parlé (p. 433), et qui constitue un excellent aliment pour les levures, est précisément une peptone industrielle obtenue par l’action des enzymes protéolytiques de la levure sur la caséine fraîchement précipitée. De même, on prépare une solution de peptone riche en produits azotés très dégradés, en abandonnant la levure pendant quelque temps à l’autolyse : mais le liquide renferme aussi des produits d’excrétion qui sont souvent toxiques pour les microorganismes.
BIBLIOGRAPHIE
Boudaült. Schmidt’s Jahresbuch, 1857, p. 290. — Mémoire sur la pepsine, Journ. Pharm. et Chirn., 3e S., 1864, (30), p. 161.